De la fumée émanant d’un bombardement de l’armée israélienne sur le nord de Gaza, le dimanche 15 octobre 2023. Jack Guez/AFP
Après avoir fait sa une sur la « seconde Nakba » dans son édition du week-end, en référence au déplacement forcé de plus d’un million de civils du nord vers le sud de Gaza ces derniers jours, Arab News fait part lundi de l’ouverture espérée du poste-frontière de Rafah, au sud de l’enclave, à la suite de négociations entre l’Égypte, Israël et plusieurs émissaires occidentaux, dont Antony Blinken, le chef de la diplomatie américaine.
Le secrétaire d’État américain Antony Blinken s’adressant à la presse au pied de son avion au Caire, dimanche 15 octobre 2023. Jacquelyn Martin/AFP
Mis en place en 1979 à la suite des accords de Camp David entre l’Égypte et l’État hébreu, ce point de passage représente la seule et unique porte de sortie qui pourrait permettre aux Gazaouis de fuir l’attaque terrestre imminente qu’a menacé de lancer l’armée israélienne. Mais un tel cas de figure semble jusqu’à maintenant peu probable au vu des réticences exprimées tant par les Égyptiens qu’Israéliens.
Le journal saoudien relaie également les dernières déclarations du pape François, qui s’est exprimé en faveur de l’établissement d’un « couloir humanitaire » pour évacuer les civils de l’enclave de 365 km².
Colonna, Abdallah II et Mohammad Salah
Une urgence dont aurait également fait part Catherine Colonna, la ministre française des Affaires étrangères, lors de ses passages à Tel-Aviv puis au Caire, comme le rapporte al-Ahram. Le média égyptien s’attarde en outre sur les « importantes donations » envoyées par la star des Pharaons et de Liverpool, Mohammad Salah, au Croissant-Rouge égyptien pour venir en aide aux civils de Gaza.
De son côté, le Jerusalem Post fait justement état des « préparatifs » des troupes israéliennes en vue de « l’invasion de Gaza » qui devrait « s’opérer dans les prochains jours ». Le quotidien revient également sur les tensions grandissantes à la frontière avec le Liban, où les échanges de tirs d’artillerie se sont multipliés dans les dernières 48 heures et ont fait plusieurs victimes civiles et militaires des deux côtés de la frontière. Vingt-huit colonies israéliennes proches de la ligne de démarcation ont d’ailleurs été évacuées depuis dimanche soir.
Des civils palestiniens disposant d’une double nationalité se rassemblant devant le poste-frontière de Rafah, en espérant pouvoir fuir la bande de Gaza en direction de l’Égypte, lundi 16 octobre 2023. Ibraheem Abu Mustafa/Reuters
Une dangereuse escalade dont s’alerte le Jordan Times, qui s’interroge comme tout le monde sur la nature des velléités du Hezbollah. Par la voix de Naïm Qassem, la formation pro-iranienne s’est dite « entièrement préparée » à intervenir contre Israël en temps voulu, comme l’a déclaré le numéro deux du parti de Dieu devant un millier de partisans vendredi dernier à Beyrouth en marge d’une journée de manifestations en soutien aux Palestiniens.
Le média jordanien revient également en longueur sur la visite du roi Abdallah II au Royaume-Uni, où il s’est entretenu avec le Premier ministre britannique, Rishi Sunak, ce dimanche à Londres. Le souverain hachémite a, lui aussi, plaidé la cause de la mise en place rapide de corridors humanitaires à Gaza et appelé les chancelleries occidentales à reconnaître la privation de nourriture, d’eau et d’électricité imposée aux civils de la bande de Gaza par Israël comme un « crime de guerre » que le monde se doit de condamner et de dénoncer.
Chose que n’hésite pas à faire al-Jazeera sur son site internet, où le média qatari s’interroge surtout sur les véritables capacités de l’armée israélienne à mener à bien une opération aussi risquée que celle d’un « corps-à-corps avec les Brigades al-Qassem » (la branche armée du Hamas, NDLR). Ce « déferlement de violence sans précédent » et les pertes humaines qui s’ensuivront finiront, d’après l’éditorialiste, de braquer l’opinion publique israélienne contre son gouvernement et ne suffiront pas pour éteindre la « lueur de la victoire » obtenue par la « résistance palestinienne dans les premières minutes de la bataille ».
Une rue du quartier de Jabaliya, dans le nord de la bande de Gaza, après un bombardement de l’armée israélienne, le 11 octobre 2023. Anas al-Shareef/Reuters
L’axe de la « moumanaa » augure une débâcle israélienne
Du côté de « l’axe de la résistance », on n’hésite pas non plus à clamer haut et fort la débâcle annoncée de l’État hébreu en cas de « guerre ouverte » contre les pays arabes. « L’occupation est déterminée à se sauver la face, mais ses alliés occidentaux n’ont pas confiance dans ses capacités à sortir victorieuse d’une guerre ouverte qu’elle ne pourra tolérer », écrit le journal syrien Tishreen, tandis que son homologue du parti Baas au pouvoir se félicite de la poursuite des bombardements sur les « colonies de l’occupation » dans le nord d’Israël et que l’opération « barbare » lancée à Gaza par « l’entité sioniste » se heurte à la résilience de la population palestinienne.
Cette résistance et cette souffrance des civils de Gaza ont aussi la part belle dans les pages du Tehran Times, qui s’épanche sur l’entretien téléphonique entre le président iranien Ebrahim Raïssi et son homologue français Emmanuel Macron. Il y aurait notamment été question de l’interdiction des manifestations de soutien aux Palestiniens à Paris, un thème largement commenté dans la presse de l’axe de la moumanaa. « Il serait triste que la France reste dans l’histoire comme un partisan des sionistes tueurs d’enfants », conclut le quotidien.


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