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Environnement - Akkar

Des habitants intoxiqués par les fumées de l’incendie de la décharge de Srar

« Un massacre environnemental », a dénoncé Abdallah Sakr, membre du conseil municipal du village voisin de Qachlak.

Des habitants intoxiqués par les fumées de l’incendie de la décharge de Srar

La fumée toxique envahit les villages proches de la décharge de Srar, dans le Akkar. Photo fournie par Michel Hallak

Pour la troisième journée consécutive, la décharge de Srar, dans le Akkar, dégageait d’importantes fumées mardi suite à un incendie sur le site mettant en danger la santé des habitants des localités voisines, a rapporté notre correspondant dans la région Michel Hallak, citant des riverains et autorités locales. « Un massacre environnemental », a dénoncé Abdallah Sakr, membre du conseil municipal de Qachlak, village proche de la décharge, à notre rédaction « sans qu’aucune mesure administrative, gouvernementale ou parlementaire ne soit prise », notant que la décharge est située à la frontière de la deuxième plus grande plaine agricole du Liban. 

Lundi soir, l’air était si suffocant dans ces deux villages qu’une dizaine de personnes présentant des difficultés respiratoires se sont présentées aux urgences de l’hôpital le plus proche. « Elles ont été prises en charge, ont reçu de l’oxygène et les soins nécessaires avant d’être renvoyées chez elles », précise notre correspondant, qui s'est rendu à l'hôpital en soirée. Selon ses informations, cette décharge est la plus importante du mohafazat du Akkar situé à l’extrême nord du pays. Elle est aménagée sur un terrain privé de plus de deux millions de mètres carrés et est accréditée par 90 % des municipalités des 133 villages du mohafazat pour recevoir leurs déchets ménagers. « Des milliers de tonnes y sont stockées chaque jour », estime-t-il, en tant qu'habitué de la région.

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Selon notre correspondant également, incendier une décharge de temps à autre est une pratique courante qui permet d’augmenter sa capacité. Mais, dans un pays en crise, marqué par le délitement des institutions, l’État est aux abonnés absents dans cette région rurale. Aux fumées asphyxiantes s’ajoutent les odeurs nauséabondes de la décharge qui indisposent fortement la population vivant à proximité. « La décharge, où les déchets sont déversés sans traitement, se situe entre deux rivières. L'eau et les cultures y sont donc contaminées », a-t-il également décrit après s'être rendu sur place. 

L'indifférence des autorités

Excédés, les habitants ont tenté d’alerter le gouverneur du Akkar, Imad Labaki, dans un communiqué, lui demandant « d’intervenir immédiatement pour trouver une solution aux odeurs nauséabondes et fumées toxiques émanant de la décharge de Srar ». « Nous lui demandons de venir à Qachlak voir et sentir notre souffrance de ses propres yeux », ajoute le communiqué qui lance un appel par la même occasion aux ministres sortants de l’Environnement, Nasser Yassin, et de l’Intérieur, Bassam Maoulaoui. 

Pour mémoire

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Nous n'avons réussi à joindre ni le mohafez du Akkar ni le ministre de l'Environnement. Ce dernier a toutefois publié un communiqué mardi assurant qu’il suivait de près l’affaire de l'incendie de cette décharge. Pour ce faire, il s'est dit en communication avec son homologue de l'Intérieur, le gouverneur du Akkar, le directeur général de la Défense civile, Raymond Khattar, et le procureur de l'environnement du Nord, Ghassan Bassil. « Il faut œuvrer rapidement à éteindre et contrôler l'incendie et contenir ses dommages environnementaux et sanitaires. Il faut de plus enquêter sur les causes de cet incendie qui a provoqué des cas de suffocation chez certains citoyens à proximité de la décharge », a-t-il souligné.

Nasser Yassin a par ailleurs affirmé que « les efforts avancent pour résoudre la crise des déchets dans la région du Akkar ». Il a révélé la possibilité d’une solution, en coopération avec la Banque mondiale, et avec le financement du Forum global de l’environnement, pour financer la réhabilitation et le fonctionnement de l'usine de tri et la création d'une cellule sanitaire à Srar. 

Pour la troisième journée consécutive, la décharge de Srar, dans le Akkar, dégageait d’importantes fumées mardi suite à un incendie sur le site mettant en danger la santé des habitants des localités voisines, a rapporté notre correspondant dans la région Michel Hallak, citant des riverains et autorités locales. « Un massacre environnemental », a dénoncé Abdallah...
commentaires (1)

La proposition du ministre ne suffira pas. Il faut exploiter la décharge dans les normes: recouvrir au quotidien les déchets, construire des réseaux d'evacuations du gaz etc...Il s'agit essentiellement d'OPEX...En plus une usine de tri permettra de traiter au maximum 25% des déchets; 75% continueront à etre enfouis notamment l'organique...Last but not least : Si la BM finance la réhabilitation du centre de tri, a t on les moyens de le faire fonctionner et assurer sa maintenance ?

Moi

12 h 27, le 26 juin 2024

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Commentaires (1)

  • La proposition du ministre ne suffira pas. Il faut exploiter la décharge dans les normes: recouvrir au quotidien les déchets, construire des réseaux d'evacuations du gaz etc...Il s'agit essentiellement d'OPEX...En plus une usine de tri permettra de traiter au maximum 25% des déchets; 75% continueront à etre enfouis notamment l'organique...Last but not least : Si la BM finance la réhabilitation du centre de tri, a t on les moyens de le faire fonctionner et assurer sa maintenance ?

    Moi

    12 h 27, le 26 juin 2024

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