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Moyen-Orient - Focus

« Nous n’avons pas de superpouvoirs », se défend un CICR attaqué de toutes parts

« Nous n’avons pas de superpouvoirs », se défend un CICR attaqué de toutes parts

Un véhicule du CICR transportant des otages israéliens relâchés par le Hamas, le 29 novembre. Reuters/Reuters TV

Le Comité international de la Croix-Rouge, accusé d’en faire trop peu pour les otages à Gaza comme il l’avait été en Ukraine pour les prisonniers de guerre, rappelle qu’il n’a pas de « superpouvoirs » et dépend de la bonne volonté des belligérants.

« De temps en temps, nous devons dire aux gens que nous ne sommes pas à l’épreuve des balles. Nous n’avons pas de superpouvoirs. Nous ne pouvons mener une action humanitaire que si les autorités d’une région donnée nous en donnent l’autorisation », explique un porte-parole du Comité international de la Croix-Rouge à Genève, Jason Straziuso.

Ces derniers jours, les véhicules du CICR, une organisation vieille de 160 ans et dont les principes fondamentaux sont la neutralité et la confidentialité, ont permis de transporter des otages retenus dans la bande de Gaza enlevés lors de l’attaque du mouvement islamiste Hamas le 7 octobre sur le sol israélien. Elle a fait 1 200 morts, en grande majorité des civils, selon les autorités israéliennes. En représailles, les frappes de l’armée israéliennes sur Gaza ont fait plus de 14 850 morts, dont de nombreux enfants, d’après le gouvernement du mouvement islamiste palestinien.

Depuis le début de la guerre, le CICR est la cible – en particulier sur les réseaux sociaux – de virulentes critiques. Certains estiment qu’il devrait négocier pour faire libérer plus d’otages, d’autres s’étonnent qu’il ne visite pas ceux qui restent aux mains des milices islamistes dans le territoire palestinien.

À l’inverse, certains estiment qu’il devrait exercer des pressions pour qu’Israël libère plus de détenus palestiniens ou autorise l’acheminement de plus d’aide à Gaza.

Pas une agence de renseignements

À Genève, le CICR entend bien ces attentes liées à une « émotion intense », mais « souvent, ces critiques montrent un manque de compréhension de la façon dont nous travaillons ou des limites de notre travail », rappelle son porte-parole.

« Les organisations humanitaires en général et le CICR en particulier ne peuvent pas se substituer au travail politique qui consiste à mettre un terme d’abord à cette guerre puis, dans un second temps, au régime d’apartheid qui l’a engendrée », explique pour sa part Julie Billaud, professeure à l’Institut de hautes études internationales et du développement de Genève. « Notre horizon politique a tellement été amoindri en fait qu’on n’a plus comme perspective qu’une perspective humanitaire », dit-elle.

Le CICR affirme ne pas savoir où se trouvent les otages. « Nous ne sommes pas une agence de renseignements », insiste son porte-parole, rappelant aussi qu’aller voir les otages sans l’autorisation du Hamas pourrait les mettre en péril, ainsi que les humanitaires.

Une autre difficulté, explique Marco Sassòli, professeur au département de droit international public et organisation internationale de l’Université de Genève, « est que les otages, contrairement à des prisonniers, devraient être libérés sans condition ni négociation si le droit humanitaire était respecté ». Donc « le CICR offre ses services comme intermédiaire neutre, mais il ne va pas négocier la libération d’otages », indique l’expert, qui a travaillé pour cette organisation.

Les méchants et les bons

Depuis l’invasion russe en Ukraine, le CICR s’est déjà retrouvé, souvent et vertement, critiqué par le président ukrainien Volodymyr Zelensky, qui lui a reproché de ne pas faire assez pour avoir accès aux soldats ukrainiens faits prisonniers par les forces russes. Le CICR s’est également vu reprocher de ne pas détailler combien de prisonniers de guerre il a pu voir du côté russe et d’avoir envoyé son ancien président à Moscou pour y rencontrer le chef de la diplomatie russe. M. Sassòli reconnaît qu’il y a dans le monde « de moins en moins de compréhension pour la neutralité » et « qu’il faut prendre position, qu’il y a les méchants et les bons ». Pourtant, « si le CICR ne négociait qu’avec les bons, il ne négocierait avec presque plus personne dans les conflits armés », indique-t-il.

Mais il se souvient que l’organisation a aussi été critiquée dans le passé, « par exemple en Bosnie, lorsque le CICR devait inévitablement travailler à la fois avec les Serbes et les Bosniaques musulmans, alors que les Serbes étaient vus comme les grands violateurs du droit humanitaire et les agresseurs ».

Après la Seconde Guerre mondiale également, le manque d’action du CICR face aux nazis, en particulier pour obtenir accès aux camps de concentration, avait également été critiqué, poussant l’organisation à présenter des excuses.

Source : AFP

Le Comité international de la Croix-Rouge, accusé d’en faire trop peu pour les otages à Gaza comme il l’avait été en Ukraine pour les prisonniers de guerre, rappelle qu’il n’a pas de « superpouvoirs » et dépend de la bonne volonté des belligérants.« De temps en temps, nous devons dire aux gens que nous ne sommes pas à l’épreuve des balles. Nous n’avons pas de...

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