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Politique - Décryptage

Des possibilités réelles d’élire un président avant la fin de l’année ?


En dépit du marasme ambiant, certaines parties politiques, dont le camp du président de la Chambre, se montrent plus ou moins optimistes sur une chance réelle d’aboutir à l’élection d’un président avant la fin de l’année. Pour ces parties, certains indices et développements qui ont eu lieu au cours des dernières semaines ne trompent pas et montrent qu’il y a effectivement un progrès dans les relations régionales et internationales, ce qui devrait forcément avoir un impact sur la situation locale.


Selon ces parties, les Libanais devraient bien lire ces développements pour ne pas avoir à subir les solutions prises à leur place et qui leur seront forcément imposées, comme cela a été le plus souvent le cas dans les échéances importantes du pays depuis 2005. En disant cela, elles considèrent que la partie locale de la crise libanaise actuelle est devenue minime en raison de l’équilibre dans le rapport de force interne et de la polarisation aiguë entre un camp qui refuse tout dialogue et un autre qui, lui aussi, campe sur ses positions. C’est pourquoi, faute d’attendre des développements internes, il faut observer ce qui se passe dans la région et c’est de là que viennent les indices qui poussent à l’optimisme. Pour les défendeurs de cette lecture, l’élément le plus important à ce sujet, c’est la nouvelle position saoudienne qui, pour la première fois depuis des mois, est sortie de la zone grise pour s’impliquer un peu plus ouvertement sur la scène libanaise. Les dirigeants de Riyad ont ainsi, par le biais de l’ambassadeur Walid Boukhari, recommencé à montrer un intérêt réel pour le dossier libanais, à travers Dar el-Fatwa, ce qui s’est traduit par la décision de réunir les députés sunnites sous leur houlette en présence de l’émissaire présidentiel français Jean-Yves Le Drian. Selon les parties précitées, c’est un grand pas en avant fait par les Saoudiens qui ont voulu faire parvenir le message suivant : Riyad reprend la main au Liban. Les dirigeants saoudiens ouvrent donc la voie à un dialogue sérieux sur le dossier libanais. C’est la première fois depuis l’annonce de l’entente irano-saoudienne en mars dernier que les dirigeants de Riyad montrent un intérêt concret. C’est d’ailleurs ce qui a fait dire au président de la Chambre, Nabih Berry : c’est maintenant que le véritable dialogue pour l’élection d’un président a commencé. En effet, jusqu’à présent, les Saoudiens s’étaient contentés d’adopter des positions neutres du genre : nous ne voulons pas entrer dans les noms, nous n’avons pas de candidat, nous ne voulons pas de dialogue, etc. Désormais, cette position a changé et les Saoudiens, en déclarant ouvertement leur appui à l’initiative française, dans le cadre de la réunion organisée chez Walid Boukhari, ont tendu une perche aux autres parties pour, comme le dit un politicien chevronné, « ouvrir les véritables négociations ».Riyad a aussi eu son mot à dire concernant le scénario d’éventuelles discussions futures, tant entre les parties libanaises qu’entre les États régionaux et internationaux, en refusant toute idée de « dialogue de fond ». Autrement dit, pour les Saoudiens, il est hors de question de toucher à l’accord de Taëf, conclu en 1989 et devenu depuis la nouvelle Constitution du Liban. Il faudra donc limiter le dialogue (et les négociations) au dossier présidentiel. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle au cours de sa troisième visite au Liban, Le Drian n’a pas utilisé le terme « dialogue », lui préférant des mots comme « concertations », « débats » ou « discussions ». De même, nul n’est encore en train de préciser la forme finale de ces concertations, attendant que l’idée saoudienne se précise. Mais, déjà, les milieux politiques, même ceux qui refusent toute idée de dialogue auquel participerait le Hezbollah, perçoivent un début d’effervescence annonciatrice de l’ouverture prochaine des négociations en vue de choisir un nouveau président, en coordination avec les partenaires au sein du groupe des cinq (États-Unis, Égypte, France, Qatar et Arabie saoudite). D’autres parties politiques continuent toutefois de croire que le moment d’élire un chef de l’État n’est pas encore arrivé et soulignent, pour étayer leurs dires, le fait que brusquement le Liban est entré dans une période de turbulences sécuritaires. Il y a d’abord les différents rounds de combats à Aïn el-Héloué, qui se terminent sans qu’aucune solution réelle ne soit trouvée, ce qui laisse la porte ouverte à une reprise des affrontements. Mais il y a aussi la soudaine réapparition de Daech au Liban et les informations et déclarations qui commencent à proliférer sur l’existence de cellules dormantes prêtes à se réveiller, ainsi que l’accent mis désormais sur la frontière avec la Syrie et l’infiltration clandestine de jeunes Syriens, familiers avec le maniement des armes. Tous ces éléments ne montrent pas que la tendance est à l’apaisement et aux solutions, mais plutôt à une déstabilisation sécuritaire, estiment ces mêmes parties.Cette opinion n’est pas partagée par des sources militaires qui affirment que même si le Liban vit avec de nombreuses bombes à retardement, la tendance n’est pas à la déstabilisation générale. Au contraire, selon ces mêmes sources, la situation reste sous contrôle, d’autant plus que chaque incident aurait pu à lui seul déclencher une guerre si une telle intention existait. Or, à chaque fois, tout dérapage important est stoppé de justesse. Ce qui montre bien qu’il n’y a pas de véritable plan pour déstabiliser le Liban et y semer le chaos.

C’est la raison pour laquelle Berry et d’autres considèrent qu’il y a désormais une véritable chance d’élire un président avant la fin de l’année, si cette tendance positive se précise dans la région. Mais il faudra encore du temps pour que les éléments se mettent en place. Et surtout, il faut que les Libanais y contribuent, au lieu de se cantonner dans l’attente.

En dépit du marasme ambiant, certaines parties politiques, dont le camp du président de la Chambre, se montrent plus ou moins optimistes sur une chance réelle d’aboutir à l’élection d’un président avant la fin de l’année. Pour ces parties, certains indices et développements qui ont eu lieu au cours des dernières semaines ne trompent pas et montrent qu’il y a effectivement un...
commentaires (4)

Le tour de la terre pour ne rien dire.

Sabri

21 h 15, le 20 septembre 2023

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Commentaires (4)

  • Le tour de la terre pour ne rien dire.

    Sabri

    21 h 15, le 20 septembre 2023

  • Cinq pays, au bas mot, mettent la main à la pâte de la présidentielle. Entre temps, des voix s’élèvent pour nous dire que la balle est dans le camp des libanais et qu’il faudra qu’ils s’entendent entre eux et élire un président de la république . À quel saint se vouer ???

    Hitti arlette

    19 h 35, le 20 septembre 2023

  • Les paris souverainistes ont raison fde refuser de dialoguer avec le Hezbollah. Berry doit convoquer les députés a une session électorale couvertes point a la ligne p

    Tabet Ibrahim

    11 h 39, le 20 septembre 2023

  • N'importe quoi

    Emile G

    02 h 52, le 20 septembre 2023

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