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Économie - Secteur bancaire

Les résultats des banques libanaises en Syrie pénalisés par le taux de change

Calculées en livres syriennes, les totaux cumulés des actifs, des dépôts et des portefeuilles de crédits de ces établissements bancaires sont en hausse.
Les résultats des banques libanaises en Syrie pénalisés par le taux de change

La monnaie syrienne est en chute libre depuis plusieurs années marquées par la guerre civile qui a éclaté en 2011. Photo AFP

Les résultats combinés des filiales de banques libanaises en Syrie ont atteint 174,2 milliards de livres syriennes fin 2022, en baisse de 60 % par rapport à ceux enregistrés fin 2021 (430,3 milliards), selon les chiffres relayés par Lebanon This Week (LTW) de la Byblos Bank. La baisse est un peu moins prononcée qu’au premier semestre (-71 % pour une peu plus de 106 milliards de livres) dans une Syrie en conflit civil depuis 2011 et dont le régime est sanctionné notamment par les États-Unis et l’Union européenne (UE).

La différence cette fois, c’est que l’accélération de la dépréciation de la livre syrienne, dont le taux de change officiel a été ajusté à plusieurs reprises ces dernières années par la banque centrale de Syrie pour tenter de réduire son écart avec le marché noir, a fait basculer le solde cumulé de ces profits dans le rouge. Fixé à 436 livres syriennes pour un dollar à fin 2019, il en atteignait 3 015 fin 2022. Ces changements impactent la valeur en dollars des résultats - il est alors question de gains ou de pertes de change non-réalisés. 

Ainsi, les six filiales concernées - Banque BEMO Saudi Fransi, Bank of Syria & Overseas (filiale de la BLOM Bank), Fransabank Syria, Syria Gulf Bank (filiale de First National Bank), Byblos Bank Syria et Bank ash-Sharq (filiale de la Banque libano-française) ont enregistré des pertes de change non réalisées de 2,1 milliards de livres ou 700 000 dollars au taux officiel syrien à la fin de 2022, selon les données du LTW. Fin juin, ce total affichait un solde positif de 40 millions de dollars. Parmi les autres résultats, les actifs cumulés de ces filiales ont atteint  4 519 milliards de livres fin 2022 (+22 % en un an), les dépôts ont totalisé 2 841.4 milliards de livres (+26,3 %) et les portefeuilles de prêts 981,8 milliards (+35,3 %)

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Après plus d'une décennie de guerre, la Syrie traverse une profonde crise économique en raison d'une flambée des prix des matières premières, de coupures d'électricité quasi permanentes et de pénuries de carburants. Plusieurs de ses territoires sont régulièrement bombardés par l’armée israélienne tandis que d’autres échappent encore au contrôle du régime de Bachar el-Assad. La livre syrienne a, elle, continué de plonger en 2023 sur le marché noir où elle enchaîne les records historiques. La barre des 10 000 livres syriennes pour un dollar a été récemment dépassée et le taux culminait samedi à plus de 13 000 livres. Le taux officiel a été ajusté à plusieurs reprises et gravite actuellement autour de 8 000 livres syriennes

Au Liban, avec qui la Syrie partage une frontière très poreuse et qui traverse une grave crise économique et financière depuis 2019, la monnaie a perdu 98 % de sa valeur sur le marché, et le secteur bancaire restreint illégalement l'accès des déposants à leurs fonds en devises.

Les résultats combinés des filiales de banques libanaises en Syrie ont atteint 174,2 milliards de livres syriennes fin 2022, en baisse de 60 % par rapport à ceux enregistrés fin 2021 (430,3 milliards), selon les chiffres relayés par Lebanon This Week (LTW) de la Byblos Bank. La baisse est un peu moins prononcée qu’au premier semestre (-71 % pour une peu plus de 106 milliards de livres)...
commentaires (2)

On se désole pour le sort de ces malfrats, qui opèrent dans un pays sous sanctions...mais ils ont raison, puisque les propriétaires de ces établissements ne sont nullement inquiétés et doivent, à cette heure, profiter de leurs demeures à Ramatuelle ou ailleurs, après une année de dur labeur.

IBN KHALDOUN

12 h 44, le 29 juillet 2023

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Commentaires (2)

  • On se désole pour le sort de ces malfrats, qui opèrent dans un pays sous sanctions...mais ils ont raison, puisque les propriétaires de ces établissements ne sont nullement inquiétés et doivent, à cette heure, profiter de leurs demeures à Ramatuelle ou ailleurs, après une année de dur labeur.

    IBN KHALDOUN

    12 h 44, le 29 juillet 2023

  • Meme en Syrie, ou la situation est vertainement plus grave qu'au Liban, la difference entre le taux de change du marche libre et celui officiel est de 20 %. Au Liban, il est de 600 % selon la circulaire 151. Cela donne une idee de l'ampleur de l'escroquerie que pratiquent la BDL et les crapules bancaires. Pour ces gens la, la prison serait trop douce....

    Michel Trad

    11 h 58, le 29 juillet 2023

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