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Politique - Décryptage

Entre les Saoudiens et le Hezbollah, les prémices d’un dialogue ?

Depuis la récente visite du ministre iranien des Affaires étrangères Hossein Amir-Abdollahian à Beyrouth et la confirmation de l’amélioration des relations ntre l’Iran et l’Arabie saoudite avec l’entrée en fonctions de leurs ambassadeurs respectifs, une question s’impose de nouveau : ce rapprochement concret entre Téhéran et Riyad aura-t-il un impact sur les relations entre les Saoudiens et le Hezbollah ?

Lorsque l’entente irano-

saoudienne sous le parrainage de Pékin avait été annoncée en mars dernier, il avait été question de tentatives de nouer un dialogue entre le Hezbollah et Riyad par le biais d’intermédiaires irakiens, comme l’ancien Premier ministre Moustapha el-Kazimi ou le dignitaire chiiite irakien Ammar el-Hakim. Mais ces tentatives ne se sont pas concrétisées, et la guerre du Yémen, qui constituait un enjeu essentiel pour les dirigeants saoudiens, n’a pas connu les développements positifs escomptés.

Toutefois, avec la dernière visite du ministre iranien des Affaires étrangères à Riyad et son entretien de 45 minutes avec le prince héritier Mohammad ben Salmane, ainsi qu’avec la reprise totale des relations diplomatiques irano-saoudiennes, des informations circulent sur une reprise de contact indirect entre les Saoudiens et le Hezbollah. Des messages dans ce sens auraient été envoyés par des diplomates arabes au parti de Hassan Nasrallah. Certes, pour l’instant, rien n’a encore été confirmé, mais les propos tenus par M. Amir-Abdollahian à Beyrouth ont conforté l’impression qu’une percée a été enregistrée à ce sujet. Le ministre iranien a en effet reconnu pour la première fois avoir évoqué ouvertement avec les dirigeants saoudiens les questions régionales. Il a même déclaré avoir « entendu des dirigeants saoudiens des propos positifs sur plusieurs dossiers régionaux, dont le Liban ». Il a été alors interrogé – lors d’une rencontre avec la presse – sur la possibilité de lancer un dialogue entre les Saoudiens et le Hezbollah, et sa réponse est restée évasive.

Ce flou maintenu a relancé les pronostics sur un changement de l’approche saoudienne à l’égard du Hezbollah. Dans ce contexte, il faut aussi relever le fait que des députés qui se trouvaient récemment chez l’ambassadeur d’Arabie saoudite au Liban Walid Boukhari ont raconté que lorsque certains d’entre eux ont commencé à critiquer le Hezbollah, le diplomate a aussitôt changé de sujet, montrant qu’il ne veut pas ouvrir la voie à ce genre de propos.

De leur côté, des sources proches du Hezbollah confient avoir reçu récemment plusieurs messages appelant à l’ouverture d’un dialogue, même indirect, avec des responsables saoudiens. Ces messages auraient été transmis par des diplomates du Golfe qui ont tenu pendant toutes ces années à maintenir leurs relations avec le parti chiite. Le Qatar, par exemple, a gardé de bonnes relations avec la formation, indépendamment de la détérioration de ses relations avec la Syrie. De même, pendant la période où le Qatar était en conflit avec l’Arabie saoudite, il a gardé toutes ses relations avec l’Iran et bien entendu avec le Hezbollah. Aujourd’hui, il aurait donc tenté de nouvelles approches pour rétablir un contact entre le Hezbollah et les Saoudiens, proposant même de servir d’intermédiaire. D’autres États du Golfe auraient aussi tenté de jouer un rôle à ce niveau, mais les sources du Hezbollah précitées préfèrent ne pas les nommer pour l’instant. En tout cas, le processus en serait encore à ses débuts et les sources reconnaissent qu’il n’y a pas encore d’éléments concluants. Selon elles, deux sujets intéressent particulièrement les dirigeants saoudiens en cette période précise. D’abord, la situation au Yémen qui reste confuse : il n’y a pas de trêve solide comme il n’y a pas une guerre évidente. Selon les sources du Hezbollah, les Saoudiens souhaiteraient mettre un terme à cette confusion et trouver une solution qui leur sauverait la face en les présentant comme les parrains de la paix, alors qu’aux yeux des houthis (les rebelles chiites), ils sont directement impliqués dans cette guerre. Ensuite, les Saoudiens ont énormément besoin de stabilité dans la région pour pouvoir concrétiser la vision de MBS axée sur le développement économique, numérique et social. Or, si la situation reste tendue au Yémen, les drones des houthis peuvent atteindre des lieux stratégiques en Arabie, ajoutent les milieux du Hezbollah. Pour toutes ces raisons, les Saoudiens ont décidé de « pacifier » leurs relations avec les Iraniens et souhaitent le faire avec toutes les composantes de la région, mais à leurs propres conditions. Selon des sources diplomatiques arabes, ils auraient, dans ce contexte, demandé aux Iraniens d’intercéder auprès du Hezbollah pour que celui-ci fasse pression sur les houthis, sachant que le secrétaire général du parti a une influence morale considérable sur ce groupe yéménite. Toutefois, lorsque cette question a été posée à M. Amir-Abdollahian à Beyrouth, il a répondu par la négative, assurant que l’Iran n’intervient pas auprès de ses alliés et laisse à chacun d’eux la liberté de prendre les décisions qui lui paraissent convenables.

