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Moyen-Orient - Guerre

Nouvelles frappes meurtrières israéliennes à Gaza, Blinken attendu dans la région

Les pourparlers pour une trêve se poursuivent, bien que celle-ci ne soit pas imminente en raison d’un blocage du Hamas, selon les Américains.

Israël a poursuivi ses frappes sur la bande de Gaza et tué au moins 127 Palestiniens en 24 heures, a indiqué dimanche le Hamas, avant une nouvelle mission du secrétaire d’État Antony Blinken au Moyen-Orient axée sur les tractations en vue d’une trêve. Alors que la guerre entrera mercredi dans son cinquième mois, le bilan des pertes dans la bande de Gaza s’élevait dimanche à 27 365 morts, en grande majorité des civils, selon le ministère de la Santé du mouvement islamiste. L’armée israélienne a elle annoncé dimanche la mort d’un soldat, portant le bilan des pertes israéliennes à 225 militaires dans l’enclave palestinienne depuis le début de sa campagne terrestre fin octobre.

Combats incessants

Dimanche, l’armée israélienne a de nouveau bombardé Khan Younès, dans le sud du territoire, où se cachent selon elle des responsables du mouvement islamiste palestinien. « La pression sur le Hamas fonctionne », a affirmé le ministre israélien de la Défense Yoav Gallant. « Ils sont dans une situation difficile et nous les frappons durement », a-t-il dit, après avoir assuré cette semaine que Rafah était le prochain objectif militaire. Selon un journaliste de l’AFP, des frappes aériennes ont visé cette ville frontalière de l’Égypte, au sud de l’enclave, où s’entassent selon l’ONU plus de 1,3 million de personnes ayant fui les combats et les bombardements qui ont dévasté le territoire assiégé. Une frappe a touché un jardin d’enfants dans la ville surpeuplée, a affirmé le bureau de presse des autorités du Hamas. Les craintes s’amplifient face à une possible offensive militaire contre cette ville où les déplacés installés dans des abris et des campements de fortune sont menacés par les pénuries et les épidémies. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a assuré que l’armée avait détruit « 17 des 24 bataillons » du Hamas. « La plupart de ceux qui restent sont dans le sud de la bande de Gaza et à Rafah, et on va s’en occuper », a-t-il ajouté.L’armée israélienne a en outre affirmé dimanche avoir investi à Gaza un complexe utilisé par le Hamas pour préparer l’attaque du 7 octobre. « Le complexe al-Qadsia a servi de centre d’entraînement pour le Hamas afin de former les terroristes », a affirmé l’armée dans un communiqué, décrivant notamment des maquettes d’entrées de kibboutz, de bases militaires et de véhicules blindés israéliens. Les soldats disent aussi avoir pénétré dans le bureau de Mohammad Sinouar, un des commandants de la branche armée du Hamas, les Brigades al-Qassam, et frère de Yahya Sinouar, chef du Hamas à Gaza, considéré comme la tête pensante de l’attaque du 7 octobre.

