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Moyen-Orient - Conflit

Des centaines de morts dans un raid israélien sur l’enceinte d’un hôpital à Gaza

Le Hezbollah annonce la mort de cinq de ses combattants au Liban-Sud.

Des centaines de morts dans un raid israélien sur l’enceinte d’un hôpital à Gaza

Des Palestiniens à la recherche de survivants dans les décombres d’un immeuble détruit par un raid aérien israélien à Khan Younès, le 17 octobre. Mahmoud Hams/AFP

Alors qu’Israël se prépare à une offensive terrestre contre Gaza où un hôpital a été touché hier soir, faisant craindre des centaines de mort, la situation sécuritaire a dégénéré mardi au Liban-Sud, où se multiplient les violences dans la foulée de la guerre entre l’État hébreu et le mouvement radical palestinien.

Des milliers de personnes, pour la plupart des civils, ont été tuées dans les deux camps depuis le début de la guerre, tandis que le Hamas a pris 199 otages, selon Israël. Les frappes de représailles israéliennes ont tué plus de 3 000 personnes, en majorité des civils palestiniens, dont des centaines d’enfants, selon les autorités locales. Le Hamas a annoncé durant la journée la mort d’un de ses commandants, Ayman Nofal, dans un raid israélien.

En soirée, le ministère de la Santé du territoire palestinien contrôlé par le Hamas a rapporté qu’au moins 200 personnes ont été tuées mardi soir dans une frappe israélienne sur l’enceinte d’un hôpital de la ville de Gaza. Dans un communiqué, il fait état de « 200 à 300 martyrs » tués dans un bombardement ayant touché l’enceinte de l’hôpital Ahli Arab, situé dans le centre-ville. D’autres sources rapportent un bilan qui se rapproche de 500 morts. « Des centaines de victimes se trouvent dans les décombres », a ajouté cette source, sans préciser si elles étaient mortes ou blessées. Interrogé sur ces informations lors d’un point de presse, le porte-parole de l’armée israélienne Daniel Hagari a déclaré « ne pas encore disposer de tous les détails ». Le bureau médias du Hamas a dénoncé « un nouveau crime de guerre de l’occupation » et indiqué que « des centaines de patients, de blessés et de déplacés » se trouvaient dans l’établissement.

Plus tôt, l’Agence onusienne en charge des réfugiés de Palestine (Unrwa) a fait état de la mort de six personnes qui avaient trouvé refuge dans une de ses écoles dans le centre de la bande de Gaza. Elles ont été tuées dans un raid israélien, selon la même source.

Plus d’un million de Palestiniens, selon l’ONU, ont fui leur foyer. Beaucoup se sont massés dans le Sud, près de la frontière fermée avec l’Égypte, après un appel d’évacuation par Israël pour que les civils quittent le Nord. « Dans les magasins, les réserves (de nourriture) sont de quelques jours, peut-être quatre ou cinq jours », a averti mardi une porte-parole du Programme alimentaire mondial (PAM), Abeer Etefa.

Israël a coupé le 9 octobre les approvisionnements en eau, en électricité et en nourriture de ce microterritoire pauvre de 362 kilomètres carrés et 2,4 millions d’habitants soumis à un blocus terrestre, maritime et aérien de l’État hébreu depuis que le Hamas y a pris le pouvoir en 2007.

500 000 personnes évacuées en Israël

En Israël, où des dizaines de milliers de soldats sont déployés dans le Sud, autour de la bande de Gaza, et dans le nord le long de la frontière avec le Liban, près de 500 000 personnes ont été évacuées depuis le 7 octobre afin d’éloigner les civils des zones de combat, selon l’armée.

Celle-ci « commencera ses activités militaires renforcées lorsque le moment sera propice », a déclaré mardi son porte-parole Jonathan Conricus. Il a prévenu que « si les otages sont tués, ce sera de la responsabilité du Hamas, et il en paiera le prix ».

Une telle opération s’annonce cependant périlleuse sur ce terrain très densément peuplé, alors que le nord de la bande de Gaza est truffé de tunnels où le Hamas cache ses combattants et ses armes.

L’Iran, ennemi d’Israël, a menacé d’une possible « action préventive » contre ce pays. Le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, a prévenu mardi que « personne ne pourrait arrêter les forces de la résistance » à Israël, désignant ainsi les alliés régionaux de l’Iran (Syrie, Hamas, Hezbollah, entre autres), si les Israéliens poursuivaient leur guerre contre le Hamas.

Tension vive au Liban-Sud

Entre-temps, la tension reste vive aussi à la frontière avec le Liban, où les échanges de tirs sont quotidiens entre l’armée israélienne et le parti chiite pro-iranien. Le Hezbollah a annoncé mardi que cinq de ses combattants avaient été tués dans le sud du pays, portant à dix le nombre de membres du mouvement tués depuis le début de l’escalade à la frontière. L’annonce du Hezbollah intervient quelques heures après que l’armée israélienne a dit avoir détecté « une cellule terroriste tentant de franchir la barrière de sécurité avec le Liban et de poser un engin explosif », ajoutant que « quatre terroristes ont été tués ».

