Rechercher
Rechercher

Moyen-Orient - CONFLIT

Après le veto US à l’ONU, Israël combat sans relâche le Hamas... qui ne libérera pas d’otages « sans négociation »

Après le veto US à l’ONU, Israël combat sans relâche le Hamas... qui ne libérera pas d’otages « sans négociation »

Des soldats israéliens lors d’une opération dans le quartier de Chajaïya de la ville de Gaza, le 8 décembre. Yossi Zeliger/Reuters

L’armée israélienne continue de livrer dimanche d’intenses batailles contre le Hamas dans la bande de Gaza et bombarde la petite langue de terre palestinienne assiégée, tandis que le mouvement islamiste affirme que les otages qu’il retient ne sortiront pas « vivants » sans « négociation ». Alors que près de 18 000 personnes, en grande majorité des femmes et des enfants, sont mortes depuis le début de la guerre, d’après le ministère de la Santé du mouvement islamiste au pouvoir à Gaza depuis 2007, la population civile de l’enclave est acculée dans un périmètre de plus en plus exigu. Le système de santé menace de « s’écrouler », a prévenu l’Organisation mondiale de la santé (OMS), tandis que le bilan des victimes ne cesse de s’alourdir.Des frappes israéliennes massives ont été lancées en représailles suite à une attaque d’une ampleur sans précédent menée le 7 octobre par des commandos du Hamas infiltrés en Israël depuis la bande de Gaza voisine, durant laquelle 1 200 personnes, en majorité des civils, ont été tuées, selon les autorités israéliennes. Le secrétaire d’État américain Antony Blinken, tout en reconnaissant qu’Israël doit « se protéger » face à « une organisation terroriste », a réclamé dimanche des « opérations militaires conçues autour de la protection des civils » avec plus de pauses et couloirs humanitaires. Sa déclaration intervient néanmoins au lendemain d’un vote au Conseil de sécurité de l’ONU sur une résolution soutenue par une centaine de pays et proposée par les Émirats arabes unis pour appeler à un « cessez-le-feu humanitaire immédiat », que Washington a fait échouer en y opposant son veto en tant que membre permanent de l’instance. Se félicitant du vote américain, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a néanmoins fait part dimanche au président russe Vladimir Poutine de son « mécontentement » après le vote de la Russie en faveur de la résolution, dans leur première conversation depuis le début du conflit, alors que le dirigeant russe s’est montré critique à l’égard d’Israël, dénonçant une « catastrophe » humanitaire et appelant à la création d’un État palestinien.

Punition collective

L’armée israélienne ne montre pourtant aucune intention de ralentir. La guerre continuera « aussi longtemps qu’il le faut pour s’assurer que le Hamas ne peut jamais plus faire de mal à notre peuple », a ainsi affirmé le porte-parole du gouvernement israélien Eylon Levy au lendemain de propos similaires tenus par Benjamin Netanyahu. Le Hamas a répliqué qu’aucun otage ne sortira « vivant » de Gaza « sans un échange et une négociation, et sans répondre aux exigences » du groupe islamiste. Quelque 240 personnes ont été enlevées et emmenées dans la bande de Gaza le 7 octobre par le Hamas et d’autres groupes, et 137 y sont encore captives, selon Israël. Le Premier ministre du Qatar, principal médiateur entre les belligérants, a quant à lui assuré dimanche que les efforts « se poursuivent » en vue d’une trêve, mais que les bombardements israéliens incessants en « réduisent les possibilités ». Lors d’une trêve d’une semaine fin novembre, 105 otages, dont 80 Israéliens, ont été relâchés en échange de 240 prisonniers palestiniens. Samedi, à Tel-Aviv, des centaines de personnes s’étaient rassemblées à nouveau sur la « place des Otages », munies de pancartes portant des messages tels que « Ils nous font confiance pour les sortir de l’enfer » ou « Ramenez-les à la maison maintenant ».

Dans la bande de Gaza, les bombardements réduisent en ruine des quartiers entiers. D’après l’ONU, ils ont déplacé quelque 1,9 million de Palestiniens vers des zones du Sud, soit 85 % de la population du petit territoire. Tôt dimanche, l’aviation israélienne a mené des « raids très violents » près de Khan Younès, deuxième ville de l’enclave, située dans le Sud, et sur la route menant à Rafah, frontalière de l’Égypte, a indiqué le Hamas, classé organisation terroriste par les États-Unis et l’Union européenne notamment. Au sol, de violentes batailles opposent les soldats aux combattants palestiniens, principalement dans la région de Khan Younès, ou encore dans le Nord, à Jabalia et dans la ville de Gaza, d’après les protagonistes. Les combattants palestiniens ont continué à tirer des roquettes en direction d’Israël, en majorité interceptées.

