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Politique - Réactions

Pour les factions palestiniennes au Liban, la priorité – en apparence – est à l’unification des rangs

Le Fateh, principal adversaire du Hamas, préfère taire pour le moment ses divergences avec la résistance islamique et contribuer à cette bataille « héroïque ».

Pour les factions palestiniennes au Liban, la priorité – en apparence – est à l’unification des rangs

Les dégâts dans le camp de réfugiés palestiniens de Aïn el-Héloué, le 31 juillet 2023. Capture d’écran d’une vidéo fournie par notre correspondant Mountasser Abdallah

L’attaque surprise lancée samedi dernier à l’aube par le Hamas contre Israël a eu pour première conséquence de ressusciter un sentiment de fierté parmi les Palestiniens, toutes factions confondues, dans les territoires occupés aussi bien qu’au Liban. Bien que ses objectifs et son ampleur restent pour l’heure inconnus, l’offensive baptisée « Déluge d’al-Aqsa » a, à en croire les protagonistes, relégué au second rang les divisions parmi les Palestiniens, notamment entre le Hamas et le Fateh, deux formations dont le bras de fer pour la représentation de la scène palestinienne est arrivé là à un tournant décisif. Les récents affrontements dans le camp de Aïn el-Héloué, qui a été constitué un échantillon de cette guerre d’influence entre les deux grandes tendances palestiniennes, semblent donc en apparence oubliés. Quant au processus de normalisation avec Israël récemment initié par l’Arabie saoudite, qui en a négocié certains termes avec l’Autorité palestinienne, n’a vraisemblablement convaincu que peu de Palestiniens quant à la possibilité de son aboutissement.

Pour les factions palestiniennes au Liban, l’appel au resserrement des rangs semble en tous les cas avoir été entendu, notamment par la branche libanaise du Fateh, qui n’a pratiquement plus le contrôle du terrain depuis que l’axe pro-Hezbollah a étendu son influence sur la quasi-totalité des camps. Si le haut responsable du Fateh au Liban, Fathat Aboul Ardat, était hier injoignable pour répondre aux questions de L’OLJ – probablement pour éviter un faux pas quelconque ou un certain embarras –, c’est un responsable de second rang au sein du parti qui a accepté de réagir. Au sein de cette formation, on affirme que la priorité est actuellement à la bataille contre « l’ennemi commun ». Même au risque de voir le Hamas, propulsé sur le devant de la scène, en tirer tout le crédit.

Membre du conseil révolutionnaire du Fateh, Amina Gibril affirme ainsi que toutes les factions palestiniennes sans exception sont aujourd’hui impliquées dans cette bataille « historique ». « Tant qu’il y a occupation, la résistance se poursuivra pour en finir avec l’arrogance d’Israël. Devant l’ultime danger, les positions sont unifiées et les divergences occultées », assure la responsable. Celle-ci rappelle que le chef de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, a déjà donné le ton et clairement dénoncé « les actes criminels » de la part d’Israël, soulignant que l’Autorité palestinienne « se tiendra aux côtés de nos concitoyens à Gaza qui ne seront pas seuls » dans cette bataille.

Le conseil révolutionnaire du Fateh dont elle est issue a également publié un communiqué dans lequel il appelle « à la résistance contre toute forme d’occupation jusqu’à la libération du territoire usurpé après 1967 ».

« Le mouvement Fateh est engagé en tout endroit – notamment à Jénine, Naplouse, Jericho – dans le cadre d’une dynamique nationale unifiée et prend part à cette bataille héroïque », dit-elle. Une manière de dire que le Fateh ne peut être écarté des enjeux qui se dessinent à l’horizon.

Mme Gibril reconnaît qu’effectivement des divisions et des divergences d’opinion existent entre le Hamas et le Fateh, mais qu’ils sont aujourd’hui relégués au second plan. Peu importe, laisse entendre à demi-mot la responsable, que Hamas soit propulsé sur les devants de la scène d’autant que Fateh est, historiquement, le premier mouvement à avoir tiré la première balle contre l’occupant. « Personne ne peut éliminer ou se substituer à l’autre », dit-elle. « C’est une opportunité pour les Palestiniens pour se réunifier. Il faut saisir l’occasion », conclut-elle.

Membre du commandement de Hamas à Beyrouth, Ayman Channaa, tente d’éluder comme il peut la problématique des conflits interpalestiniens, pour se concentrer sur l’essentiel. « Plusieurs cadres du Fateh en Cisjordanie sont à nos côtés. Pas tous bien entendu », dit-il. « Cette victoire n’est pas seulement celle de Hamas, mais de toute la nation arabe », assure-t-il, avant de rappeler que le Hamas reste tout de même le fer de lance de l’opération. Pour lui, la guerre est à ses débuts et tout le monde sera « contraint au final de soutenir la résistance. Lorsque les Israéliens violent les lieux sacrés, eux ne font pas la différence entre le Fateh et le Hamas. Ce qui s’est passé dans le camp de Aïn el-Héloué était destiné à semer la zizanie parmi les Palestiniens. En définitive cette guerre aura des répercussions positives sur notre peuple et finira par réunifier toutes les factions », dit-il.

Pour sa part, le représentant du Front de libération de la Palestine, proche du Hamas, Mohammad Yassine, met en exergue les divisions qui existent au sein du Fateh, qui, dit-il, ne sont probablement pas toutes aussi enthousiastes ou aussi solidaires de cette opération. Mais, ajoute-t-il, ce n’est pas le cas pour l’ancien homme fort du Fateh à Aïn el-Héloué, Mounir Makdah, qui a applaudi à l’offensive du Hamas en Israël. M. Yassine estime que, par contre, la position de Mahmoud Abbas a été « timide ».

« Je pense qu’il faut faire la distinction entre la base populaire du Fateh et sa direction. Je peux vous affirmer qu’un grand nombre de militants du Fateh combattent à nos côtés aussi bien à Gaza qu’en Cisjordanie », conclut Mohammad Yassine.

L’attaque surprise lancée samedi dernier à l’aube par le Hamas contre Israël a eu pour première conséquence de ressusciter un sentiment de fierté parmi les Palestiniens, toutes factions confondues, dans les territoires occupés aussi bien qu’au Liban. Bien que ses objectifs et son ampleur restent pour l’heure inconnus, l’offensive baptisée « Déluge d’al-Aqsa » a, à en croire les protagonistes, relégué au second rang les divisions parmi les Palestiniens, notamment entre le Hamas et le Fateh, deux formations dont le bras de fer pour la représentation de la scène palestinienne est arrivé là à un tournant décisif. Les récents affrontements dans le camp de Aïn el-Héloué, qui a été constitué un échantillon de cette guerre d’influence entre les deux grandes tendances palestiniennes, semblent donc en...
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