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Lifestyle - La Mode

Le créateur libano-australien Christopher Esber sera-t-il lauréat de l’Andam ?

Il vient d’être nominé parmi les finalistes du prestigieux prix parisien de l’Andam, après avoir enchaîné, dès ses débuts, le prix de « Vogue Italia » et le Woolmark australien. Ce surdoué de la mode est aussi discret que ses fans sont enthousiastes. Il parle à « L’Orient- Le Jour » de sa trajectoire.

Le créateur libano-australien Christopher Esber sera-t-il lauréat de l’Andam ?

Le Libanais Christopher Esber, surdoué et discret. Photo Christopher Esber

Il n’a que huit ans quand il observe sa tante coudre. Il coupe pour elle des patrons, elle a du talent, il a de la passion. Plus tard, ce Libanais, né en Australie où ses parents ont émigré au début de la guerre de 1970, s’inscrit au Fashion Design Studio de l'East Sydney TAFE, sous le mentorat de Nicholas Huxley, célèbre professeur du Design Institute of Australia consulté par les médias et les magazines de mode. Il enchaîne avec une formation auprès d'un tailleur pendant 12 mois avant de lancer la marque en 2010. En 2015, il est désigné par Vogue Italia comme le jeune créateur le plus talentueux de sa génération. Un peu plus tard, il reçoit le prestigieux prix Woolmark d’Australie. Il vient d’être nominé parmi les finalistes du non moins prestigieux prix de l’Andam (Association nationale pour le développement des arts de la mode). Christopher Esber est un surdoué sans autre principe que celui de veiller à la pureté de son concept en amont de chaque collection. Sans autre recette que celle de se concentrer sur sa trajectoire.

Structure, sensualité et un lien avec la nature dans chaque collection. Photo Christopher Esber

Jamais déçu

En tête des choses qui lui donnent le plus de fierté, ce créateur qui porte aussi haut que ses pairs locaux le drapeau de la couture libanaise, bien qu’australien de la première génération, cite le fait d’avoir été invité à défiler à la Semaine de la mode de Paris en septembre dernier, et le fait d’avoir convaincu Carmen Kass sa « muse de toujours » de poser pour la campagne Christopher Esber croisière 2024. Pragmatique, il s’efforce de ne jamais considérer ses mauvaises décisions ou ses échecs comme des déceptions, mais plutôt comme des enseignements qui permettent d'améliorer les choses à l'avenir. « Tout ce qui m’arrive, bon ou mauvais, mène à la prochaine opportunité », affirme-t-il. Celui dont le parcours commence, comme la plupart des enfants d’émigrés, dans l’atelier familial raconte que dès son plus jeune âge, il est entouré par l'artisanat. En regardant sa mère et sa tante travailler dans leur petit atelier communautaire à Sydney, il est fasciné de voir un vêtement prendre vie. « Cela a éveillé en moi une curiosité pour la conception qui a évolué en passion et s’est concrétisée aujourd’hui avec ma marque », affirme-t-il.

« J'ai toujours eu à l'idée que les femmes au bureau rêvaient de vacances »

Quand il se penche sur l’esprit de sa marque, Christopher Esber parle de son expérience de tailleur : « En associant structure et drapé avec un clin d'œil ludique à la culture de la plage et aux idées d'évasion, je mélange la structure, la sensualité et un lien avec la nature dans chaque collection. » La culture australienne, tout comme la libanaise, faites de plage et de grand air, se conjugue ainsi avec l’allure d’une femme active sous des climats où travail et vacances ne sont jamais loin d’un de l’autre. « J'ai toujours eu à l'idée que les femmes au bureau rêvaient de vacances ou d'évasion et que je créais un monde pour elles. Mélanger les idées de vêtements de bureau et de culture balnéaire a toujours représenté pour une tension intéressante entre deux pôles », constate-t-il. Soustraction, déconstruction, reconstruction, trois étapes-clés, selon lui, « pour arriver à la version la plus pure d'un concept ». « C'est ce qui n'est pas là qui rend une création unique – travailler avec l'idée d'espace négatif et utiliser des découpes pour créer cette nouvelle idée du glamour en mode décontracté », souligne Christopher Esber.


