Des agents de la Sûreté générale libanaise font du porte-à-porte dans le caza du Koura pour distribuer des avertissements aux Syriens en situation irrégulière. Photo ANI
Les Forces libanaises et leur adversaire chrétien, le Courant patriotique libre, ont lancé samedi à quelques heures d'intervalles un appel aux établissements scolaires et techniques, privés et publics, à ne pas enregistrer des migrants et réfugiés syriens en situation irrégulière pour l’année à venir. « Nous lançons un appel urgent aux propriétaires et directeurs d'écoles et d'instituts publics et privés, dans toutes les régions du Liban, afin qu'ils cessent
immédiatement d'inscrire tout étudiant syrien en situation illégale, dont la famille ne détient pas une carte de résidence délivrée par la Sûreté générale, valable pour toute l'année académique », lit-on dans le communiqué des FL. Le parti dirigé par Samir Geagea a enjoint aux établissements de ne pas prendre en considération « les soi-disant cartes de réfugiés délivrées par le Haut Commissariat pour les Réfugiés (HCR) au Liban », qui sont, selon le texte, « contraires aux lois libanaises » et ne peuvent en aucun cas « être utilisées pour considérer un étudiant syrien en situation illégale comme pouvant être enregistré dans une école libanaise ». « Ceux qui prennent en compte ces cartes non valides feront l'objet de poursuites judiciaires », ajoute-t-il. Les FL ont justifié leur position par « le danger existentiel » que représentent ces Syriens en situation irrégulière, rappelant que « le Liban n’a pas signé la convention internationale sur les réfugiés et le protocole qui y est affilié », ce qui « n’en fait pas un pays de refuge mais de passage ». Le communiqué rappelle que les députés du bloc FL (République forte) ont envoyé une lettre au ministre de l’Éducation, Abbas Halabi, le 30 mai dernier, lui demandant d’empêcher l’inscription d’élèves en situation irrégulière. En soirée, le CPL Gebran Bassil a lui aussi publié un communiqué dans lequel il demande au ministre sortant de l'Education d'enjoindre aux établissements de ne plus enregistrer les élèves syriens en situation irrégulière.
À l’opposé, le Parti socialiste progressiste (PSP, joumblattiste) s’est étonné de ces appels qui « visent à jeter des milliers d’enfants syriens dans la rue, en proie à l’ignorance et à l’extrémisme, afin qu’ils deviennent un facteur d’explosion sociale supplémentaire, au lieu de les protéger et de les encadrer, en attendant qu’ils rentrent dans leur pays ». Le PSP s’est enfin demandé « pourquoi les recommandations au sujet des réfugiés syriens, adoptée par le Parlement (le 24 mai, NDLR), sont restées lettre morte, ce qui ouvre la voie à toutes sortes de campagnes sans garde-fous ». A noter que le CPL n'avait pas encore publié son communiqué lorsque le PSP a réagi.
Poursuite des campagnes d’expulsion
Les mesures à l’encontre de Syriens considérés en situation irrégulière se sont intensifiées ces dernières semaines dans plusieurs régions, notamment au Liban-Nord. Les tensions ont été particulièrement exacerbées suite à l’enlèvement et au meurtre d’un cadre FL, Pascal Sleiman, dont le corps a été retrouvé en Syrie en avril.
Dans le même sillage samedi, la Sûreté générale a annoncé dans un communiqué avoir « poursuivi sa campagne de régularisation de la situation des Syriens, et avoir fait circuler des patrouilles dans le caza de Koura, au Liban-Nord, adressant des avertissements d’expulsion à 300 d’entre eux dans le village de Btourram ». Une maison a été scellée à la cire rouge après l’expiration du délai qui a été donné à ses habitants, selon le texte.
Vendredi également, les forces de sécurité avaient fait du porte-à-porte dans les villages de Btourram et de Hasroun, caza de Bécharré, afin de confirmer l'évacuation des migrants syriens qui y résident sans papiers. Selon une source sécuritaire et des témoignages d'habitants cités par notre correspondant dans le Nord, Michel Hallak, les forces de sécurité sont passées cette semaine devant les habitations et les logements des migrants et réfugiés syriens, dans le caza du Koura, pour s'assurer que leur expulsion était en cours, suite à des avertissements antérieurs qui leur avaient été envoyés. Les députés de la région, Fadi Karam et George Atallah, ainsi que le mohafez du Liban-Nord, Ramzi Nohra, entre autres, avaient participé aux tournées. Jeudi, 70 ressortissants syriens vivant à Kousba, également dans le caza du Koura, ont été expulsés de leurs maisons parce qu'ils n'avaient pas respecté l'avis d'expulsion émis le 17 avril par le mohafez. En avril dernier, le ministre sortant de l'Intérieur, Bassam Maoulaoui, avait appelé les huit mohafazats du pays à « recenser et enregistrer » les Syriens déplacés et à cesser de louer des biens immobiliers ou de délivrer des documents aux réfugiés non enregistrés.



Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine
Le sujet est plus compliqué Si tout simplement c’est une une question d’ordre humaine qu’est ce qui empêche d’accueillir aussi les enfants de soudan ravagés par la Guerre ? Mettant la question d’ordre politique démographique et autre à côté, alors La question principale est ce qu’on a l’infrastructure nécessaire pour accueillir autant des réfugiés À peine et avec bcp de défaillance notre infrastructure ne sert pas d’un façon optimal Les libanais Je considère qu’ il faut se protéger et se prioriser avant de protéger et prioriser les autres indépendamment d’où vient l’autre
15 h 38, le 09 juin 2024