Des membres du Hezbollah aux funérailles d'un commandant du parti chiite, Mohammad Nehmé Nasser, dans la banlieue sud de Beyrouth, le 4 juillet 2024. Anwar Amro/AFP
Après avoir provoqué un tollé de l’opposition, la possibilité que le gouvernement libanais se charge d’indemniser les familles des « martyrs » du Hezbollah tués par Israël au Liban-Sud aurait également fait des remous outre-Atlantique. Mais dans l'entourage du chef du gouvernement sortant Nagib Mikati, on dément non seulement que Washington ait exercé des pressions sur le Liban à ce sujet, mais aussi toute velléité de dédommager les familles des combattants morts.
Selon un responsable du département d'État américain cité lundi par le site al-Arabiya, Washington aurait fait savoir au gouvernement libanais que l’administration de Joe Biden « s'oppose à tout paiement aux familles des combattants du Hezbollah tués lors de frappes israéliennes ».« Nous avons clairement fait savoir au gouvernement libanais que les États-Unis s'opposent à tout paiement qui bénéficie directement ou indirectement aux auteurs d'actes terroristes, y compris aux membres du Hezbollah tués lors de frappes » israéliennes, a-t-il ajouté.
Cette déclaration de la diplomatie américaine s’inscrit dans le sillage de diverses informations publiées faisant état d’un accord du Grand Sérail concernant la création d’un fonds alloué aux familles des combattants du Hezbollah tués au Liban-Sud depuis le 8 octobre dernier. Toujours selon ces informations, ces indemnisations s’élèveraient à 20 000 dollars par famille, et à 40 000 pour celles dont les maisons ont été détruites par des frappes israéliennes.
« Cette question ne s'est jamais posée »
Le président du Conseil du Sud, Hachem Haïdar, avait assuré à L'OLJ que 93,6 milliards de livres libanaises (un peu plus d’un million de dollars) avaient été débloqués en juin dernier par le gouvernement, sans pour autant avoir été versés. Une somme dédiée aux familles de 52 personnes ayant payé de leurs vies le prix de la guerre, dont 49 miliciens du Hezbollah et trois civils, le photojournaliste de l’agence Reuters Issam Abdallah (tué le 13 octobre), Rabih Maamari, photographe de la chaîne al-Mayadeen (tué le 21 novembre avec sa collègue Farah Omar, qui elle, ne figure pas sur la liste) et son fixeur Hussein Akil.
Contacté par L’OLJ, le Grand Sérail a pourtant affirmé que les dédommagements concernent uniquement les proches des journalistes précités. « Les seules indemnisations que l’État versera seront attribuées aux familles des quatre journalistes tués et à personne d’autre », indique une source proche du Sérail qui nie en bloc l’existence de toute « pression américaine » sur le sujet. « Cette question de dédommager les familles des combattants du Hezbollah ne s’est jamais posée en Conseil des ministres. Ce ne sont que des rumeurs », tranche-t-elle.
Ce son de cloche est bien différent de celui du gouvernement en juin dernier, dont le discours était calqué sur celui du Hezbollah et de ses alliés : « Nous venons en aide à des Libanais tombés sur le territoire libanais, et non à des étrangers. C’est ce que les détracteurs du Premier ministre devraient comprendre », déclarait alors une source gouvernementale haut placée, sans toutefois préciser si la question avait été ou pas examinée en Conseil des ministres.




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Et indemniser les gens volés par les banques ? Par Sayrafa ? J'en passe.
20 h 22, le 10 juillet 2024