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Moyen-Orient - Guerre Israël-Hamas

Amnesty international brandit de « nouvelles preuves » sur un « risque réel » de génocide à Gaza

L’ONG base ses conclusions sur des enquêtes réalisées sur quatre frappes que l'armée israélienne n'a pas référencé dans son journal de guerre.

Amnesty international brandit de « nouvelles preuves » sur un « risque réel » de génocide à Gaza

Une fillette palestinienne se tient près d'une voiture criblée d'éclats lors d'un bombardement israélien à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, le 12 février 2024, Photo Saïd KHATIB/AFP

Amnesty International a publié un nouveau rapport exposant les résultats de plusieurs enquêtes faite par ses membres sur des d’attaques israéliennes dans la bande de Gaza, qui démontrent « que les forces israéliennes continuent de bafouer le droit international humanitaire, et anéantissent des familles entières en toute impunité. »

« Des familles entières ont été anéanties par des attaques israéliennes alors qu'elles s'étaient réfugiées dans des zones considérées comme sûres et qu'elles n'avaient pas été averties par les autorités israéliennes », a déclaré Erika Guevara-Rosas, directrice générale chargée de la recherche, du plaidoyer, de la politique et des campagnes d'Amnesty International.

« Ces attaques illustrent le fait que les forces israéliennes bafouent effrontément le droit international et contredisent les affirmations des autorités israéliennes selon lesquelles leurs forces prennent des précautions accrues pour minimiser les atteintes aux civils », a-t-elle encore affirmé.

Il ne s’agit pas du premier rapport de ce type publié par Amnesty International.


Une « tache sur la conscience collective »

L’ONG base ses conclusions sur des enquêtes réalisées sur « quatre frappes israéliennes, dont trois en décembre 2023, après la fin de la pause humanitaire, et une en janvier 2024, » qui ont tué au moins 95 civils, dont 42 enfants à Rafah, le gouvernorat le plus méridional de Gaza et à un moment où il était censé être la zone la plus "sûre" de l'enclave ».

Amnesty International affirme s’être rendu sur les sites des quatre attaques, avoir pris des photos et des vidéos des destructions et s’être entretenue avec 18 personnes au total, dont 14 survivants et quatre proches ayant participé aux opérations de sauvetage. « Le Crisis Evidence Lab de l'organisation a analysé des images satellite, des photos et des vidéos afin de géolocaliser et de vérifier les attaques et les destructions qui en ont résulté », a encore précisé l’ONG.

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« Parmi les personnes tuées lors de ces attaques illégales se trouvaient une petite fille qui n'avait pas encore trois semaines, un éminent médecin retraité de 69 ans, un journaliste qui accueillait des familles déplacées dans sa maison et une mère qui partageait son lit avec sa fille de 23 ans. Les témoignages des survivants endeuillés devraient rappeler que ces crimes atroces à Gaza sont une tache sur la conscience collective du monde », a encore déclaré Erika Guevara-Rosas.

L'organisation ajoute n’avoir trouvé aucune référence aux quatre frappes en question sur le « journal de guerre publié sur la page officielle de l'armée israélienne » ni obtenu de réponse de la part de l’État hébreu à des questions envoyées sur ces mêmes frappes les 19 et 30 janvier 2024.

C’est dans cette même zone que l’armée israélienne envisage de lancer une nouvelle offensive terrestre, opération qui pourrait faire des « dizaines de milliers de morts », selon le Hamas, tandis que les États-Unis ont appelé Israël à ne pas attaquer « sans plan crédible et réalisable » pour protéger la population.

« Une telle opération aura probablement des conséquences dévastatrices pour plus d'un million de personnes qui s'entassent dans une zone de 63 km2 à la suite de vagues successives de déplacements massifs », a pour sa part estimé Amnesty International.

Des attaques indiscriminées

Le constat d’Amnesty ne s’arrête pas là. Pour chacune des attaques sur lesquelles elle a enquêté, l’ONG affirme n’avoir trouvé « aucune indication que les bâtiments résidentiels touchés pouvaient être considérés comme des objectifs militaires légitimes ou que les personnes qui s'y trouvaient étaient des cibles militaires ». Un constat qui lui fait « craindre que ces frappes soient des attaques directes contre des civils et des biens civils et qu'elles doivent donc faire l'objet d'une enquête en tant que crimes de guerre », poursuit-elle.

