Le chef des Marada, Sleiman Frangié, s’exprimant à l’issue de la messe en mémoire du massacre du 13 juin 1978, à Ehden, le 11 juin 2023. Photo d'archives/Nabil Ismaïl
Le chef des Marada, Sleiman Frangié, a longuement évoqué, dans un discours à l’occasion de la célébration du massacre du 13 juin 1978, à Ehden, la notion de chrétienté, dans ce qui sonne comme des messages dirigés vers le chef du Courant patriotique libre, Gebran Bassil, qui fait de la « défense des droits des chrétiens » son cheval de bataille. Il a par ailleurs estimé qu'un compromis au Liban arrive et qu' « il est très proche ».
« Être chrétien et maronite au Liban signifie croire en la diversité, au droit à la différence et à l’opinion de l’autre. Être chrétien signifie préserver le système économique libre et restaurer la confiance dans le secteur bancaire. Être chrétien au Liban signifie donner et se sacrifier pour le Liban. Et si le Liban est en danger, nous devons tous, en tant que libanais, être unis, d’un seul cœur », a-t-il dit.
Le candidat du tandem Hezbollah-Amal à la présidence – dont M. Bassil rejette la candidature car il ne représente pas la majorité chrétienne du pays – a souligné que durant la première République, les maronites ont offert au Liban les meilleures personnalités pour la présidence : Béchara el-Khoury, Camille Chamoun, Fouad Chehab, Sleiman Frangié. « Sous leur mandat, le Liban a connu une époque de prospérité et son âge d’or », a-t-il affirmé, notant que Béchara el-Khoury était une minorité dans la rue chrétienne et que son grand-père n’était pas le plus fort des chrétiens à la fin des années 60. « Ceux qui avaient la majorité populaire à l’époque étaient Pierre Gemayel et Camille Chamoun. Pourtant, les députés ont élu Sleiman Frangié président de la République », a-t-il rappelé.
M. Frangié a expliqué qu’après l’accord de Taëf, la notion de la présidence de la République a changé et la nature du régime a évolué. Le président est devenu un arbitre plus qu’un véritable chef du pouvoir exécutif. Et de rappeler qu’après 2005, l’équipe de l’ancien président Michel Aoun a proposé cette équation : « Tout comme le président de l’Assemblée est le plus représentatif chez les chiites et le Premier ministre est le plus représentatif chez les sunnites, le président de la République doit être le plus représentatif chez les chrétiens. » « Cette équation s’est traduite en 2014 lors de la rencontre de Bkerké à laquelle j’ai participé, et j’avais des remarques claires et franches sur ce qu’on appelait le président fort. Malgré cela, j’ai accepté afin qu’on ne dise pas que je suis allé à l’encontre du consensus », a-t-il souligné. Et de lancer : « Je le dis en toute conscience, si nous voulons appliquer la théorie et la logique du président Aoun et du Courant patriotique libre, le candidat naturel du parti aouniste à la présidence devrait être le chef des Forces libanaises, Samir Geagea (ayant le plus grand bloc parlementaire chrétien). Pourquoi le CPL n’applique-t-il donc pas aujourd’hui cette théorie. »
Par ailleurs, le chef des Marada a estimé que « la crise politique au Liban ne sera résolue qu’avec la résolution des problèmes de la région ». « Au Liban, nous avons appris que le compromis vient généralement de l’extérieur et se traduit par une équation interne, a-t-il ajouté. Les trois options de compromis possibles, selon nous, sont les suivantes : soit notre camp perd, soit il gagne, soit cela se termine par une situation de « ni vainqueur ni vaincu ». » Et de poursuivre : « Bien que la victoire de notre camp soit la plus probable, nous n’accepterons pas que le compromis interne se fasse sur la base de « vainqueur et vaincu », car nous n’acceptons l’élimination de personne. »
Il a estimé que le compromis signifie que chaque camp choisit parmi ses rangs les meilleurs noms, sans qu’il y ait de veto sur qui que ce soit. « Dans un compromis, personne ne peut éliminer personne, mais plus nous participons en tant que libanais au compromis, plus nous limitons l’influence extérieure », a-t-il déclaré. Et de soulever qu’aujourd’hui, « les conditions du compromis ne sont peut-être pas encore mûres, mais nous n’en sommes pas loin ». Et de conclure : « Avec toute foi et confiance, je dis aux chrétiens et aux Libanais que le compromis arrive et qu’il est très proche, il n’y a donc pas lieu de craindre ou de désespérer. »



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Qu’à cela ne tienne, Geagea président !!
14 h 32, le 10 juin 2024