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Politique - Communautés

Le « sommet spirituel » de Bkerké ne fait pas l’unanimité

Depuis Beyrouth, le secrétaire d’État du Vatican, Pietro Parolin, appelle à préserver « l’identité du Liban, unique au Moyen-Orient ».

Le « sommet spirituel » de Bkerké ne fait pas l’unanimité

Le secrétaire d’État du Vatican, Pietro Parolin, lors d’une conférence de presse avec le chef de la diplomatie libanaise Abdallah Bou Habib, le 23 juin 2024. Photo ANI

Le secrétaire d’État du Vatican, Pietro Parolin, a entamé dimanche sa tournée de quatre jours au Liban. Lors des deux premiers jours de sa visite, le numéro deux du Saint-Siège a assisté à des événements organisés par l’ordre de Malte, l’ONG caritative qui l’a invité. Mardi, il doit entamer ses entretiens politiques, notamment avec le Premier ministre sortant Nagib Mikati et le président du Parlement Nabih Berry. Il doit aussi assister à un « sommet spirituel » à Bkerké regroupant des représentants libanais des communautés chrétiennes et musulmanes. Ironiquement, cette réunion convoquée par le patriarche maronite Béchara Raï et censée souligner l’importance du vivre-ensemble et de la cohésion interconfessionnelle fait déjà des mécontents. Le vice-

président du Conseil supérieur chiite, le cheikh Ali el-Khatib (qui devait assister à la rencontre à défaut du mufti jaafarite, Ahmad Kabalan), a, en effet, atténué l’importance de l’événement. « Nous avons reçu une aimable invitation à un déjeuner que le patriarche maronite organise en l’honneur de l’envoyé du Vatican au Liban, a-t-il affirmé dans un entretien accordé au quotidien an-Nahar. Nous ne croyons absolument pas que Bkerké ait l’intention de transformer cette invitation en un sommet spirituel. Nous pensons que certains font circuler des rumeurs infondées. Cette question n’a pas été abordée ou discutée. » Contactées, les institutions religieuses concernées n’ont pas donné suite.

« Assassinat politique du système consensuel »

Dans un contexte de tensions entre le patriarche maronite (ainsi que les principales formations politiques chrétiennes) et le tandem chiite, duquel les dignitaires de cette communauté sont proches, cette déclaration sonne comme un désaveu des efforts de Bkerké. D’autant que des informations de presse circulant depuis quelques jours indiquent que le prélat souhaitait qu’un communiqué pressant pour l’élection d’un président de la République soit publié à l’issue de cette rencontre, plus d’un an et demi après la fin du mandat de Michel Aoun. Le président du Parlement Nabih Berry et le Hezbollah conditionnent la convocation d’une séance électorale ouverte à la Chambre à la tenue d’un dialogue national, ce que l’opposition chrétienne refuse catégoriquement. Dans ses homélies, Béchara Raï s’en prend – sans le nommer – au camp du tandem chiite, « responsable du blocage ». Ce dimanche, le patriarche maronite a d’ailleurs « mis en garde contre la vacance de la présidence, car elle équivaut à un assassinat politique du système consensuel ». « Le président de la République est celui qui est autorisé à exiger la mise en œuvre des décisions internationales, a-t-il ajouté. Nous avons considéré l’absence d’élections comme une erreur nationale et un assassinat politique du système consensuel auquel nous adhérons, la situation ne pouvant supporter aucun retard, quelles qu’en soient les raisons. » De son côté, Pietro Parolin a déclaré à son arrivée à Beyrouth que le Vatican avait de « grandes inquiétudes concernant la politique au Liban et la crise économique, mais aussi concernant l’identité du Liban, unique au Moyen-Orient et qu’il faut préserver ». Et d’ajouter : « Il y a également la crise politique, la crise institutionnelle et le problème de l’élection présidentielle. Nous essaierons autant que possible d’aider dans ce dossier. » Il a également indiqué être venu au Liban « dans le cadre d’une initiative pour faire tout ce qui est nécessaire pour aider, et nous vous disons : priez pour nous ».

Le secrétaire d’État du Vatican, Pietro Parolin, a entamé dimanche sa tournée de quatre jours au Liban. Lors des deux premiers jours de sa visite, le numéro deux du Saint-Siège a assisté à des événements organisés par l’ordre de Malte, l’ONG caritative qui l’a invité. Mardi, il doit entamer ses entretiens politiques, notamment avec le Premier ministre sortant Nagib Mikati et...
commentaires (3)

Le Kabalan qui croyait que cette invitation était un simple festin pour se remplir la panse aux frais de la princesse. Il dit que ce déjeuner n’est pas une réunion spirituelle. On sait qu’il est très loin de la spiritualité, mais alors qu’en est il de son patriotisme et du vivre ensemble que tous les autres défendent sauf le HB et ses dignitaires qui ne jurée que par la division pour continuer de régner? Monseigneur, Kabalan le Jaafari te n’a jamais montré le moindre signe de la cohésion sociale et encore moins du patriotisme qui lui est complètement étranger. Pourqui lui faire cet honneur?

Sissi zayyat

11 h 00, le 25 juin 2024

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Commentaires (3)

  • Le Kabalan qui croyait que cette invitation était un simple festin pour se remplir la panse aux frais de la princesse. Il dit que ce déjeuner n’est pas une réunion spirituelle. On sait qu’il est très loin de la spiritualité, mais alors qu’en est il de son patriotisme et du vivre ensemble que tous les autres défendent sauf le HB et ses dignitaires qui ne jurée que par la division pour continuer de régner? Monseigneur, Kabalan le Jaafari te n’a jamais montré le moindre signe de la cohésion sociale et encore moins du patriotisme qui lui est complètement étranger. Pourqui lui faire cet honneur?

    Sissi zayyat

    11 h 00, le 25 juin 2024

  • "Nous avons considéré l’absence d’élections comme une erreur nationale". Le terme "erreur" est un bel euphémisme. Le mot "crime" semble plus approprié.

    Yves Prevost

    06 h 04, le 25 juin 2024

  • Il perd son temps avec les chiites

    Eleni Caridopoulou

    00 h 39, le 25 juin 2024

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