Le chef du gouvernement sortant, Nagib Mikati, s'entretenant avec le ministre des Affaires étrangères, Abdallah Bou Habib, au Sérail, le 30 juillet 2024. Photo fournie par la présidence du Conseil
Après la frappe israélienne ayant visé mardi soir la banlieue sud de Beyrouth, le Premier ministre sortant Nagib Mikati a condamné dans un communiqué une « agression flagrante ». « La machine de guerre israélienne ne se lasse pas de cibler le Liban-Sud jusqu'à la Békaa, en passant par Beyrouth », accuse M. Mikati, dénonçant « un acte criminel » et une « violation claire et manifeste du droit international et du droit international humanitaire ». « C'est une question que nous soumettons à la communauté internationale, qui doit assumer ses responsabilités et exercer une pression forte pour obliger Israël à arrêter ses agressions et ses menaces et à appliquer les résolutions internationales », a-t-il également dit.
De son côté, le ministre sortant des Affaires étrangères Abdallah Bou Habib, a déclaré à L’Orient Le Jour qu’avec cette attaque sur la capitale libanaise, Israël a « franchi les lignes rouges ». « Si la réponse du Hezbollah devrait avoir lieu, nous espérons qu'elle sera proportionnelle, a-t-il ajouté. Mais ce qui nous importe encore plus c'est que ce conflit prenne fin ».
Le chef du Courant patriotique libre, Gebran Bassil, est quant à lui monté au créneau sur son compte X, se rangeant derrière le Hezbollah face aux Israéliens malgré les désaccords politiques ayant impacté les relations entre les deux formations. « Israël n'a jamais eu besoin d'excuses pour attaquer le Liban, mais il les utilise pour justifier sa brutalité aux yeux du monde spectateur, a-t-il écrit. Maintenant qu'il l'a fait de nouveau, il doit savoir qu'il ne vaincra pas la volonté du Liban résistant, et nous, en tant que Libanais, devons savoir que notre solidarité nationale, malgré nos divergences politiques, est ce qui nous sauvera tous de la destruction ».
Même son de cloche du côté du chef des Marada et candidat du Hezbollah à la présidentielle, Sleiman Frangié. « Je condamne et dénonce l'agression injuste contre la banlieue sud de Beyrouth, a-t-il écrit sur X. Chaque jour, il devient de plus en plus clair que la seule voie pour libérer le pays et pour affronter cet ennemi est la résistance. Que Dieu protège le Liban ».
Le député joumblattiste de Baabda Hadi Aboul Hosn, a lui aussi stigmatisé la frappe. « Cet incident pourrait être un signe de la volonté d'Israël d'élargir le champ de ses agressions tant au Liban qu'à Gaza », a-t-il dit mardi soir à L'Orient-Le Jour. Commentant la thèse selon laquelle la frappe a balayé toutes les garanties internationales quant à une mise à l'écart de Beyrouth, le parlementaire de Baabda a déclaré : « C'est un bluff diplomatique». Et d'estimer : « Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, a obtenu le feu vert américain pour poursuivre sa guerre contre le Liban et Gaza ».
Enfin, les Kataëb préfèrent « ne pas commenter pour le moment en attendant d'y voir plus clair », selon le porte-parole du parti, Patrick Richa, contacté par notre journal.
Réactions internationales
La frappe sur la banlieue sud de Beyrouth a également provoqué des réactions à l'international. La coordinatrice spéciale de l'ONU au Liban, Jeanine Hennis-Plasschaert, a exprimé son « inquiétude après cette frappe dans une région densément peuplée ». « Il n'y a pas de solution militaire à ce conflit », a-t-elle souligné, en appelant les deux parties à appliquer la résolution 1701 du Conseil de sécurité.
C'est une violation grossière du droit international », a dénoncé pour sa part le ministère russe des Affaires étrangères. « L'action vicieuse et criminelle » d'Israël n'empêchera « certainement pas (...) la fière résistance libanaise de continuer (...) à soutenir les Palestiniens opprimés et lutter contre l'agression du régime d'apartheid israélien », a de son côté déclaré le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Nasser Kanani.
Le porte-parole adjoint du département d'État américain, Vedant Patel, a quant à lui déclaré lors d'un point de presse que Washington « continue de travailler pour parvenir à une solution diplomatique qui permette aux civils israéliens et libanais de rentrer chez eux et de vivre en paix et en sécurité. Nous souhaitons éviter absolument toute forme d'escalade. ». « Il est tout à fait clair qu'elle a eu lieu », a-t-il simplement répondu lorsqu'un reporter l'a interrogé sur la frappe contre la banlieue sud de Beyrouth. Il a réaffirmé que le soutien américain à Israël reste « ferme » alors que le pays fait face à des menaces de la part de l'Iran et de ses « groupes malveillants agissant en son nom, comme le Hezbollah ».




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Mikati, assez de surenchère, on sait pour qui il roule et il n’a pas besoin comme les autres vendus d’en rajouter. Un peu de retenue ne leur ferait aucun mal.
13 h 02, le 31 juillet 2024