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Moyen-Orient - Conflit

Washington va continuer de fournir des armes à Israël mais plaide pour davantage d’aide humanitaire à Gaza

Human Rights Watch a accusé lundi Israël d’utiliser « la famine des civils comme technique de guerre dans la bande de Gaza occupée, ce qui constitue un crime de guerre ».

Washington va continuer de fournir des armes à Israël mais plaide pour davantage d’aide humanitaire à Gaza

Un chauffeur attend dans son camion rempli d’aide humanitaire, côté égyptien, au poste frontière de Rafah avec la bande de Gaza, le 18 décembre 2023. Ibraheem Abu Mustafa/Reuters


Les États-Unis ont dit lundi être prêts à « continuer à fournir » des armes à Israël, tout en appelant à acheminer davantage d’aide à Gaza, où les frappes israéliennes ont encore tué des dizaines de Palestiniens et la situation humanitaire reste catastrophique. En visite lundi en Israël, le chef du Pentagone Lloyd Austin a assuré au Premier ministre Benjamin Netanyahu que les États-Unis continueraient à « fournir à Israël l’équipement dont vous avez besoin (...), y compris des munitions critiques, des véhicules tactiques et des systèmes de défense aérienne ». Les États-Unis ne souhaitent pas « imposer un calendrier » à Israël, a-t-il encore dit, alors que Washington commençait à montrer ces derniers jours des signes d’impatience face à son allié israélien, dans un contexte marqué par une indignation internationale croissante face aux très lourdes pertes civiles dans le territoire palestinien géré par le mouvement islamiste palestinien Hamas.Le dernier bilan du ministère de la santé de Gaza a décompté lundi dans l’enclave palestinienne 19 453 tués, en majorité des femmes, des enfants et des adolescents, morts sous les frappes israéliennes intenses menées depuis le 7 octobre pour anéantir le Hamas, selon l’objectif fixé par les autorités israéliennes en représailles aux attaques sanglantes du groupe armé en Israël. Le 7 octobre, des commandos du Hamas avaient lancé depuis la bande de terre palestinienne une offensive sans précédent, faisant environ 1 140 morts, en majorité des civils, selon un décompte de l’AFP à partir des derniers chiffres officiels israéliens disponibles. Quelque 250 personnes avaient été prises en otages, dont 129 sont toujours retenues à Gaza, selon les autorités israéliennes. De nouvelles frappes israéliennes ont fait dimanche et lundi des dizaines de morts, selon le Hamas, qui a par ailleurs diffusé des images présentées comme celles d’un véhicule militaire israélien touché par un missile, au nord-est de Beit Lahya, à la pointe nord de la bande de Gaza. L’armée israélienne a perdu deux soldats lundi, portant le bilan des militaires tués depuis le début du conflit à 128.

La famine comme arme, accuse HRW

Alors que l’aide internationale, dont l’entrée est soumise à l’autorisation d’Israël, arrive en quantité très limitée, le ministre américain de la Défense a mis en avant avec son interlocuteur israélien la nécessité de « fournir une aide humanitaire accrue aux près de deux millions de personnes déplacées à Gaza » et de « mieux répartir cette aide ». Destructions considérables, déplacements massifs de populations civiles, hôpitaux hors service ou pris dans les combats, sur un territoire soumis par Israël à un siège total depuis le 9 octobre : la situation humanitaire reste désastreuse. L’organisation Human Rights Watch (HRW) a accusé lundi Israël d’utiliser « la famine des civils comme technique de guerre dans la bande de Gaza occupée, ce qui constitue un crime de guerre ». « L’armée israélienne bloque délibérément l’accès à l’eau potable, à la nourriture et au carburant, tout en entravant intentionnellement l’aide humanitaire, en détruisant semble-t-il des zones agricoles et en privant la population civile de produits indispensables à sa survie », souligne HRW. Le gouvernement israélien a réagi en qualifiant l’organisation d’« antisémite et anti-israélienne ».Environ 1,9 million d’habitants, soit 85 % de la population, ont été déplacés par la guerre. Beaucoup de ces déplacés ont dû fuir à plusieurs reprises, survivant à l’arrivée de l’hiver dans des camps de fortune, sans électricité, où l’eau, la nourriture, les médicaments et le carburant manquent. Plusieurs hôpitaux, dont la plupart sont hors service, ont été pris dans les combats. Israël accuse le Hamas, classé organisation terroriste par les États-Unis, l’Union européenne et Israël, de s’en servir comme bases et d’utiliser les civils comme des « boucliers humains », ce que le mouvement palestinien dément. L’hôpital al-Chifa, le plus grand du territoire, dans la ville de Gaza, ainsi que l’hôpital Nasser de Khan Younès, le plus grand du sud de Gaza, ont été visés dimanche et lundi par des frappes meurtrières, selon le Hamas.

