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Monde - Chronologie

Iran, Hezbollah, antisémitisme... 29 ans depuis l'attentat de 1994 à Buenos Aires

Retour sur les étapes importantes de l’enquête concernant l’attaque du 18 juillet 1994 contre une association juive dans la capitale argentine.

Iran, Hezbollah, antisémitisme... 29 ans depuis l'attentat de 1994 à Buenos Aires

Un homme marche parmi les décombres après l'attentat à la bombe qui a visé le siège de l’AMIA, association juive d'Argentine, le 18 juillet 1994. Photo d'archives Ali BURAFI / AFP

La justice argentine a sollicité jeudi un mandat d’arrêt international contre quatre ressortissants libanais, soupçonnés d’avoir participé “à titre secondaire” à l’attentat de Buenos Aires du 18 juillet 1994 contre le siège de l’AMIA, association juive d'Argentine.

Cette deuxième attaque perpétrée contre la communauté juive d’Argentine, la plus importante d'Amérique latine, n’a jamais été revendiquée ni élucidée, mais la justice argentine et Israël considèrent que l'Iran en était le commanditaire, et que l'attaque a été exécutée par des hommes du Hezbollah.

Les mandats d’arrêt demeurent pendants depuis 2006 à l’encontre de huit Iraniens. L’Iran a nié toute implication, et a toujours refusé que ses hauts responsables de l’époque soient interrogés. L’Orient-Le Jour revient sur les étapes importantes de l’enquête lancée il y a 29 ans.

18 juillet 1994 : un kamikaze conduit une camionnette chargée de bombes contre le siège de l'AMIA, l'Association mutuelle israélite argentine, à Buenos Aires. L'attaque fait 85 morts et 300 blessés.

L'Argentine soupçonne ouvertement l’Iran d’être à l’origine de l’organisation de l’attentat, et d’avoir chargé des membres libanais du Hezbollah de le perpétrer.

18 août 1994 : L'Argentine et l'Iran rappellent leurs ambassadeurs respectifs.

 Mai 1999 : Une source du Hezbollah interrogée par L'Orient-Le Jour dément toute implication dans les attentats.

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2001 : Début du procès concernant les attentats.

23 janvier 2002 : La justice suisse enquête sur des soupçons visant l’ex-président argentin Carlos Menem, qui aurait reçu des fonds de l'Iran pour camoufler l’éventuelle responsabilité de Téhéran dans l‘attentat.

1 octobre 2002 : L’Argentine demande à Interpol des renseignements sur le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, ainsi que sur les activités de plusieurs diplomates iraniens l'année de l'attentat.

23 février 2003 : La justice argentine lance un mandat d’arrêt contre une vingtaine de diplomates et responsables religieux iraniens. Ils visent notamment l’ancien ambassadeur d’Iran à Buenos Aires Hady Soleimanpur, l’ex-conseiller culturel Mohsen Rabbani et le guide suprême de la République islamique Ali Khamenei, ainsi que le Libanais Imad Moghniyé, l'ancien chef militaire du Hezbollah.

21 août 2003 : L’ancien ambassadeur d’Iran en Argentine, Hadi Soleimanpour, est arrêté au Royaume-uni à la demande du juge argentin enquêtant sur l’attentat.

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24 août 2003 : L’Iran rompt toute coopération économique avec l’Argentine, en représailles à l’arrestation de M. Soleimanpour.

2 septembre 2003 : L’Iran envoie ses avocats en Argentine pour avoir accès au dossier de l’enquête, douze mandats d’arrêt ayant été délivrés contre des Iraniens depuis mars 2003.

2004: Le procès de l’attentat s'achève dans un climat de frustration avec la relaxe de cinq Argentins poursuivis pour avoir fourni un soutien logistique.

Novembre 2005 : La justice argentine accuse un Libanais de 21 ans, membre du Hezbollah, Ibrahim Hussein Berro, d’être l’auteur de l’attentat.

25 octobre 2006 : L’Argentine accuse officiellement l’Iran et le Hezbollah d’être responsables de l’attentat. La décision de commettre l’attentat  « a été prise par les plus hautes autorités de la République islamique d’Iran, qui a chargé le Hezbollah de réaliser l’attaque », déclare Alberto Nisman, le chef d’une équipe de procureurs chargés de cette enquête. Un mandat d’arrêt international à l’encontre des plus hautes autorités du gouvernement iranien de l’époque, dont le président Ali Rafsandjani, est demandé.

15 mars 2007 : Interpol émet des avis de recherche internationaux en vue de l’extradition de cinq dirigeants iraniens et un Libanais, Imad Moghniyé, accusés par la justice argentine d’avoir joué un rôle dans l’attentat.

