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Économie - Focus

Transport aérien : le Moyen-Orient affiche ses ambitions pour les décennies à venir

À l’échelle du globe, la croissance des volumes de passagers en avion devrait être surtout tirée par l’Asie. Les commandes d’avions parmi les plus spectaculaires de ces dernières années ont été le fait de compagnies indiennes et chinoises.

Transport aérien : le Moyen-Orient affiche ses ambitions pour les décennies à venir

Une vue du terminal 2 de l’aéroport de Dubaï, le 1er février 2021. Karim Sahib/AFP

De nouveaux aéroports géants sortent du sable, des compagnies aériennes passent des dizaines de milliards de dollars de commandes : déjà un acteur majeur du transport aérien, le Moyen-Orient affiche ses ambitions pour les décennies à venir.

Deux ans après Doha au Qatar, l’Association internationale du transport aérien (IATA) tient son assemblée générale 2024 à Dubaï (Émirats arabes unis), confirmant, si nécessaire, le statut stratégique des pays du Golfe pour ce secteur.

Selon les projections dévoilées dimanche par l’IATA, le nombre de passagers aériens au Moyen-Orient va doubler dans les 20 ans à venir, passant à 530 millions en 2023, soit une croissance annuelle de 3,9 %, supérieure de 0,1 point à la moyenne mondiale prévue.

À l’échelle du globe, la croissance des volumes de passagers en avion devrait être surtout tirée par l’Asie. Les commandes d’avions parmi les plus spectaculaires de ces dernières années ont été le fait de compagnies indiennes et chinoises.

Mais le Moyen-Orient, et particulièrement la péninsule Arabique, n’a pas été en reste, avec des dizaines d’appareils long-courrier pour Emirates, mais aussi FlyDubai, Etihad, ainsi que des compagnies saoudiennes, soutenues par des États prospères grâce à la rente pétrolière.

Emirates, emblématique du développement de Dubaï, fonctionne sur le modèle du « hub », plateforme de correspondance entre les continents grâce à ses gros porteurs à très long rayon d’action, notamment l’Airbus A380 dont elle est de loin le premier opérateur.

Le Golfe « est une région unique de par sa géographie. En huit heures de vol, on peut atteindre 80 % de la population mondiale », expliquait fin 2023 Stan Deal, alors patron de la division avions commerciaux de Boeing.

Les compagnies de la région « sont très bien placées pour capter le trafic indien (...) il y a aussi beaucoup de voyageurs indonésiens » pour les pèlerinages en Arabie, remarque pour sa part Nina Lind, spécialiste de l’aérien chez McKinsey.

En outre, la région connaît « une forte croissance économique et une population qui augmente vite », pointe-t-elle.

Dubaï double la mise

Emirates, Qatar Airways et consorts « ont l’avantage d’avoir consolidé leur image depuis deux décennies et de s’être rapprochés de leurs clients asiatiques et indiens », constate Geoffrey Weston, chef de l’activité « compagnies aériennes » chez Bain & Company : ils ont aussi commencé à s’intéresser à l’Afrique de l’Est, à l’Afrique du Sud, ils vont même jusqu’en Afrique de l’Ouest ».

Selon Airbus, le trafic entre le Moyen-Orient et l’Asie devrait être multiplié par trois d’ici à 2042 et par 2,2 entre le Moyen-Orient et l’Europe.

Une manne que les Saoudiens voudraient à leur tour capter, avec le lancement prévu en 2025 de Riyadh Air, qui a déjà commandé 39 long-courriers Boeing 787.

L’Arabie saoudite, qui vise à s’imposer comme une destination touristique, a lancé le projet d’un « hub » à Riyad pouvant accueillir 120 millions de passagers par an à l’horizon 2030.

Coïncidence, il s’agit de la même capacité que l’actuel aéroport de Dubaï. Mais l’émirat a déjà annoncé qu’il allait plus que doubler la mise, avec l’extension d’un aéroport situé en périphérie. Objectif : 150 millions de passagers par an possibles d’ici à 10 ans et 260 à terme.

Dans cette frénésie de projets, y aura-t-il de la place pour tout le monde, et la région ne risque-t-elle pas de se retrouver en surcapacité ? L’IATA assure que non.

« Je ne pense pas que nous verrons des surcapacités dans cette région dans les 40 prochaines années », assure Kamil Alawadhi, vice-président de l’association, chargé de l’Afrique et du Moyen-Orient, pour qui les projets d’extension ou de construction d’aéroports sont « soigneusement préparés » avec les compagnies aériennes.

Les ambitions affichées des « hubs » extra-européens – il faut aussi citer le récent aéroport géant d’Istanbul, base de Turkish Airlines – inquiètent les compagnies du Vieux Continent, qui craignent de perdre des parts de marché, en particulier vers l’Asie.

Pour M. Alawadhi, les plateformes du Golfe ont montré leur supériorité à la fin de la pandémie de Covid-19 : « Elles se sont remises en route immédiatement, on n’aurait pas pu dire qu’il y avait eu une crise. Et les aéroports européens et américains ? Ils se sont effondrés dès qu’il a fallu accueillir deux vols ! »

« La différence, c’est la façon dont les décisions sont prises ici », lance-t-il.

Source : AFP

De nouveaux aéroports géants sortent du sable, des compagnies aériennes passent des dizaines de milliards de dollars de commandes : déjà un acteur majeur du transport aérien, le Moyen-Orient affiche ses ambitions pour les décennies à venir.Deux ans après Doha au Qatar, l’Association internationale du transport aérien (IATA) tient son assemblée générale 2024 à Dubaï (Émirats arabes unis), confirmant, si nécessaire, le statut stratégique des pays du Golfe pour ce secteur.Selon les projections dévoilées dimanche par l’IATA, le nombre de passagers aériens au Moyen-Orient va doubler dans les 20 ans à venir, passant à 530 millions en 2023, soit une croissance annuelle de 3,9 %, supérieure de 0,1 point à la moyenne mondiale prévue.À l’échelle du globe, la croissance des volumes de passagers en avion...
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