Une affiche en faveur de l'abolition de la peine de mort. Photo d'illustration Wolfram Steinberg/AFP/DPA
Des experts de l'ONU ont appelé lundi l'Iran à annuler les condamnations à mort de dix jeunes hommes en lien avec les manifestations antigouvernementales qui ont secoué le pays en janvier.
Ces treize experts dénoncent dans un communiqué la condamnation à mort de douze jeunes hommes, âgés de la fin de l'adolescence au début de la vingtaine, dont deux ont été exécutés le 19 juillet.
« Condamner 12 personnes à mort lors d'une seule audience, à huis clos et sans clarification de la responsabilité individuelle de chaque accusé, viole les normes établies en matière de procès équitable », ont déclaré les experts.
Ces experts sont des rapporteurs spéciaux de l'ONU et les membres des groupes de travail de l'ONU sur les disparitions forcées et sur la détention arbitraire, mais ils ne s'expriment pas au nom de l'organisation.
Fin décembre, un mouvement de contestation initialement déclenché contre la vie chère s'était rapidement mué en de vastes manifestations antigouvernementales qui ont culminé les 8 et 9 janvier.
Le pouvoir iranien a recensé plus de 3.000 morts, imputant les violences à des « actes terroristes » orchestrés par les Etats-Unis et Israël. Des ONG basées à l'étranger ont parlé elles d'une répression ayant fait des milliers de morts.
Selon les experts, 24 personnes liées aux manifestations de janvier ont été pendues.
Les douze jeunes hommes condamnés à mort sont accusés d'être impliqués dans la mort de quatre membres des forces de sécurité, ainsi que dans des actes d'incendie criminel et de vandalisme commis lors des manifestations du 8 janvier sur la place Shahid Alikhani, à Ispahan, sur la base d' »aveux » diffusés à la télévision, ont indiqué les experts.
« Les chefs d'accusation retenus contre eux demeurent flous, les audiences devant le tribunal révolutionnaire se tenant à huis clos et les jugements n'étant pas rendus publics », ont-ils précisé, estimant que les jeunes hommes avaient été arbitrairement privés de liberté et, pour certains, victimes de disparition forcée et de mauvais traitements.
Parmi les personnes menacées d'une exécution imminente figure Shervin Bagherian Jebeli, qui venait d'avoir 18 ans peu avant son arrestation. Selon les experts, la télévision d'État a diffusé, avant même son procès, une vidéo le montrant avouer, lors d'un interrogatoire, des violences contre les forces de sécurité.
Selon des ONG dont Amnesty International, l'Iran est le pays qui recourt le plus à la peine capitale après la Chine.
Les autorités ont exécuté au moins 1.639 personnes en 2025, un record depuis 1989, selon les ONG Iran Human Rights, basée en Norvège, et Ensemble contre la peine de mort (ECPM), dont le siège est à Paris.


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