De leur côté, les sources proches du Hezbollah reprennent la même réponse lorsqu’elles sont interrogées, mais ceux qui connaissent le fonctionnement de cette formation estiment que désormais, tous les dossiers de la région sont interdépendants et qu’au final, les solutions passent par l’apaisement de tous les fronts.

En conclusion, même si aujourd’hui les sources proches des Saoudiens affirment que les dirigeants de Riyad ont choisi d’instaurer de bonnes relations avec les Iraniens sans pour autant le faire avec toutes les composantes de l’axe dit de la résistance, ceux qui suivent les développements dans la région sont convaincus qu’une nouvelle dynamique est lancée entre les Saoudiens, d’une part, les Syriens et les Irakiens, de l’autre. Et même avec le Hezbollah.

Depuis la récente visite du ministre iranien des Affaires étrangères Hossein Amir-Abdollahian à Beyrouth et la confirmation de l’amélioration des relations ntre l’Iran et l’Arabie saoudite avec l’entrée en fonctions de leurs ambassadeurs respectifs, une question s’impose de nouveau : ce rapprochement concret entre Téhéran et Riyad aura-t-il un impact sur les relations entre les Saoudiens et le Hezbollah ? Lorsque l’entente irano-saoudienne sous le parrainage de Pékin avait été annoncée en mars dernier, il avait été question de tentatives de nouer un dialogue entre le Hezbollah et Riyad par le biais d’intermédiaires irakiens, comme l’ancien Premier ministre Moustapha el-Kazimi ou le dignitaire chiiite irakien Ammar el-Hakim. Mais ces tentatives ne se sont pas concrétisées, et la guerre du Yémen, qui...
commentaires (6)

Heureusement qu’il y a encore au journal SH et quelques autres qui nous informent des realites…et a nous autres de nous former une opinion avec cela ainsi que d’autres sources a comparer

Bardawil dany

20 h 59, le 08 septembre 2023

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Commentaires (6)

  • Heureusement qu’il y a encore au journal SH et quelques autres qui nous informent des realites…et a nous autres de nous former une opinion avec cela ainsi que d’autres sources a comparer

    Bardawil dany

    20 h 59, le 08 septembre 2023

  • Merci Scarlett Haddad pour cette analyse conséquente

    Hitti arlette

    20 h 44, le 07 septembre 2023

  • Merci Scarlett Haddad pour cette analyse conséquente

    Hitti arlette

    20 h 44, le 07 septembre 2023

  • Je pense qu’on a besoin d’un Alexandre le grand pour en finir avec l’iran et compagnie

    Eleni Caridopoulou

    16 h 06, le 07 septembre 2023

  • Une source haut placée (vers 2000 mètres) m’a affirmé que cet article est de la pure désinformation et n’est que le fruit de l’imagination débordante de la journaliste

    Lecteur excédé par la censure

    09 h 44, le 07 septembre 2023

  • Méfiez vous vous de l’Iran qui table sur son assurance dans le domaine de sa mainmise que s’il dit oui à l’Arabie Saoudite, ses partenaires doivent dire non.

    Mohamed Melhem

    07 h 02, le 07 septembre 2023

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