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Nos lecteurs ont la parole

Crimes de guerre à Gaza, où sont les voix de la paix ?

Le 7 octobre 2023, le Hamas a lancé une attaque armée contre Israël en tuant délibérément 1 200 personnes, essentiellement parmi la population civile. Ce furent des habitants de kibboutz proches de la frontière de Gaza et des jeunes rassemblés à l’occasion d’une rave party, concert de musique électronique. Ce jour-là, les hommes du Hamas prirent en otage deux cent cinquante vies, des civils, y compris des enfants et des militaires.

La création de l’État d’Israël en 1948 et les guerres israélo-arabes ont chassé le peuple palestinien de ses terres et l’ont mis au rang d’un sous-peuple au sein de l’État d’Israël et à l’intérieur des pays arabes qui ont accueilli ses réfugiés. Depuis 75 ans, les Palestiniens combattent pour le respect de leurs droits, pour leur dignité et pour disposer d’un État, comme leur a promis la communauté internationale. Ce combat s’est déroulé le plus souvent dans l’indifférence générale du monde, ce qui a conduit les dirigeants palestiniens les plus radicaux à entreprendre des actions terroristes pour faire entendre leur cause. Si les situations qui mènent au terrorisme peuvent s’expliquer, elles ne peuvent en aucun cas se justifier.

Au lendemain du 7 octobre, Israël a démarré une campagne de bombardement du territoire de Gaza afin de « détruire le Hamas ». Pour y parvenir, les dirigeants d’Israël, Netanyahu en tête, décident d’empêcher l’approvisionnement de la population de Gaza en eau, nourriture, médicaments et carburants. En un mot, on fait la guerre au Hamas en affamant la population.

La campagne de bombardement s’est poursuivie tous azimuts détruisant tout le nord de Gaza. Un membre du Hamas dans une maison ? On détruit la maison, peu importe si le Hamas n’y était plus. Trois membres du Hamas dans un appartement ? On détruit l’immeuble entier, peu importe le nombre de civils tués. Partout, l’aviation et les drones israéliens sèment la terreur et la mort. Alors on dit aux Palestiniens du nord de Gaza d’aller se réfugier vers le sud du territoire où « ils seront plus tranquilles ». Et les Palestiniens partent vers le sud.

Puis l’armée de Tsahal entre dans Gaza « pour faire du nettoyage ». Les gens sont terrorisés mais les combattants du Hamas vont dans les tunnels. Les soldats d’Israël partent à la recherche des tunnels. Le Hamas s’y cache, alors il faut inonder les tunnels avec l’eau de la mer. Cela va empoisonner les sols ? Peu importe. L’essentiel est le résultat ! Malheureusement le seul résultat obtenu, c’est la détresse des gens. Oui, la détresse des gens. Ils sont affamés et pleurent leurs morts. Les enfants sont traumatisés par ce qu’ils voient, entendent et subissent.

Pendant ce temps les familles des otages israéliens tentent de faire entendre leurs voix et demandent un cessez-le feu et des négociations avec le Hamas. Celui-ci libère quelques otages en échange de quelques jours de trêve. Puis on recommence les bombardements et la chasse au Hamas. Le Hamas se cache dans un hôpital ou dans une école ? Pas de souci, on bombarde l’hôpital et l’école !

La communauté internationale s’en émeut ? Rien n’y changera, le rouleau compresseur poursuit sa marche, en détruisant tout sur son passage. Le Hamas est maintenant au sud de Gaza ? Il faut bombarder le sud ! Le Hamas est sous les tentes dans les camps de réfugiés ? Alors, il faut bombarder les camps de réfugiés. Plus rien n’arrête Israël !

Le ministère de la Santé du Hamas parle de 27 365 morts à la date du 4 février 2024.

Les instances internationales confirment ce triste bilan. Le personnel médical qui travaille pour l’ONU paye, lui aussi, un lourd tribut à cette guerre. Saisie par l’Afrique du Sud, la Cour internationale de justice demande à Israël d’empêcher par tous les moyens le génocide qui menace la population palestinienne de Gaza. Israël demeure inflexible.

Israël est-il en train de commettre un génocide sous nos yeux ? Chaque jour nous assistons à de nouveaux crimes de guerre et leur multiplication commence à s’apparenter à un génocide. Pour qualifier de génocide ce que nous voyons à Gaza, il faut établir le caractère intentionnel de ce que fait subir Israël aux habitants de Gaza. Ceux-ci ne peuvent s’enfuir, ils sont pris au piège. Israël tente de se justifier en disant qu’il ne cherche pas à nuire à la population civile mais seulement au Hamas. Mais ce que nous voyons ne va pas dans ce sens.

Nous voyons l’extrême souffrance des Palestiniens et le désespoir dans lequel ils se trouvent. Les dirigeants et le peuple d’Israël ne peuvent l’ignorer et ils doivent assumer les conséquences génocidaires de leur guerre. Les Israéliens les plus extrémistes disent ouvertement leur intention de « faire partir » c’est-à-dire chasser les Palestiniens de Gaza et récupérer ainsi le territoire à leur profit.

Gaza aujourd’hui c’est 1,7 million de personnes déplacées et réfugiées dans l’extrême sud du territoire sur un total d’un peu plus de deux millions d’habitants. C’est une population qui survit dans le plus extrême dénuement. C’est deux millions de vie détruites sur un territoire démoli.

Combien de temps faudra-t-il attendre pour que des voix pacifiques se fassent entendre en Israël ? Pour l’instant, seules les familles des otages qui demandent un cessez-le-feu semblent avoir compris que cette guerre est une impasse et qu’elle met en danger la vie de leurs proches détenus par le Hamas. Cette guerre ne permettra pas le démantèlement de cette organisation et ne fera que la renforcer. Seule la reconnaissance d’un État palestinien incluant la Cisjordanie et Gaza est de nature à apporter la sécurité aux habitants d’Israël et à toute la région.


Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « Courrier » n’engagent que leurs auteurs. Dans cet espace, « L’Orient-Le Jour » offre à ses lecteurs l’opportunité d’exprimer leurs idées, leurs commentaires et leurs réflexions sur divers sujets, à condition que les propos ne soient ni diffamatoires, ni injurieux, ni racistes.

Le 7 octobre 2023, le Hamas a lancé une attaque armée contre Israël en tuant délibérément 1 200 personnes, essentiellement parmi la population civile. Ce furent des habitants de kibboutz proches de la frontière de Gaza et des jeunes rassemblés à l’occasion d’une rave party, concert de musique électronique. Ce jour-là, les hommes du Hamas prirent en otage deux cent cinquante vies, des civils, y compris des enfants et des militaires.La création de l’État d’Israël en 1948 et les guerres israélo-arabes ont chassé le peuple palestinien de ses terres et l’ont mis au rang d’un sous-peuple au sein de l’État d’Israël et à l’intérieur des pays arabes qui ont accueilli ses réfugiés. Depuis 75 ans, les Palestiniens combattent pour le respect de leurs droits, pour leur dignité et pour disposer d’un...
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