Trêve toujours en discussion

Sur le front diplomatique, des tractations se poursuivent néanmoins pour parvenir à une seconde trêve, plus longue que celle d’une semaine qui avait permis fin novembre la libération d’une centaine d’otages retenus à Gaza en échange de Palestiniens détenus par Israël. Quelque 250 personnes ont été enlevées le 7 octobre, selon Israël, et 132 otages sont toujours retenus dans l’enclave. Parmi eux, 28 ont été déclarés morts par l’armée israélienne. Selon une source du Hamas, la proposition prévoit d’abord une trêve de six semaines avec la libération de 200 à 300 Palestiniens détenus en Israël en échange de 35 à 40 otages. À Beyrouth, un responsable du Hamas, Oussama Hamdane, avait jugé samedi prématuré de parler d’un accord sur une trêve, estimant que le projet élaboré par les médiateurs qatari, américain et égyptien à Paris fin janvier était « un accord-cadre qui a besoin d’être étudié » par le mouvement palestinien. Le Hamas, qui a pris le pouvoir à Gaza en 2007, exige un cessez-le-feu total en préalable à tout accord. Ce que refuse Benjamin Netanyahu, malgré la pression des familles des otages qui manifestent quasi quotidiennement pour demander la libération de leurs proches. « Notre but est d’aboutir à un accord sur les otages le plus vite possible. Mais cela incombe au Hamas », a pour sa part déclaré le conseiller à la sécurité nationale de la Maison-Blanche, Jake Sullivan, dans une interview à la chaîne ABC News. « Le Hamas devra accepter un accord qui garantira le retour des otages et nous continuerons à faire pression dans toutes les directions pour que cela advienne », a-t-il poursuivi. « Je ne peux pas dire que c’est imminent », a-t-il indiqué en répondant à une question sur cet éventuel accord. « À l’heure actuelle, je ne peux pas vous dire que c’est pour bientôt », a-t-il ajouté.Son collègue Antony Blinken, dont le pays est le principal soutien d’Israël, devrait quitter dimanche Washington pour le Moyen-Orient pour soutenir ces tractations. Il doit se rendre au Qatar, en Égypte, en Israël, en Cisjordanie occupée et en Arabie saoudite. Le nouveau chef de la diplomatie française Stéphane Séjourné, également en tournée régionale axée sur les mêmes tractations, s’est entretenu dimanche au Caire avec le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi et son homologue Sameh Shoukry. La France œuvre « en faveur d’un cessez-le-feu, mais nous devons également préparer le retour de l’Autorité palestinienne à Gaza avec une gouvernance renouvelée », a-t-il dit en marge d’une rencontre avec M. Shoukry. Paris « refuse » également tout « déplacement forcé » de la population gazaouie bloquée à Rafah vers l’Égypte, un mouvement qui pourrait créer de nouveaux réfugiés de Palestine, a-t-il souligné.

Netanyahu salue ses « amis américains »

Le Premier ministre israélien a en outre répondu dimanche aux critiques émanant de son ministre de la Sécurité nationale, l’ultranationaliste d’extrême droite Itamar Ben Gvir, sur une supposée insuffisance de l’aide des États-Unis dans sa guerre contre le Hamas. Le sulfureux ministre avait dénoncé dans une interview dimanche au Wall Street Journal la politique dans la région du président américain Joe Biden. « Au lieu de nous apporter tout son soutien, Biden s’occupe de fournir une aide humanitaire et du carburant (à Gaza), qui va au Hamas, a déclaré M. Ben Gvir. Si (l’ancien président Donald) Trump était au pouvoir, la conduite des États-Unis serait complètement différente » En réponse, le Premier ministre israélien a tenu à saluer ses « amis américains » en soulignant leur « soutien en termes d’armements, soutien pour les institutions internationales, envoi de troupes dans la région »... Tout en rappelant qu’Israël prenait ses « propres décisions, y compris dans les cas où il n’y aurait pas d’accord avec nos amis américains ». Le nord du territoire israélien est par ailleurs visé quotidiennement depuis la frontière avec le Liban, fief du Hezbollah libanais. L’armée israélienne a indiqué dimanche avoir détruit des sites d’où selon elle le mouvement chiite, un des alliés régionaux du Hamas, avait lancé des missiles, et des postes d’observation du Hezbollah dans le sud du Liban.

Adel ZAANOUN, avec Béatrice

LE BOHEC à Jérusalem/AFP

Israël a poursuivi ses frappes sur la bande de Gaza et tué au moins 127 Palestiniens en 24 heures, a indiqué dimanche le Hamas, avant une nouvelle mission du secrétaire d’État Antony Blinken au Moyen-Orient axée sur les tractations en vue d’une trêve. Alors que la guerre entrera mercredi dans son cinquième mois, le bilan des pertes dans la bande de Gaza s’élevait dimanche à 27 365 morts, en grande majorité des civils, selon le ministère de la Santé du mouvement islamiste. L’armée israélienne a elle annoncé dimanche la mort d’un soldat, portant le bilan des pertes israéliennes à 225 militaires dans l’enclave palestinienne depuis le début de sa campagne terrestre fin octobre.Combats incessantsDimanche, l’armée israélienne a de nouveau bombardé Khan Younès, dans le sud du territoire, où se cachent...
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