Un soignant inspectant les dégâts dans une pièce de l'hôpital Nasser de Khan Younès, dans la bande de Gaza, après un bombardement israélien, le 17 décembre 2023. Photo d'archives AFP / Stringer
L'hôpital Nasser à Khan Younès, ville du sud de la bande de Gaza, est « complètement hors service », a déclaré Achraf al-Qidra, porte-parole du ministère de la Santé de Gaza, alors que l'armée israélienne encerclait l'établissement depuis une semaine.
L'établissement, le deuxième plus grand de l'enclave palestinienne, « n'est plus opérationnel, après un siège d'une semaine suivi du raid en cours », a indiqué de son côté le chef de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) Tedros Adhanom Ghebreyesus sur X. Il a ajouté qu' « hier et avant-hier, l'OMS n'a pas été autorisée à entrer dans l'hôpital pour évaluer l'état des patients et les besoins médicaux critiques, bien qu'elle ait atteint l'enceinte de l'hôpital pour livrer du carburant aux côtés de ses partenaires ».
Selon M. Ghebreyesus, il y a encore environ 200 patients à l'hôpital. « Au moins 20 d'entre eux doivent être orientés d'urgence vers d'autres hôpitaux pour recevoir des soins de santé », a-t-il dit, appelant à ce que « l'accès aux patients et à l'hôpital soit facilité ».

Le porte-parole du ministère a précisé à l'agence Reuters que « il n'y a plus que quatre équipes équipes médicales - 25 personnes - qui s'occupent actuellement des patients à l'intérieur de l'établissement ». Il a affimé que l'approvisionnement en eau de l'hôpital avait été interrompu parce que les générateurs étaient hors service depuis trois jours, que les eaux usées inondaient les salles d'urgence et que le personnel restant n'avait aucun moyen de traiter les patients en soins intensifs. Le manque d'oxygène, également dû à l'absence d'électricité, a causé la mort d'au moins sept patients.
Samedi, le ministère avait mis en garde contre le fait que « des nouveau-nés risquent de mourir dans les prochaines heures ».
En fin de semaine, les soldats israéliens avaient pénétré dans l'enceinte de l'hôpital, sur la base de renseignements selon lesquels des otages y sont retenus, avait indiqué l'armée en faisant état de l'arrestation de 100 personnes et de la découverte d'armes. En revanche, le ministère de la Santé du Hamas, avait affirmé pour sa part que « 70 membres du personnel médical de l'hôpital, dont des médecins (de l'unité de) soins intensifs » ont été arrêtés, tout comme « des dizaines de patients alors qu'ils étaient sur des lits d'hôpital » et qui ont été emmenés vers « une destination inconnue ».
Dimanche matin également, le Croissant-Rouge palestinien a indiqué sur X que des tirs d'artillerie israéliens ont visé le troisième étage de l'hôpital Al-Amal à Khan Younès.
Les hôpitaux sont une des cibles privilégiées de l'armée israélienne depuis le début de l'offensive à Gaza. Les soldats les prennent d'assaut, arguant que des otages s'y trouvent ou qu'ils constituent des caches pour des responsables du Hamas, sans toutefois étayer leurs accusations de preuves tangibles.
Un tel assaut avait notamment ciblé l'hôpital al-Shifa, le plus grand de la bande de Gaza, ainsi que d'autres établissements du Nord, comme l’hôpital al-Ahli, l'hôpital indonésien et l'al-Awde.



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