Un enfer

Au pied de bâtiments détruits de l’hôpital al-Chifa, à Gaza-Ville, des centaines de tentes de fortune se dressent au milieu d’un paysage désolé, entre tas de gravats et d’ordures. Au moins 30 000 personnes sont venues se réfugier dans l’enceinte de l’établissement pris pour cible mi-novembre par les forces israéliennes, car il aurait abrité un centre de commandement du Hamas. Dimanche, un journaliste de l’AFP s’est entretenu avec des personnes qui disent manquer de tout : du lait infantile aux bâches pour se protéger de la pluie et du froid. « Notre vie est devenue un enfer, il n’y a pas d’électricité, pas d’eau, pas de farine, pas de pain, pas de médicaments pour les enfants, qui sont tous malades », se désole Mohammad Daloul, 38 ans, père de trois enfants, qui décrit « des bombardements et des tirs » aux abords de l’hôpital. L’armée israélienne continue pendant ce temps de pousser la population civile de la bande de Gaza à quitter plusieurs zones pour se réfugier dans le Sud. Des milliers de Gazaouis fuient comme ils le peuvent, en charrette, à pied ou à moto. Tout au sud du petit territoire côtier, la ville de Rafah est transformée en camp de fortune où des tentes ont été montées à la hâte avec des bouts de bois, des bâches en plastique et des draps.

Le patron de l’OMS Tedros Adhanom Ghebreyesus a averti dimanche que le système de santé est « à genoux » à Gaza, et l’organisation a adopté une résolution réclamant une aide humanitaire immédiate pour le territoire assiégé. Ces derniers jours, l’OMS et d’autres ONG ont alerté sur la propagation de maladies à cause de la surpopulation, combinée au manque de nourriture, d’eau, d’abris et d’assainissement adéquats. Des binationaux, bloqués, espéraient toujours pouvoir sortir du territoire palestinien auquel Israël impose depuis le début de la guerre un siège total. « Nous sommes coincés depuis 18 jours », se désole Noura el-Sayed Hassan, 38 ans et détentrice d’un passeport égyptien, qui décrit un manque d’accès aux toilettes, aux soins et à la nourriture, et des bombardements aux alentours. Le patron de l’Agence de l’ONU pour les réfugiés palestiniens (Unrwa) Philippe Lazzarini a accusé Israël de préparer le terrain à l’expulsion massive des Palestiniens de Gaza vers l’Égypte, une accusation rejetée par les autorités israéliennes.

Les autres fronts et opérations

La guerre a aussi fait flamber les violences en Cisjordanie, territoire palestinien occupé depuis 1967 par Israël, où plus de 260 Palestiniens ont été tués par des tirs de soldats ou de colons israéliens depuis le 7 octobre, selon l’Autorité palestinienne. Dimanche, de nombreux Palestiniens ont défilé dans les rues de la localité de Azzoun, certains portant le corps de Mahmoud Bassem Abou Haniyé, un jeune homme de 17 ans tué par les forces israéliennes, enveloppé dans le drapeau palestinien. Au nord d’Israël, l’armée a fait état de plusieurs soldats blessés dans des tirs de roquettes en provenance du Liban-Sud et l’aviation a riposté par des raids sur « des cibles terroristes du Hezbollah », un allié du Hamas.

À Chypre, la police a déclaré avoir arrêté deux personnes pour raison de « sécurité nationale » et enquêter sur une « affaire liée au terrorisme », tandis que le bureau du Premier ministre israélien affirme que l’État hébreu et les autorités chypriotes ont déjoué un projet iranien visant à attaquer des « cibles israéliennes et juives » sur l’île méditerranéenne.Des manifestations propalestiniennes pour demander un cessez-le-feu à Gaza ont également vu des milliers de personnes défiler à Sanaa, Rabat, au Liban, après Paris et Londres, ou encore Dubaï, samedi, dans le cadre de la COP28 sur le climat.

Mai YAGHI avec Claire GOUNON à Jérusalem/AFP

L’armée israélienne continue de livrer dimanche d’intenses batailles contre le Hamas dans la bande de Gaza et bombarde la petite langue de terre palestinienne assiégée, tandis que le mouvement islamiste affirme que les otages qu’il retient ne sortiront pas « vivants » sans « négociation ». Alors que près de 18 000 personnes, en grande majorité des femmes...

commentaires (1)

Une frégate « up to date », coopérant avec des frégates et porte-avion anglo-saxon en mer rouge. Une FLOTTE MILITAIRE dans la Méditerranée. Cela pour couvrir le Carnage israélien à GAZA et AILLEURS. Pensant « FAIRE BIEN » ils envoient un RAFIOT HÔPITAL tout rouillé avec des first aid kits ! En plus un « VETO » CONTRE : à l’ARRÊT de la boucherie. – HYPOCRITES – L’origine de nos maux ce sont les CROISADES !! Certains accusent la Perse/ lran pourtant eux c’est + 4000 ans d’histoire d’ÉVOLUTION au PROCHE et MOYEN-ORIENT !! Les Yéménites, l’ont compris. Qui dit mieux ?

aliosha

10 h 05, le 11 décembre 2023

Tous les commentaires

Commentaires (1)

  • Une frégate « up to date », coopérant avec des frégates et porte-avion anglo-saxon en mer rouge. Une FLOTTE MILITAIRE dans la Méditerranée. Cela pour couvrir le Carnage israélien à GAZA et AILLEURS. Pensant « FAIRE BIEN » ils envoient un RAFIOT HÔPITAL tout rouillé avec des first aid kits ! En plus un « VETO » CONTRE : à l’ARRÊT de la boucherie. – HYPOCRITES – L’origine de nos maux ce sont les CROISADES !! Certains accusent la Perse/ lran pourtant eux c’est + 4000 ans d’histoire d’ÉVOLUTION au PROCHE et MOYEN-ORIENT !! Les Yéménites, l’ont compris. Qui dit mieux ?

    aliosha

    10 h 05, le 11 décembre 2023

Retour en haut