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Économie - Crise au Liban

Ce qui coince encore avec le carburant d’EDL

Quelques jours après un énième black-out lié aux difficultés financières d’EDL, trois navires doivent décharger leurs cargaisons.

Ce qui coince encore avec le carburant d’EDL

Le siège d’Électricité du Liban, situé en face de la zone portuaire de Beyrouth. Photo P.H.B.

Trois navires de carburant destinés à Électricité du Liban se trouvent actuellement au large des côtes libanaises et doivent en principe décharger leurs cargaisons respectives dans les jours qui viennent.

C’est ce qu’a annoncé le ministère de l’Énergie et de l’Eau lundi après-midi dans un communiqué publié peu avant la tenue d’une réunion du comité ministériel chargé de suivre le dossier de l’électricité, quelques jours après un énième black-out lié aux difficultés financières d’EDL et sur fond de bras de fer entre le gouvernement et la Banque du Liban (BDL).

L’Orient-Le Jour fait le point sur les obstacles évoqués d’une part par le ministère de l’Énergie et d’autre part par le comité concerné.

Deux navires prêts à être déchargés

Le ministère a évoqué l’arrivée imminente de deux navires transportant du carburant fourni dans le cadre de l’accord de troc entre le Liban et l’Irak en cours depuis l’été 2021.

Le premier navire, le Kallos, est arrivé au Liban le 18 août à 7h. Il se trouve actuellement au large de la centrale de Zahrani (Liban-Sud), qu’il doit approvisionner.

Le second, l’Ariadne, est arrivé le même jour à 19h et se trouve au large de la centrale de Deir Ammar (Liban-Nord).

Ces deux navires attendent que le ministère fasse tester la qualité du carburant qu’ils transportent – par le laboratoire de Bureau Veritas à Dubaï –, avant de pouvoir le décharger. L’opération ne devrait pas durer plus de 72 heures.

Un troisième qui doit être payé

Pour le troisième navire, l’Ardmore, la question est plus compliquée, dans la mesure où le carburant qu’il transporte a été importé pour le compte d’EDL à la suite d’un appel d’offres dont les détails sont disponibles sur le site de l’Autorité de régulation des marchés publics, comme l’explique le ministère.

Il ajoute que les résultats des tests effectués, publiés le 11 août, confirment que le carburant est conforme aux critères requis et qu’une autorisation pour le décharger a déjà été obtenue. Le problème, c’est que le processus est depuis en suspens dans l’attente que la BDL ouvre une ligne de crédit de 30 millions de dollars pour payer le chargement.

Dans le communiqué, le ministre sortant de l’Énergie Walid Fayad assure que le ministère des Finances a validé l’ouverture de la ligne de crédit le 7 août, mais que la banque centrale, qui a changé de gouverneur au début du même mois – le 1er vice-gouverneur assure l’intérim après le départ de Riad Salamé –, n’y a pas donné suite.

Le problème du financement du 3e navire

Le ministre de l’Énergie précise que le montant en dollars requis peut être financé soit via l’avance de 300 millions de dollars (working capital) octroyée par le gouvernement à EDL dans une décision du Conseil des ministres prise le 19 janvier et dont 107 millions de dollars sont encore disponibles, soit via les fonds issus de la collecte des factures d’EDL et qui se trouvent dans les comptes de l’institution à la BDL. Ces factures étant collectées en livres, le ministère et EDL demandent donc que les montants soient convertis en dollars par la BDL à un taux qui a en principe été approuvé par les parties concernées.

Pour mémoire

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Si le ministère de l’Énergie a lancé la balle dans le camp de la banque centrale, le comité ministériel chargé du dossier de l’électricité semble présenter une autre version des faits. À l’issue d’une réunion au Grand Sérail, il a indiqué lundi ne pas avoir donné son accord préalable à l’ouverture de la dernière ligne de crédit demandée, tout en assurant, de manière assez énigmatique, que le ministre sortant de l’Énergie « dispose de la liberté d’agir conformément à ce qui lui paraît convenable ».

