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Moyen-Orient - Guerre

Aux portes de Gaza, un ravitaillement qui entre au compte-gouttes

Accusé par des experts de l'ONU d'affamer sciemment la bande de Gaza, Israël réfute ces allégations.

Des Palestiniens s'approvisionnent en eau à une borne-fontaine érigée dans le camp de réfugiés de Jabalia, dans le nord de la bande de Gaza, le 20 juin 2024. Photo AFP / Omar AL-QATTAA

Devant la barrière qui sépare Israël de la bande de Gaza, Itzik attend sur un parking entouré de barbelés que son camion de vivres passe les contrôles, avant d'entrer dans le territoire palestinien assiégé et menacé de famine.

Oeufs, poulet, sésame, épices, thé ou café : toutes les denrées sont destinées aux commerces et marchés de Gaza, où les prix flambent. Un ravitaillement du coup inaccessible à de nombreux Gazaouis qui disent souffrir de la faim - ce que corroborent l'ONU et les organisations humanitaires internationales.

Dans le même temps, l'aide humanitaire est en attente du côté palestinien du point de contrôle de Kerem Shalom, une situation dont les Nations unies et Israël se rejettent la responsabilité. Itzik indique que ces derniers temps, sa cargaison « vient avant tout du secteur privé », qui lui assure des affaires florissantes. Ce transporteur ne veut pas donner son nom, considéré par nombre de ses concitoyens israéliens comme un « traître » pour convoyer des vivres à destination de la population gazaouie.

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Accusé mardi par des experts de l'ONU d'affamer sciemment la bande de Gaza par une « campagne de famine ciblée » entraînant la mort d'enfants, Israël réfute ces allégations. Assurant laisser entrer assez de nourriture pour les 2,4 millions de Gazaouis, il reproche au contraire à l'ONU de ne pas la distribuer assez rapidement. L'agence onusienne pour les réfugiés palestiniens (Unrwa), accuse de son côté Israël de ne pas délivrer assez rapidement les autorisations permettant à des convois d'atteindre certaines zones à l'intérieur de la bande de Gaza, et fait état d'une situation sécuritaire trop dégradée pour permettre la distribution des marchandises.

Dans Gaza, sous blocus israélien depuis la prise du pouvoir du Hamas en 2007, l'entrée de marchandises était déjà difficile avant la guerre, déclenchée le 7 octobre par l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien sur le sol israélien.

Celle-ci a entraîné la mort de 1.195 personnes côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l'AFP établi à partir de données officielles. La campagne militaire de représailles israéliennes a dévasté la bande de Gaza et fait plus de 38.000 morts, en majorité des civils, selon des données du ministère de la Santé du gouvernement de Gaza dirigé par le Hamas.

Milliers d'enfants « en péril » 

Mercredi, le Hamas a accusé Israël « d'interdire » depuis plus de deux mois l'entrée de l'aide et des fournitures médicales, « mettant en péril la vie de milliers d'enfants, malades et civils ». Depuis début mai et la fermeture du point de passage de Rafah, à la frontière avec l'Egypte, Kerem Shalom est devenu la principale porte d'entrée pour le ravitaillement de la bande de Gaza. « Aujourd'hui, les transferts du secteur privé sont plus efficaces que les organisations humanitaires », affirme Shimi Zuaretz, un porte-parole du Cogat, organe du ministère de la Défense israélien supervisant les affaires civiles dans les Territoires palestiniens occupés.

Pour mémoire

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Au lendemain des accusations des experts de l'ONU, le Cogat a organisé une visite à Kerem Shalom, montrant des caisses de pastèques, cerises, tomates, oranges ou pommes de terre et une dizaine de camions partant pour Gaza. L'AFP n'a pas été autorisée à parler aux chauffeurs palestiniens par les soldats israéliens organisant la visite.

30 euros la boîte d'oeufs 

Après le 7 octobre, Israël a d'abord fermé Kerem Shalom avant de le rouvrir sous pression internationale. Quelque 250 camions y passent chaque jour, d'après le Cogat, soit largement moins qu'avant la guerre, qui a pourtant exacerbé les besoins.

Le colonel Elad Goren, du Cogat, estime que « l'ONU ne fait pas son travail », alors que le « secteur privé continue de travailler ». Le fait de donner la priorité au secteur privé crée du « chaos » à Gaza, en divisant les habitants entre ceux qui ont les moyens et les démunis, objecte Juliette Touma, directrice de la communication à l'Unrwa.

Une boîte d'oeufs coûte désormais 120 shekels israéliens (30 euros), le lait infantile 17 euros et une bouteille de shampoing 24 euros, a indiqué l'organisation Norwegian Refugee Council (NRC) cette semaine. Ceux qui n'ont pas d'argent échangent ce qu'ils peuvent, des vêtements ou des bijoux. « Injecter des marchandises par la voie commerciale dans Gaza si tard dans la guerre est une idée terrible », estime Mme Touma. « Gaza a besoin de ravitaillement commercial et humanitaire comme avant la guerre. »

Devant la barrière qui sépare Israël de la bande de Gaza, Itzik attend sur un parking entouré de barbelés que son camion de vivres passe les contrôles, avant d'entrer dans le territoire palestinien assiégé et menacé de famine. Oeufs, poulet, sésame, épices, thé ou café : toutes les denrées sont destinées aux commerces et marchés de Gaza, où les prix flambent. Un ravitaillement du coup inaccessible à de nombreux Gazaouis qui disent souffrir de la faim - ce que corroborent l'ONU et les organisations humanitaires internationales. Dans le même temps, l'aide humanitaire est en attente du côté palestinien du point de contrôle de Kerem Shalom, une situation dont les Nations unies et Israël se rejettent la responsabilité. Itzik indique que ces derniers temps, sa cargaison « vient avant tout du secteur...
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