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Économie - Crise

Échec du premier plan de redressement : Diab et Najm prennent Kanaan à partie

Le député, qui vient de démissionner du Courant patriotique libre, a exposé son argumentaire mardi sur X.

Échec du premier plan de redressement : Diab et Najm prennent Kanaan à partie

De g. à d. : L'ancienne ministre de la Justice Marie-Claude Najm, le député Ibrahim Kanaan et l'ex-Premier ministre Hassane Diab. Photos AFP/ANI/AFP

L’ancien Premier ministre Hassane Diab et Marie-Claude Najm, qui était ministre de la Justice dans son gouvernement, ont tous les deux réagi aux propos tenus par le président de la commission des Finances et du Budget, Ibrahim Kanaan, qui leur a fait porter l’échec du premier round de discussions entre le Liban et le Fonds monétaire international (FMI) entre mai et juillet 2020.

Le député, qui vient de démissionner du Courant patriotique libre (CPL), a déployé son argumentaire dans un long message publié sur X mardi, soit la veille de l’annonce de son départ de la formation aouniste. Il assure que le « soi-disant plan du gouvernement Diab » n’a pas été saboté par le Parlement, mais a été paralysé par les divergences qui régnaient au sein de l’équipe désignée par l’exécutif pour discuter avec le FMI – et dont deux membres ont démissionné en juillet 2020. 

Ibrahim Kanaan a aussi considéré que le plan de redressement présenté sous Hassane Diab, à la tête de l'exécutif de janvier 2020 à septembre 2021, et celui préparé par le gouvernement de Nagib Mikati qui lui a succédé, consistent à « radier pratiquement les fonds des déposants en les considérant comme des pertes qu’ils doivent supporter et non comme des dettes contractées (auprès d’eux) par la BDL et les banques ». Il a également insisté sur le fait que la commission, qu’il préside depuis des années, avait pointé du doigt à plusieurs reprises « les errements » dans la façon dont les comptes de l’État étaient gérés ou des contre-performances des banques et de la BDL.

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Défi de Diab et Najm

Dans un communiqué publié par l’Agence nationale d’information (ANI, officielle), Hassane Diab a rejeté en bloc les affirmations du député au sujet de l’échec du plan de redressement porté par son gouvernement. « Ce que le député Kanaan a rapporté n’est pas vrai (…). Il a joué un rôle négatif et a délibérément bloqué le processus de réforme et de redressement qui comprenait un programme rationnel et crédible soutenu par le Fonds monétaire international et par de nombreux organismes internationaux », a indiqué l’ancien chef du gouvernement.

Ibrahim Kanaan « n'a pas le droit de déformer les faits et de dénaturer un plan gouvernemental qui aurait permis d'économiser l'argent des citoyens », s’il ne « s’était pas mis d’accord avec les autres membres de la commission, (l’ancien) gouverneur de la Banque du Liban (Riad Salamé), l’Association des banques du Liban (ABL) et l’État profond pour le mettre en échec », a pour sa part lancé Marie-Claude Najm sur X. « S'il est convaincu de ce qu'il avance, je l'invite à un débat public, car la vérité n'a qu'un visage, pas deux », a-t-elle ajouté.

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Un défi également lancé par Hassane Diab en conclusion de son communiqué appelant Ibrahim Kanaan à apporter « des preuves irréfutables » de ce qu’il avance. « Tout le monde connaît le rôle qu’il a joué pour faire échouer le plan », a encore lancé l’ancien chef du gouvernement, assurant que son plan cherchait à protéger ce qu’il était encore possible de protéger au niveau des dépôts qui ont été depuis soumis à un « haircut non réglementé ». Une référence aux restrictions bancaires en place de manière illégale depuis le début de la crise en 2019 et que la BDL a longtemps aménagées, sans que le Parlement ne vote la moindre loi intervenant sur ce plan, même après les élections de mai 2022.

En 2020, le gouvernement de Hassane Diab a annoncé le défaut libanais sur le remboursement des eurobonds (les obligations en dollars), avant de contacter le FMI pour tenter de souscrire à un programme d’assistance financière et de préparer un plan de redressement prévoyant d’épurer le passif de la BDL et du pays, de restructurer les banques et de combler les pertes estimées à plusieurs dizaines de milliards en sacrifiant une partie des dépôts bancaires – mais en protégeant les petits déposants.

Élaboré avec l’aide du cabinet Lazard, ce plan avait les faveurs du FMI dans les grandes lignes, ce dernier considérant qu’une partie des dépôts ne pouvaient pas être recouverts compte tenu de l’importance du passif libanais, peu importe la formule trouvée. Une perspective qui était rejetée par le gouverneur de la BDL à l’époque, Riad Salamé, l’Association des banques du Liban, de grands déposants faisant entendre leurs voix via des associations d’entrepreneurs et certains députés acquis à leur cause, qui poussaient tous pour un plan axé sur la privatisation des actifs de l’État.

La commission des Finances à l’époque avait été amenée à examiner le plan. Début mai 2020, Ibrahim Kanaan considérait qu’il avait besoin de nombreuses modifications. En juin de la même année, la commission avait ensuite présenté une estimation sensiblement moins élevée des pertes financières que le pays devait absorber, alors que le FMI s’était déjà prononcé en faveur des estimations du gouvernement.

Deux membres de l’équipe de négociateurs désignés par l’exécutif libanais ont claqué la porte des débats en juillet 2020 : le directeur général du ministère des Finances, Alain Bifani, et Henri Chaoul, financier membre du collectif issu de la société civile Kulluna Irada. L’ancien gouverneur de la BDL faisait également partie de cette commission.

L’ancien Premier ministre Hassane Diab et Marie-Claude Najm, qui était ministre de la Justice dans son gouvernement, ont tous les deux réagi aux propos tenus par le président de la commission des Finances et du Budget, Ibrahim Kanaan, qui leur a fait porter l’échec du premier round de discussions entre le Liban et le Fonds monétaire international (FMI) entre mai et juillet 2020.Le député, qui vient de démissionner du Courant patriotique libre (CPL), a déployé son argumentaire dans un long message publié sur X mardi, soit la veille de l’annonce de son départ de la formation aouniste. Il assure que le « soi-disant plan du gouvernement Diab » n’a pas été saboté par le Parlement, mais a été paralysé par les divergences qui régnaient au sein de l’équipe désignée par l’exécutif pour discuter avec le...
commentaires (2)

Ces petites querelles ridicules ne font malheureusement pas avancer le débat !!!

In Lebanon we (still) Trust

11 h 42, le 29 août 2024

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Commentaires (2)

  • Ces petites querelles ridicules ne font malheureusement pas avancer le débat !!!

    In Lebanon we (still) Trust

    11 h 42, le 29 août 2024

  • Quelle brochette de menteurs. On ne croit plus ni les uns ni les autres.

    Citoyen

    11 h 08, le 29 août 2024

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