Alors que la Suède entre dans l’OTAN, une analyse plus complète des menaces actuelles est nécessaire. Les plus grandes menaces sur la Suède ne sont pas militaires, mais plutôt une guerre culturelle entre les fondamentalistes de la liberté d’expression et les extrémistes religieux. Les récents incendies du Coran et l’interprétation rigide perçue de la liberté d’expression par la nation ont placé la Suède sous les projecteurs mondiaux. Il est crucial de reconnaître ces menaces et de trouver un équilibre entre la liberté d’expression et la liberté religieuse.
Défis liés à l’interprétation de la liberté d’expression en Suède : l’engagement indéfectible de la Suède en faveur de la liberté d’expression présente des inconvénients. L’approche actuelle donne souvent la priorité aux droits individuels plutôt qu’aux sensibilités religieuses et à la cohésion sociale. Cela risque de normaliser les discours de haine et les actions offensantes contre les symboles religieux. La Suède est maintenant considérée comme une nation extrémiste en ce qui concerne ses principes juridiques et son interprétation étroite des droits de l’homme.
Importance de reconnaître la mise à feu du Coran comme une incitation à la haine : ces actes – tels que le Coran brûlé –,
lorsqu’ils visent un groupe religieux spécifique, vont au-delà du blasphème et incitent à la haine. Reconnaître qu’il s’agit d’une incitation à la haine plutôt que d’un simple blasphème préserve la cohésion sociale et protège le bien-être des communautés religieuses.
Alignement sur les cadres juridiques internationaux : la Suède devrait aligner son approche sur les cadres juridiques internationaux tels que le Pacte international relatif aux droits civils et politiques. Ces cadres soulignent la nécessité d’équilibrer la liberté d’expression avec la protection contre les discours de haine et l’incitation à la violence. En se conformant à ces normes, la Suède garantit son engagement en faveur des droits de l’homme mondialement reconnus. La Suède peut s’inspirer du Royaume-Uni et de la Finlande, où le principe de la liberté de religion comprend des mesures contre la rupture de la paix religieuse (trosfrid).
Instaurer la confiance et encourager le dialogue comme mesures préventives : il est essentiel d’instaurer la confiance entre les individus et les groupes en relayant les initiatives de confiance. Cela favorise la diversité, la compréhension et l’inclusion. En outre, la promotion du dialogue par des pratiques collaboratives telles que la diapraxis renforce la cohésion sociale et favorise le respect mutuel.
La Suède doit faire face aux menaces auxquelles elle est confrontée en trouvant un équilibre entre la liberté d’expression et la liberté religieuse. En reconnaissant que brûler le Coran est comme une incitation à la haine, en s’alignant sur les cadres juridiques internationaux et en investissant dans des initiatives de renforcement de la confiance, la Suède peut favoriser une société qui défend les deux droits fondamentaux.
Johan GÄRDE, PhD
Professeur associé en sciences
de la religion de l’Université
d’Uppsala, à l’université Marie Cederschiöld (Stockholm), professeur associé à l’Université
Notre-Dame de Louaïzé
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