Tarifs d’EDL

Le comité, qui comprend sept ministres, notamment ceux de l'Énergie et des Finances, ou encore des Travaux publics, a aussi annoncé sa décision d’imposer à EDL de fixer les tarifs des factures d’électricité émises à partir du 1er juillet en utilisant « le dernier taux de change de la plateforme Sayrafa » instaurée par la BDL. Selon le service de presse d’EDL, ce taux serait de 85 500 livres libanaises pour un dollar, majoré de 20 %.

Le comité a aussi demandé que la décision prise par le fournisseur public le 7 juin de baisser ses tarifs soit maintenue. Suite à la grogne de certaines filières, dont les industriels, EDL a accepté en juin de réduire ses frais fixes d’abonnement et de maintenance et avait baissé d’un cent de dollar le prix du kilowattheure payé par les abonnés qui en consomment plus de 100 par mois. Ce tarif était alors passé à 0,26 dollar par kWh au lieu de 0,27.

Le comité ministériel a par ailleurs appelé EDL à demander au Haut-Commissariat pour les réfugiés (HCR) de payer les factures d’EDL dans les régions qui abritent des réfugiés syriens, une demande déjà faite par EDL au courant de l’été.

Trois navires de carburant destinés à Électricité du Liban se trouvent actuellement au large des côtes libanaises et doivent en principe décharger leurs cargaisons respectives dans les jours qui viennent.C’est ce qu’a annoncé le ministère de l’Énergie et de l’Eau lundi après-midi dans un communiqué publié peu avant la tenue d’une réunion du comité ministériel chargé de...

commentaires (4)

Sayrafa majorée de 20% c’est plus que le marché parallèle. Quelle est la logique?

Gros Gnon

07 h 57, le 22 août 2023

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Commentaires (4)

  • Sayrafa majorée de 20% c’est plus que le marché parallèle. Quelle est la logique?

    Gros Gnon

    07 h 57, le 22 août 2023

  • Que l’ONU fasse son travail. Dans notre village de moins de 5000 habitants, les réfugiés syriens sont plus de 36000 alors que des sources parlent de 26000 réfugiés syriens. Les canalisations sont submergées, l’eau est pompée par des moteurs dans les camps où les constructions sauvages sans autorisation dans les normes, l’électricité est rationnée et presqu’inexistante dans notre demeure, les cris des enfants qui résonnent dans les rues alors que la mairie a créé un espace de loisirs où on peut faire du vélo, les voitures qui vrombissent et roulent à plus de 60 km/h malgré les dos d’âne, ces réfugiés syriens qui ont des revenus de l’ONU et propriétaires de véhicules et leurs enfants avec des vélos et même des motos alors que les libanais n’ont pas de quoi se payer un sachet de pain, des sachets de chips et d’autres friandises ou biscuits jetés sur la route alors qu’il existe des poubelles offertes par la mairie, il faut y remédier et ramener les réfugies syriens à égalité du nombre des gazaouis et faire comprendre aux propriétaires véreux que le locataire syrien n’a pas loué la route pour que les enfants des réfugiés y déambulent à corps et à cris. Il faut démanteler voire détruire les constructions sauvages et parquer les réfugiés selon le nom de réfugiés dans des camps de réfugiés comme il en existe à Marj grand village à l’intersection de la route de Damas avec la ville de Bar Elias et de Taanayel.

    Mohamed Melhem

    06 h 40, le 22 août 2023

  • Le troisième navire payant doit chercher un tiers payant ailleurs , ou carrément un acheteur. Le nouveau gouverneur ne payera pas un dollar dorénavant des réserves maigres et chétives.. Pas de change également avec la BDL. L'électricité du Liban devrait acheter ses dollars du marché directement. C'est clair. Ou faire comme la plupart des propriétaires de générateurs ,des tarifs en dollars d'emblée. Mais, sans sayrafa plus, ni les frais d'entretien exorbitants. Ou mieux encore,commencer à fermer boutique, c'est là meilleure,et c'est une façon d'effectuer les démarches demandées par le FMI.

    Esber

    02 h 05, le 22 août 2023

  • Toutes les demandes d'octroi de liquidités permettant à EDL d'honorer ses engagements sont nulles et non avenues. Elles émanent d'un cabinet ministériel non représentatif, dont les seuls actes politiques sont de vivre à crédit, et après moi le déluge ! Pauvre Liban. Pauvre peuple.

    Ca va mieux en le disant

    00 h 13, le 22 août 2023

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