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Comment le Liban peut faire face aux défis posés par la présence des Syriens sur son sol

Selon la Banque mondiale, le Fonds monétaire international et la Banque du Liban, la présence de quelque 2,2 millions de Syriens coûte au Liban 4,5 milliards de dollars par an directement ou indirectement. D’ici à la fin de l’année, ce ne seront pas moins de 63 milliards de dollars qui auront ainsi été dépensés depuis 2011 par le Liban, bien que ce dernier traverse une situation économique et financière catastrophique.

L’Union européenne et le Premier ministre Nagib Mikati ne peuvent ignorer que la Constitution libanaise interdit toute implantation dans le pays, qu’elle soit palestinienne, syrienne ou autre.

Néanmoins, pour préserver son intégrité, le Liban aurait tout intérêt à adopter certaines dispositions de la législation française sur l’immigration.

À l’instar de ce que prévoit la loi immigration 2024 en France, portée par le ministre de l’Intérieur, pour les étrangers en situation régulière ou irrégulière et même les Français ayant une double nationalité et ayant été naturalisés français, le Liban peut expulser les Syriens – enregistrés ou non auprès de l’ONU et du Liban, indépendamment de l’ancienneté de leur présence, de l’existence de liens personnels et familiaux – ayant commis des crimes et des délits punis d’emprisonnement ou constituant une menace à « l’ordre public ». La « menace à l’ordre public » comprenant par exemple la mendicité parfois infantile.

De surcroît, conformément à cette même loi et aux précédentes, doivent être expulsés tous les Syriens clandestins, à savoir ceux qui ne sont pas enregistrés auprès de l’ONU et du Liban ou qui ne sauraient être considérés comme des réfugiés puisqu’ils se rendent dans leur représentation diplomatique au Liban pour voter lors des élections syriennes ou qu’ils retournent en Syrie pour y passer des fêtes.

Comme le dispose le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile en France pour les étrangers (y compris les ressortissants de pays membres de l’Union européenne, voir les articles L214-1 et L252-2), le Liban pourrait signifier une interdiction administrative du territoire à un Syrien dont le comportement ou celui d’un membre de sa famille constitue une menace pour l’ordre et la sécurité publics, et procéder à son expulsion.

À proprement parler, le Liban n’a pas à reconnaître la présence de réfugiés sur son territoire car il n’a pas signé la Convention des Nations unies de 1951 relative au statut des réfugiés. Le Liban n’a donc aucune obligation légale envers les réfugiés. De surcroît, la loi libanaise ne le reconnaît ni dans la loi du 10 juillet 1962 réglementant l’entrée, le séjour et la sortie des étrangers au Liban, ni dans le décret n° 10188 du 28 juillet 1962 relatif à l’application de cette loi, ni encore dans la décision du ministre de l’Intérieur n° 320 du 2 août 1962 sur le contrôle de l’entrée et de la sortie à partir des postes-frontières libanais.

Comme le Liban, les pays arabes du Golfe (Arabie saoudite, Koweït, Bahreïn, Qatar, Émirats arabes unis et Oman) ne sont pas signataires de la Convention de 1951 relative au statut des réfugiés. Dès lors, et contrairement au Liban, ils ne reconnaissent pas, de fait, le statut de réfugié sur leur territoire et ne s’imposent donc aucune obligation légale envers les réfugiés.

En appliquant de telles dispositions, les Syriens désireux de séjourner au Liban devraient ainsi demander et obtenir un visa. Cette mesure garantirait à notre pays une reprise en main de sa destinée, favoriserait le contrôle nécessaire à la sécurité de ses concitoyens, apaiserait les tensions qui grandissent entre les deux peuples.


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Selon la Banque mondiale, le Fonds monétaire international et la Banque du Liban, la présence de quelque 2,2 millions de Syriens coûte au Liban 4,5 milliards de dollars par an directement ou indirectement. D’ici à la fin de l’année, ce ne seront pas moins de 63 milliards de dollars qui auront ainsi été dépensés depuis 2011 par le Liban, bien que ce dernier traverse une situation...
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