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Moyen-Orient - Polémique

Une marche contre l’antisémitisme divise le monde politique en France

Une marche contre l’antisémitisme divise le monde politique en France

La Première ministre Élisabeth Borne, dont le père, de confession juive, a été déporté, participera au défilé contre l’antisémitisme dimanche. Thomas Samson/AFP

Une marche contre l’antisémitisme prévue dimanche à Paris en réaction à l’explosion des actes antisémites depuis le réveil du conflit israélo-palestinien provoque embarras et divisions dans la classe politique française : la gauche de la gauche n’y participera pas, mais l’extrême droite si, un ralliement que le chef de l’État, Emmanuel Macron, a tenu à recadrer.

L’appel à cette « grande marche civique », lancé mardi, se voulait consensuel, s’adressant à « tous ceux qui se reconnaissent dans les valeurs » de la « République ». Pour ses initiateurs, les présidents du Sénat et de l’Assemblée, l’enjeu est de réagir à la multiplication des actes antisémites depuis la guerre déclenchée par les massacres perpétrés le 7 octobre par le Hamas en Israël.

« Plus de 1 000 faits » antisémites ont été enregistrés « en quatre semaines à peine », « soit deux fois plus qu’au cours de toute l’année 2022 », justifient-ils.

Mais dans le pays qui accueille les plus importantes communautés juive et arabo-musulmane en Europe, le ralliement annoncé du Rassemblement national (RN, extrême droite) est jugé encombrant à gauche et dans la majorité.

Dans une allusion claire à l’extrême droite, Emmanuel Macron a mis en garde mercredi ceux qui « prétendent soutenir nos compatriotes de confession juive en confondant le rejet des musulmans et le soutien des juifs ».

Cordon républicain

Sa principale opposante, cheffe de file du RN, Marine Le Pen, avait annoncé plus tôt qu’elle « participerait » à la marche, appelant les adhérents et électeurs de son parti à faire de même. Fondateur du Front national, auquel a succédé le RN, son père, Jean-Marie Le Pen, a été condamné à de multiples reprises pour antisémitisme, notamment pour avoir qualifié les chambres à gaz de « détail » de l’histoire.

Emmanuel Macron, qui n’a pas précisé s’il entendait participer à la marche, a aussi averti que « l’antisémitisme refait surface », « dans les mots et sur les murs ». « La République ne transige pas et ne transigera pas. Et nous serons impitoyables face aux porteurs de haine », a-t-il prévenu.

« À mon sens, le RN n’a pas sa place dans cette manifestation », mais « c’est une manifestation publique à laquelle chacun est libre, en conscience, de participer », a relevé le porte-parole du gouvernement, Olivier Véran. La Première ministre Élisabeth Borne, dont le père, de confession juive, a été déporté, participera, elle, au défilé, a-t-il précisé.

À gauche, le malaise domine. Les Verts et les partis socialiste et communiste ont indiqué qu’ils défileraient, mais pas aux côtés du RN. Ils veulent mettre en place « un cordon républicain » dans la manifestation pour ne pas se mêler à l’extrême droite.

Ambiguïté des objectifs

La France insoumise (LFI, gauche radicale) a elle tranché, elle n’ira pas. « On ne lutte pas contre l’antisémitisme et le racisme dans la confusion », a estimé le parti de Jean-Luc Mélenchon, pointant une « ambiguïté des objectifs » de la marche permettant « les soutiens les plus insupportables ».

Depuis un mois, LFI est critiquée de toutes parts, y compris par certaines voix en interne, pour le refus de ses dirigeants de qualifier l’organisation palestinienne islamiste Hamas de « terroriste », terme sous laquelle elle est désignée par les États-Unis, l’Union européenne et Israël.

M. Macron a aussi visé la gauche radicale mercredi, épinglant ceux qui « préfèrent rester ambigus sur la question de l’antisémitisme par souci de flatter de nouveaux communautarismes ».

Source : AFP

Une marche contre l’antisémitisme prévue dimanche à Paris en réaction à l’explosion des actes antisémites depuis le réveil du conflit israélo-palestinien provoque embarras et divisions dans la classe politique française : la gauche de la gauche n’y participera pas, mais l’extrême droite si, un ralliement que le chef de l’État, Emmanuel Macron, a tenu à recadrer.L’appel à cette « grande marche civique », lancé mardi, se voulait consensuel, s’adressant à « tous ceux qui se reconnaissent dans les valeurs » de la « République ». Pour ses initiateurs, les présidents du Sénat et de l’Assemblée, l’enjeu est de réagir à la multiplication des actes antisémites depuis la guerre déclenchée par les massacres perpétrés le 7 octobre par le Hamas en Israël....
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