« Même si les forces israéliennes avaient eu l'intention de viser des objectifs militaires légitimes dans les environs (…) elles ont été menées de manière indiscriminée », enchaîne-t-elle, soulignant que « les attaques aveugles qui tuent et blessent des civils sont des crimes de guerre ». L'organisation ajoute que les éléments recueillis « indiquent également que l'armée israélienne n'a pas donné d'avertissement efficace, voire aucun avertissement, avant de lancer les attaques, au moins à toute personne vivant dans les zones touchées. »

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Amnesty international précise en outre « que trois de ces attaques ont été menées la nuit, alors que des civils, notamment des familles déplacées d'autres régions, étaient susceptibles de se trouver à l'intérieur de leur maison, dans leur lit, ou s'y trouvaient déjà. »

L’ONG évoque ensuite la décision de la Cour internationale de justice saisie par l’Afrique du sud, qui a affirmé le 26 janvier dernier qu’Israël devait empêcher toute incitation possible au « génocide » à Gaza et ajouté que « les détails horribles de ces affaires renforcent l'urgence pour tous les États de faire pression en faveur d'un cessez-le-feu immédiat et durable ». Amnesty considère qu’il s’agit là d’une condition indispensable pour « mettre en œuvre les mesures (conservatoires) ordonnées par la Cour et souligne « l'importance d'imposer un embargo complet sur les armes à toutes les parties au conflit. »

Les détails des frappes

Amnesty international a aussi fourni dans son rapport le détail des quatre frappes, assorties de témoignages de survivants.

• La première date du 12 décembre 2023 et a eu lieu à 3h02 du matin. Selon l’ONG, « elle a directement touché deux maisons appartenant à la famille Harb dans le quartier d'al-Zouhour à Rafah, tuant 25 civils, dont 10 enfants, neuf hommes et six femmes, l'une d'entre elles étant enceinte de huit mois. Au moins 17 autres personnes ont été blessées. La frappe a complètement détruit les deux maisons et a gravement endommagé trois maisons adjacentes où se trouvaient certaines des victimes. »

• La seconde remonte au 14 décembre à 11h45. Elle a complètement détruit une maison de trois étages dans le quartier Brazil de Rafah, appartenant à Abdallah Shehada. Ce chirurgien retraité de 69 ans, ancien directeur de l'hôpital Abou Youssef al-Najjar, a été tué avec au moins 29 autres civils, dont 11 enfants, 7 hommes et 11 femmes. Au moins 10 autres personnes ont été blessées.

• La troisième frappe israélienne a été effectuée 19 décembre 2023, à 1h30 du matin. Selon l’ONG, elle a touché la maison à deux étages de Omar Zo'rob dans l'ouest de Rafah, tuant 22 civils, dont 11 enfants, sept hommes et quatre femmes. La victime la plus âgée de l'attaque, Omar Zo'rob, avait 75 ans, tandis que la plus jeune, sa petite-nièce Amira Aïcha, avait moins de trois semaines et n'était pas encore inscrite à l'état civil. La maison a été complètement détruite et au moins trois maisons adjacentes ont été gravement endommagées.

• Enfin la quatrième attaque a eu lieu le 9 janvier 2024, peu avant 23 heures. Elle a ciblé les deux derniers des cinq étages de l'immeuble de la famille Nofal, situé à Tall0 al-Sultan, un quartier vers lequel l'armée israélienne avait à plusieurs reprises ordonné aux habitants déplacés de fuir.

L'attaque a tué 18 civils, dont 10 enfants, quatre hommes et quatre femmes. Au moins huit autres personnes ont été blessées.

Amnesty International a publié un nouveau rapport exposant les résultats de plusieurs enquêtes faite par ses membres sur des d’attaques israéliennes dans la bande de Gaza, qui démontrent « que les forces israéliennes continuent de bafouer le droit international humanitaire, et anéantissent des familles entières en toute impunité. »« Des familles entières ont été anéanties par...

commentaires (2)

Les grands responsable de ce carnage sont les Americains et Europeens. Ils financent et arment Israel et pretendent qu'ils n'arrivent pas a arrete ces evenement meurtriers

Ma Realite

07 h 52, le 13 février 2024

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Commentaires (2)

  • Les grands responsable de ce carnage sont les Americains et Europeens. Ils financent et arment Israel et pretendent qu'ils n'arrivent pas a arrete ces evenement meurtriers

    Ma Realite

    07 h 52, le 13 février 2024

  • Sans commentaire…

    nabil samir

    22 h 39, le 12 février 2024

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