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Économie - Restrictions bancaires

La Banque du Liban assouplit les conditions d’éligibilité à la circulaire N°158

Les nouvelles modalités du mécanisme qui permet aux clients de retirer 300 ou 400 dollars de leurs comptes restreints incluent désormais les déposants qui ont décidé de changer de banque après le 31 octobre 2019.

La Banque du Liban assouplit les conditions d’éligibilité à la circulaire N°158

L'une des entrées secondaires de la Banque du Liban, quartier Hamra à Beyrouth. Photo P.H.B

La guerre entre le Hamas et Israël a presque fait oublier que le Liban n’avait toujours pas réglé le problème des restrictions bancaires qui, en quatre ans de crise, ont empêché nombre de déposants de disposer librement de leur argent. Vu que le Parlement n’a toujours pas légiféré sur le sujet, ce sont toujours les circulaires de la Banque du Liban qui aménagent ou légitiment, selon le point de vue, ces restrictions.

Quasiment muette depuis le début de la guerre le 7 octobre dernier, la Banque centrale vient justement de modifier un de ces dispositifs, dicté par la circulaire principale N°158, afin d’en élargir les conditions d’éligibilité afin d'inclure certaines catégories de déposants qui ont changé de banque au Liban après le début de la crise.

La circulaire 158 autorise chaque mois des bénéficiaires sélectionnés, selon des modalités précises, à retirer  300 ou 400 dollars « frais » des comptes de « dollars bancaires » ou « lollars ». Cette expression désigne les fonds en devises déposés avant le 19 novembre 2019. C’est à cette date, alors que le pays venait à peine de basculer dans la crise, que les banques ont généralisé les restrictions et que les clients des banques ne pouvaient plus retirer leurs dollars en espèces, ou en livres libanaises au taux réel du marché, alors que la livre a perdu 98 % de sa valeur en quatre ans.

L'ABL aurait demandé des clarifications

La circulaire intermédiaire N°682 publiée vendredi pour modifier le mécanisme de base inclut désormais les déposants qui ont décidé de changer d’établissement bancaire au Liban après le 31 octobre 2019, alors qu’ils étaient exclus jusqu’ici. Le nouveau texte rend également éligible les titulaires de comptes joints approvisionnés à partir d’un compte individuel après le 31 octobre et vice-versa, alors qu’ils étaient aussi exclus selon les anciennes modalités.

Pour mémoire

La baisse des réserves de devises du Liban s’est accélérée en septembre

Selon une source bancaire souhaitant rester anonyme, il s’agit en majorité de clients qui ont décidé de répartir leurs fonds entre plusieurs banques et comptes différents quand les premières rumeurs de haircut ont commencé à circuler (ponction unilatérale des dépôts pour réduire les pertes du bilan des banques, de la Banque centrale et de l’État). « Comme tous les projets de haircut formel qui ont été évoqués par les autorités visaient les plus gros dépôts, certains clients de banques ont cherché à limiter leur exposition à une telle mesure en ouvrant d’autres comptes dans plusieurs banques pour y transférer une partie de leurs fonds avec des montants assez bas pour échapper à tout haircut », explique la source. Les différents projets qui ont circulé depuis le début de la crise garantissaient tous les dépôts de moins de 100 000 dollars, sans en promettre cependant le remboursement en une fois.

Enfin certains médias, dont Lebanon Debate, ont rapporté vendredi soir que l’Association des banques du Liban avait demandé des clarifications à la BDL au sujet de la mise en œuvre du texte. Une information que nous avons pu confirmer via une source au sein de l'association

La circulaire 158 a été adoptée le 8 juin 2021 et mise en place quelques semaines plus tard. Ses modalités ont changé à plusieurs reprises depuis, mais une de ses constantes est que c’est la BDL qui vend aux banques les dollars que celles-ci donnent à leurs clients qui ont décidé d’en bénéficier. La Banque du Liban puise ces dollars dans ses réserves de devises qui ont fondu depuis le début de la crise pour de multiples raisons.

La guerre entre le Hamas et Israël a presque fait oublier que le Liban n’avait toujours pas réglé le problème des restrictions bancaires qui, en quatre ans de crise, ont empêché nombre de déposants de disposer librement de leur argent. Vu que le Parlement n’a toujours pas légiféré sur le sujet, ce sont toujours les circulaires de la Banque du Liban qui aménagent ou légitiment,...
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