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Le Conseil de l'Europe critique Rome qui "criminalise" les ONG

Les locaux du Conseil de l'Europe. Photo Frederick Florin/AFP

Le Conseil de l'Europe a condamné jeudi la "criminalisation" par l'Italie des ONG sauvant les migrants en Méditerranée et a émis des inquiétudes concernant la coopération de Rome avec la Libye et la Tunisie dans ce domaine.

L'Italie est un pays en première ligne pour la migration vers l'Europe et le gouvernement ultra-conservateur de Giorgia Meloni a pris de nombreuses mesures pour restreindre les activités des navires des ONG qui sauvent les personnes tentant la traversée périlleuse de la Méditerranée depuis l'Afrique du Nord. 

En février, le Parlement italien a approuvé un décret gouvernemental qui limite les navires à un sauvetage à la fois, les obligeant à naviguer immédiatement vers les ports assignés, qui sont souvent éloignés. 

Dunja Mijatovic, commissaire aux droits de l'homme du Conseil de l’Europe, a exhorté l'Italie dans un rapport "à abroger les politiques et à mettre fin aux pratiques qui entravent les opérations de recherche et de sauvetage des ONG en mer".

"La criminalisation des activités (des ONG) va à l'encontre des obligations de l'Italie en vertu du droit international" et "la pratique consistant à attribuer des lieux de sécurité éloignés entrave la fourniture d'une assistance vitale", a déclaré Mme Mijatovic.

Selon Médecins Sans Frontières (MSF), qui affrète l'un des navires, les autorités italiennes ont immobilisé six navires de sauvetage au cours des neuf premiers mois de 2023 pour avoir enfreint les règles du décret. 

Les navires ont été immobilisés pendant un total de 160 jours, soit plus de cinq mois, a indiqué MSF en novembre. La pratique de l'assignation de ports éloignés a forcé le navire de MSF, le Geo Barents, à parcourir 28.000 kilomètres supplémentaires, soit environ 70 jours de navigation.

Mme Mijatovic a également déclaré que la coopération des autorités italiennes avec la Libye et la Tunisie dans le domaine des migrants est "une source d'inquiétude (...) du point de vue des droits de l'homme" non respectés dans ces deux pays. 

Rome travaille avec les garde-côtes libyens et tunisiens, en leur fournissant des financements et des formations pour leur permettre d'intercepter et de renvoyer à terre les personnes qui tentent de partir vers l'Italie.

Dans sa réponse, l'Italie a indiqué que la coopération avec la Libye et la Tunisie était "cruciale pour démanteler les réseaux locaux de passeurs et de trafiquants de migrants, qui autrement opéreraient sans être dérangés, exploitant des milliers de migrants dans un état de vulnérabilité et mettant leur vie en danger".

Le Conseil de l'Europe a condamné jeudi la "criminalisation" par l'Italie des ONG sauvant les migrants en Méditerranée et a émis des inquiétudes concernant la coopération de Rome avec la Libye et la Tunisie dans ce domaine.

L'Italie est un pays en première ligne pour la migration vers l'Europe et le gouvernement ultra-conservateur de Giorgia...