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Politique - Décryptage

Présidentielle : retour à la case départ

Beaucoup d’encre a coulé au sujet du dernier communiqué du Quintette suite à la réunion de 20 minutes chez l’ambassadrice des États-Unis, Lisa Johnson. Certains sont allés même jusqu’à y voir un délai ferme qui expire à la fin du mois de mai pour l’élection d’un président de la République, faute de quoi les cinq États seraient prêts à imposer des sanctions sur ceux qui entravent le processus. Aussitôt, les candidats potentiels, déclarés ou non, ont relancé leurs campagnes discrètes, puisque le dossier semblait ouvert, cette fois pour être réglé. Mais il a fallu très vite déchanter. Relancées par les médias et les groupes politiques, des sources proches des membres du Quintette se sont empressées de préciser que l’élection d’un président est une affaire interne libanaise. Les Cinq peuvent aider en proposant des idées ou des formules, mais la décision reste purement libanaise.

Les Libanais qui attendaient que la décision (et même la solution) vienne de l’extérieur se retrouvent ainsi face à leurs responsabilités. C’était d’ailleurs un des objectifs du communiqué publié par le Quintette, même s’il avait été perçu par les acteurs libanais comme « une feuille de route » pour une sortie de crise. L’idée maîtresse, c’était que le temps presse puisqu’à partir de juillet, les États-Unis devront se concentrer sur leur propre campagne présidentielle. Les Israéliens pourraient alors profiter de cette situation pour élargir le champ de la guerre avec le Liban. Or nul n’ignore, dans ce contexte, que l’administration américaine refuse depuis octobre toutes les propositions israéliennes de lancer une guerre d’envergure contre le Liban. Que la région se dirige donc vers une trêve de longue durée ou vers une possibilité d’élargissement de la guerre sur le front libanais, il était donc nécessaire, aux yeux des membres du Quintette, que le Liban soit doté d’un président, justement en raison de la gravité de la situation régionale.

Cette approche se voulait donc comme une sonnette d’alarme, destinée à pousser les parties concernées à assumer leurs responsabilités dans ce dossier. Mais le communiqué publié à l’issue de la réunion du Quintette ne mentionne nullement des noms de candidats à la présidence, ni même l’option de « la troisième voie ».

Selon les sources précitées, les membres du Quintette n’ont pas voulu faire des mentions de ce genre pour laisser aux Libanais la liberté de choix et les pousser en même temps à s’entendre entre eux, loin d’éventuelles pressions externes. Certaines parties libanaises laissent entendre que cette omission volontaire serait due à des désaccords entre des membres du Quintette, mais selon les mêmes sources diplomatiques, elle serait essentiellement destinée à respecter la volonté des Libanais. En ce qui concerne le Quintette, ce qui compte c’est que le Liban soit doté d’un président capable de parler avec toutes les parties internes et externes, car dans cette étape particulièrement délicate pour la région, il est essentiel que le Liban soit représenté par une personnalité ayant la confiance des parties politiques, tout en étant crédible aux yeux de la communauté internationale.

Au lieu donc de se lancer dans des surenchères sur les critères requis pour le nouveau président de la République, les membres du Quintette, toujours selon les mêmes sources, conseillent aux parties libanaises de dialoguer entre elles. Le communiqué parle à ce sujet de « consultations » limitées dans le temps et dans la portée. Autrement dit, ce temps ne devrait pas se prolonger indéfiniment et laisser ainsi le Liban sans président dans une période aussi critique. Évidemment, le communiqué ne parle ni de la forme ni de la présidence du dialogue préconisé. Et c’est là, une fois de plus, que l’idée se heurte à des obstacles purement internes.