12 février 2008 : Imad Moghniyé est assassiné dans l’explosion d’une voiture piégée à Damas, l’Iran accuse Israël d’en être à l'origine.

17 juillet 2011 : L’Iran se dit prêt à coopérer avec le gouvernement argentin pour enquêter sur l’attentat. 

18 juillet 2011 : L’Iran est appelé à remettre huit suspects. Téhéran refuse cependant la demande d’arrestation et d’extradition de plusieurs responsables, dont le ministre de la Défense.

27 janvier 2013 : La présidente argentine Cristina Kirchner annonce un accord avec l’Iran sur la création d’une commission indépendante pour enquêter sur l’attentat.

30 mars 2013 : L 'Iran approuve l'accord avec l'Argentine pour enquêter sur l'attentat. Les deux pays forment des équipes qui se rencontreront en novembre à Genève.

Début 2015 : Le procureur Alberto Nisman, chargé d’enquête sur les attentats de 1994, lance une accusation d’entrave à la justice contre l’ex-présidente Kirchner, poursuivie pour avoir encouragé l'approbation par le Parlement d'un accord avec Téhéran, prévoyant que de hauts fonctionnaires iraniens soupçonnés d'avoir commandité l'attentat soient entendus hors d'Argentine, leur permettant ainsi de se dérober à la justice.

18 janvier 2015 : Le procureur Alberto Nisman est retrouvé mort dans son appartement de Buenos Aires à la veille de présenter son accusation contre Cristina Kirchner.

19 mai 2015 : Ali Akbar Velayati, ex-ministre des Affaires étrangères iranien, et Mohsen Rabbani, attaché culturel de l'ambassade d'Iran à Buenos Aires en 1994, qui figurent parmi les accusés de l'attentat, affirment ne rien à voir avec l'attaque.

20 juillet 2016 : L’Argentine demande l’extradition de Ali Akbar Velayati.

7 décembre 2017 : La justice argentine ordonne la levée de l'immunité et l'arrestation de l'ex-présidente Kirchner pour entrave à l'enquête. Le juge fédéral Carlos Bonadio ordonne également l'arrestation de l'ex-ministre des Affaires étrangères Hector Timermann et de plusieurs autres anciens hauts responsables argentins.

18 juillet 2019 : Les autorités argentines ordonnent le gel des avoirs du Hezbollah dans le pays et qualifient le parti d'organisation "terroriste”.

19 juillet 2019 : Les États-Unis sanctionnent Salmane Raouf Salmane, chef de la sécurité extérieure du Hezbollah, soupçonné d’avoir coordonné l’attentat. Selon le Trésor, il serait de nationalités colombienne et libanaise, et continuerait de diriger des opérations terroristes sur le continent américain pour le compte du Hezbollah.

7 octobre 2021 : La justice argentine prononce un non-lieu en faveur de la vice-présidente du pays Cristina Kirchner, accusée d'entrave - au profit de l'Iran - à l'enquête sur l'attentat.

Fin 2022 : Le procureur chargé de l’enquête requiert un mandat d’arrêt en vertu de "soupçon fondés" concernant quatre ressortissants libanais, Hussein Mounir Mouzannar, Ali Hussein Abdallah, Farouk Abdel Hay Omaïri, Abdallah Salmane, qui seraient des "collaborateurs ou agents opérationnels" du Hezbollah.

15 juin 2023 : La justice argentine sollicite un mandat d’arrêt international contre ces quatre suspects libanais.

La justice argentine a sollicité jeudi un mandat d’arrêt international contre quatre ressortissants libanais, soupçonnés d’avoir participé “à titre secondaire” à l’attentat de Buenos Aires du 18 juillet 1994 contre le siège de l’AMIA, association juive d'Argentine. Cette deuxième attaque perpétrée contre la communauté juive d’Argentine, la plus importante d'Amérique...
commentaires (3)

"… un kamikaze conduit une camionnette chargée de bombes contre le siège de l'AMIA …" - Ça commence mal. C’était un attentat à la voiture piégée. Rien à voir avec un kamikaze… Ça vous arrive de vérifier ce que vous recopiez?

Gros Gnon

15 h 41, le 17 juin 2023

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Commentaires (3)

  • "… un kamikaze conduit une camionnette chargée de bombes contre le siège de l'AMIA …" - Ça commence mal. C’était un attentat à la voiture piégée. Rien à voir avec un kamikaze… Ça vous arrive de vérifier ce que vous recopiez?

    Gros Gnon

    15 h 41, le 17 juin 2023

  • Et 40 ans depuis le Drakkar et l’aéroport …

    LeRougeEtLeNoir

    13 h 34, le 17 juin 2023

  • On commence à concurrencer le Vatican par le nombre de saints...

    Wlek Sanferlou

    00 h 47, le 17 juin 2023

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