Au poste frontière de Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, de nombreuses familles s’entassent dans l’attente d’un hypothétique passage vers l’Égypte. « Nous sommes là depuis un mois environ. Je supplie le président (égyptien) de me laisser passer. (...) Nous allons mourir, il y a très peu de nourriture et nous ne sommes pas protégés », a imploré lundi Safa Fethi Hamad, une habitante de Gaza.

Négociations sur les otages

Sur le plan diplomatique, 10 jours après un veto américain, le Conseil de sécurité de l’ONU envisageait de se prononcer lundi ou mardi sur un nouveau texte appelant à une « cessation urgente et durable des hostilités » à Gaza. À l’heure de mettre sous presse, le Conseil n’avait pas encore commencé sa séance concernant la guerre dans l’enclave palestinienne. En parallèle, des tractations se poursuivent pour la mise en œuvre d’une nouvelle trêve. Le Qatar, principal médiateur avec les États-Unis et l’Égypte, a assuré que des « efforts diplomatiques étaient en cours pour renouveler la pause humanitaire ». D’après le site d’information Axios, le patron de la CIA, Bill Burns, a rencontré à Varsovie des responsables israéliens et qataris en vue de nouvelles négociations sur la libération d’otages. Une pause de sept jours avait permis fin novembre la libération de 105 otages à Gaza, dont 80 en échange de 240 Palestiniens détenus dans des prisons israéliennes. Le Hamas a diffusé lundi soir une vidéo de trois otages israéliens âgés en vie. Vendredi, l’armée avait admis avoir tué par erreur dans la ville de Gaza trois otages âgés de 25 à 28 ans qui avaient pourtant brandi un drapeau blanc et parlé en hébreu.

Tensions dans la région

Par ailleurs, les inquiétudes restent fortes sur une extension du conflit. En Cisjordanie occupée, où les tensions sont de plus en plus vives, quatre Palestiniens ont été tués dans un nouveau raid israélien, selon le ministère palestinien de la Santé. À Beyrouth, la cheffe de la diplomatie française Catherine Colonna a appelé lundi le Liban à faire preuve de retenue pour éviter une escalade dans le sud du pays frontalier d’Israël, après avoir lancé un appel similaire, la veille, auprès de responsables israéliens. En Israël, le chef du Pentagone Lloyd Austin a lui appelé « le Hezbollah à veiller à ce qu’il ne fasse pas de choses qui pourraient provoquer un conflit plus large ».En mer Rouge, les rebelles houthis du Yémen ont à nouveau revendiqué lundi des attaques contre deux navires « liés à Israël », selon eux. « En ce qui concerne les houthis, ces attaques sont irresponsables, dangereuses et violent le droit international. C’est pourquoi nous prenons des mesures pour constituer une coalition internationale afin de faire face à cette menace », a déclaré le ministre américain de la Défense Lloyd Austin.

Adel ZAANOUN, avec Claire GOUNON à Jérusalem/AFP

Les États-Unis ont dit lundi être prêts à « continuer à fournir » des armes à Israël, tout en appelant à acheminer davantage d’aide à Gaza, où les frappes israéliennes ont encore tué des dizaines de Palestiniens et la situation humanitaire reste catastrophique. En visite lundi en Israël, le chef du Pentagone Lloyd Austin a assuré au Premier ministre Benjamin Netanyahu que les États-Unis continueraient à « fournir à Israël l’équipement dont vous avez besoin (...), y compris des munitions critiques, des véhicules tactiques et des systèmes de défense aérienne ». Les États-Unis ne souhaitent pas « imposer un calendrier » à Israël, a-t-il encore dit, alors que Washington commençait à montrer ces derniers jours des signes d’impatience face à son allié israélien, dans un contexte marqué par une...
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