Le président de la Chambre a vu dans cette vision du Quintette un appui à son propre appel au dialogue sous la voûte du Parlement. Les invitations seraient envoyées par le secrétariat général du Parlement, ce qui leur donnerait une étiquette officielle, et chaque bloc serait représenté par une ou deux personnes, alors que le président de la Chambre lui-même (ou le vice-président) devrait présider les séances de dialogue qui ne pourraient pas se prolonger au-delà d’une semaine et se termineraient par la convocation d’une séance électorale à plusieurs tours, suivie d’autres, jusqu’à ce que le processus électoral aboutisse. Autrement dit, le procès-verbal de chaque séance électorale sera clos et un autre sera ouvert pour la séance suivante. Selon les sources proches de Aïn el-Tiné, il est important d’ouvrir à chaque fois une nouvelle séance car sinon, cela signifierait que le Parlement adopte l’idée qu’il doit être en séance électorale permanente ouverte et par conséquent, il ne peut pas recourir à la législation d’urgence, même si les sujets soumis au vote sont extrêmement importants pour les citoyens.

Des partis de l’opposition ont immédiatement rejeté l’idée du président de la Chambre, refusant que ce soit lui qui préside le dialogue, parce que selon ces partis, Berry n’est pas neutre puisqu’il appuie ouvertement un candidat (Sleiman Frangié). Ces partis rejettent aussi le terme de dialogue, qui a une connotation officielle et nationale, préférant parler de concertations. Ces partis estiment en effet qu’ils ont déjà fait une concession en acceptant l’idée de concertations précédant le vote, alors qu’ils estimaient que le processus électoral démocratique devait être respecté.

Jusqu’à présent, chaque partie campe sur ses positions et le processus électoral tourne en rond. Après le dernier communiqué du Quintette, l’élection présidentielle semble donc être revenue à la case départ, les parties libanaises sont livrées à elles-mêmes, et aucune d’elles n’accepte de faire la moindre concession.

Beaucoup d’encre a coulé au sujet du dernier communiqué du Quintette suite à la réunion de 20 minutes chez l’ambassadrice des États-Unis, Lisa Johnson. Certains sont allés même jusqu’à y voir un délai ferme qui expire à la fin du mois de mai pour l’élection d’un président de la République, faute de quoi les cinq États seraient prêts à imposer des sanctions sur ceux qui...
commentaires (2)

Berry veut un dialogue, entre les partis, hors du parlement et refuse d'ouvrir la session électorale tel que le stipule la constitution mais veut la fermer a chaque première concertation pour recommencer le lendemain a zéro. Cette pratique est anticonstitutionnelle et donc réfutée par les opposants. Etant dans un pays dit démocratique, n'importe quel Libanais Maronite peut se présenter ou être désigné candidat. Berry doit ouvrir la session électorale. S'il respecte la constitution vous aurez un Président dans la journée. Sa personnalité ne regarde personne. Ils votent pour son programme.

Pierre Christo Hadjigeorgiou

11 h 04, le 22 mai 2024

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Commentaires (2)

  • Berry veut un dialogue, entre les partis, hors du parlement et refuse d'ouvrir la session électorale tel que le stipule la constitution mais veut la fermer a chaque première concertation pour recommencer le lendemain a zéro. Cette pratique est anticonstitutionnelle et donc réfutée par les opposants. Etant dans un pays dit démocratique, n'importe quel Libanais Maronite peut se présenter ou être désigné candidat. Berry doit ouvrir la session électorale. S'il respecte la constitution vous aurez un Président dans la journée. Sa personnalité ne regarde personne. Ils votent pour son programme.

    Pierre Christo Hadjigeorgiou

    11 h 04, le 22 mai 2024

  • - CHEZ NOUS, LA PRESIDENTIELLE, - N,EST PAS CONSTITUTIONELLE. - ELLE EST OBJECT DE QUERELLE, - ET D,ETRANGERE TUTELLE. - QUE CE SOIT PAR ISABELLE, - OU LA PERSANE REBELLE.

    LA LIBRE EXPRESSION

    10 h 56, le 22 mai 2024

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