Le Hezbollah, qui avait fait part d’abord de la mort de quatre de ses combattants, a annoncé en début de soirée qu’un cinquième combattant a été tué, sans préciser les circonstances ou la date de ce décès.

Au cours de l’après-midi, des missiles antichars ont ciblé des positions militaires israéliennes à deux endroits différents et l’armée israélienne a répliqué en visant « l’origine des tirs » et des positions du parti chiite dans le sud du Liban, a indiqué celle-ci dans un communiqué. Des tirs, « en provenance d’une arme légère », ont aussi atteint plusieurs positions militaires israéliennes près du Liban, d’après cette source. Deux réservistes de l’armée et un civil israéliens ont été blessés dans l’une des attaques, a indiqué l’armée. Le Hezbollah avait indiqué dans un communiqué que ses combattants avaient atteint « un char sioniste près de la caserne de Ramim ».

Le parti chiite a en outre affirmé dans un communiqué que ses combattants ont attaqué mardi dans la journée, à l’aide de roquettes, des militaires israéliens rassemblés dans la caserne de Branit en Israël, faisant un mort et un blessé. Il a également affirmé dans un autre communiqué que ses combattants avaient pris pour cible un groupe de soldats israéliens stationnés sur le site de Bayad Blida, « provoquant des blessures confirmées ».

En soirée, selon la chaîne libanaise LBCI, l’armée israélienne a effectué une « frappe aérienne et tiré deux roquettes en direction de la périphérie de la ville de Ramiyé », dans le sud du Liban.

Le ministre turc des AE à Beyrouth

La communauté internationale redoute un débordement du conflit entre le Hezbollah, un allié du Hamas, et l’armée israélienne. Après la visite de la chef de la diplomatie française lundi, le ministre turc des Affaires étrangères Hakan Fidan est arrivé à Beyrouth mardi pour rencontrer les dirigeants libanais. M. Fidan a affirmé « être en contact avec les Israéliens pour les exhorter à cesser le feu, à laisser rentrer les aides à Gaza et à travailler pour trouver une solution au conflit, à commencer par la solution à deux États », suite à sa rencontre avec le Premier ministre sortant Nagib Mikati au Grand Sérail. « La priorité actuelle doit être de faire cesser la guerre à Gaza et les agressions israéliennes au Liban-Sud », a-t-il estimé. Après sa rencontre avec le ministre sortant des Affaires étrangères Abdallah Bou Habib, M. Fidan a indiqué « poursuivre ses contacts pour empêcher l’extension de la guerre à d’autres pays, notamment le Liban ». Il a réaffirmé le soutien de son pays au Liban, déclarant : « Nous refusons la déstabilisation de la sécurité de ce pays. »

Le Liban déconseillé

Plusieurs pays occidentaux, dont la France, ont déconseillé ces derniers jours à leurs ressortissants de se rendre au Liban. « Compte tenu des tensions sécuritaires dans la région, et notamment à la frontière sud du Liban, il est déconseillé aux Français de passage qui envisagent un séjour au Liban de s’y rendre, sauf raison impérative », a annoncé le Quai d’Orsay. L’ambassade du Royaume-Uni a pour sa part temporairement évacué des familles de son personnel. « La situation peut se détériorer sans avertissement », selon le site du Foreign Office.

L’ambassade des États-Unis avait émis des consignes de prudence pour toute la région dès le 9 octobre, soit deux jours après les attaques meurtrières du Hamas en Israël. Le Canada a quant à lui demandé à ses ressortissants d’éviter tout déplacement « non essentiel » au Liban « en raison de l’imprévisibilité de la situation, du risque d’attaque terroriste et du conflit armé avec Israël ». Sur son site gouvernemental, l’Australie a aussi demandé à ses ressortissants déjà dans le pays de « considérer si leur présence est essentielle », tout comme la Suède.

Alors qu’Israël se prépare à une offensive terrestre contre Gaza où un hôpital a été touché hier soir, faisant craindre des centaines de mort, la situation sécuritaire a dégénéré mardi au Liban-Sud, où se multiplient les violences dans la foulée de la guerre entre l’État hébreu et le mouvement radical palestinien.Des milliers de personnes, pour la plupart des civils, ont été tuées dans les deux camps depuis le début de la guerre, tandis que le Hamas a pris 199 otages, selon Israël. Les frappes de représailles israéliennes ont tué plus de 3 000 personnes, en majorité des civils palestiniens, dont des centaines d’enfants, selon les autorités locales. Le Hamas a annoncé durant la journée la mort d’un de ses commandants, Ayman Nofal, dans un raid israélien.En soirée, le ministère de la Santé du...
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