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Des rêves à réaliser

Et puis, il y a quelques semaines, le créateur reçoit la nouvelle de sa nomination aux prix de l’Andam. « J'ai reçu la nouvelle par courrier électronique à l'heure du dîner, ici à Sydney – quelle surprise ! Quel honneur d'être sélectionné par un jury de professionnels dont j'admire le travail et la carrière depuis si longtemps », commente Esber. « Recevoir le soutien du jury des prix de l’Andam et d'un réseau plus large sera inestimable et nous aidera grandement à réaliser nos ambitions mondiales. Paris joue un rôle très important dans l'expansion future de la marque. Cela fait plus de 10 ans que je me rends à Paris, où je présente quatre collections par an. En septembre dernier, nous avons participé pour la première fois à la Semaine de la mode organisée là-bas. Ce prix contribuera sans aucun doute de manière significative à nous aider à réaliser les rêves que nous avons pour l'entreprise et la marque, au niveau international », rêve déjà celui à qui les belles choses semblent arriver naturellement, de manière organique, tandis qu’il est littéralement noyé dans ses projets.

Dua Lipa portant le Odyessa Crystal Top pour son #RadicalOptimism tour. Photo Christopher Esber

Part libanaise et part de l’ange

Car l’Andam, c’est le jury qui a propulsé Martin Margiela, son premier lauréat, et aussi le tandem Viktor&Rolf, Jeremy Scott, Iris van Herpen… Ce que cela lui fait ? « Chacun d'entre eux a une vision et une approche tellement uniques, et moi aussi je trace ma propre voie. Il y a des éléments de chacun de leurs parcours avec lesquels je pourrais identifier des synergies. C'est un honneur d'être reconnu à leurs côtés. » Quant à sa part libanaise, « c'est un élément important de mon identité. Mes parents ont émigré en Australie dans les années 70, et je suis né et j'ai grandi à Sydney en tant qu'australien de première génération. Je renoue avec ma culture lorsque je suis en famille et par le biais de la nourriture », nous glisse ce créateur discret, si discret qu’il en est confidentiel, bien que la Toile et les réseaux sociaux ne se privent pas de le porter aux nues, lui qui ne demande qu’à garder les pieds sur terre.

L’Andam, pour assurer le dynamisme de la scène parisienne de la mode

Fondée en 1989 par Nathalie Dufour, grâce au soutien du ministère de la Culture et du DEFI, en tant que partenaires institutionnels, l’Association nationale pour le développement des arts de la mode, ou Andam, a pour mission de repérer les talents émergents de la création contemporaine et de leur offrir, à travers ses prix, les moyens d’exister, de défiler au sein de la Semaine de la mode parisienne, de développer leur marque à l’international et de s’implanter durablement en France, assurant ainsi le dynamisme de la scène parisienne de la mode. Chaque année, à travers ses cinq prix, l’Andam Fashion Award offre un soutien financier et logistique à des créateurs de mode et entrepreneurs choisis au fil d’un processus de sélection de plusieurs mois assurant ainsi la vitalité et la pérennité de cette industrie créative qu’est la mode. Toujours dirigée par Nathalie Dufour, l’Andam est présidée par Guillaume Houzé. Parmi les membres du jury 2024, on peut citer la styliste Emmanuelle Alt, Carla Bruni, Bétrice Dalle, Virginie Despentes, Charlotte Gainsbourg, Rossy de Palma, et aussi la chanteuse de K-Pop Rosé, Augustin Trapenard, le directeur général d’Hermès, Guillaume de Seynes, le président de Kering, François-Henri Pinault, le président de LVMH, Sidney Toledano. Le jury se réunira le 27 juin. Les candidats auront 5 minutes chacun pour présenter leur prochaine collection. Puis en septembre auront lieu les présentations des lauréats des prix mode et accessoires, événements majeurs de la semaine de la mode parisienne.



Il n’a que huit ans quand il observe sa tante coudre. Il coupe pour elle des patrons, elle a du talent, il a de la passion. Plus tard, ce Libanais, né en Australie où ses parents ont émigré au début de la guerre de 1970, s’inscrit au Fashion Design Studio de l'East Sydney TAFE, sous le mentorat de Nicholas Huxley, célèbre professeur du Design Institute of Australia consulté par les...
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