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Sport - Football

Benzema file vers l’Arabie saoudite, en attendant les autres...

Après quatorze ans au Real Madrid, l’attaquant français vient de s’engager pour trois saisons avec al-Ittihad Djeddah, qui lui a offert un véritable pont d'or. Une nouvelle prise de guerre prestigieuse, qui devrait bientôt en appeler d'autres, avalisant encore un peu plus l'installation du royaume au premier rang du paysage footballistique mondial.

Benzema file vers l’Arabie saoudite, en attendant les autres...

Karim Benzema célébrant son but inscrit en quart de finale de la Ligue des champions entre le Real Madrid et Chelsea, le 13 avril 2023 au stade Santiago Bernabeu. Javier Soriano/AFP

Bien qu’ils en aient l’habitude, les Saoudiens s’apprêtent à vivre un été particulièrement bouillant. Dans sa quête de devenir le nouvel « eldorado » du football mondial, le royaume multiplie les discussions avec les stars des championnats européens pour les convaincre de rejoindre la Saudi Pro League. Et plus les jours passent, plus les grands noms associés à tel ou tel club saoudien surgissent de toutes parts, et pas des moindres.

Dans le sillage de Cristiano Ronaldo, qui avait débarqué fin décembre dans la péninsule, c'est au tour de Karim Benzema de céder aux sirènes du gardien des lieux saints. Disposant toujours d’une année de contrat en option au Real Madrid, qu’il avait rejoint à l’été 2009, l’attaquant français a finalement décidé de quitter la "Maison Blanche" pour accepter l’offre mirifique, estimée à plus de 100 millions de dollars nets par saison, qui lui a été formulée la semaine dernière par le récent champion d’Arabie saoudite, al-Ittihad Djeddah, avec lequel il vient de s'engager ce mardi pour les trois prochaines saisons.

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Comment l’Arabie saoudite compte devenir la future capitale du football mondial

Apparu publiquement jeudi dernier dans la capitale espagnole pour recevoir un prix décerné par le quotidien sportif Marca, l’intéressé était pourtant resté évasif à propos de son avenir. Forcément interrogé sur sa situation personnelle pendant la cérémonie, il s’était alors contenté de rétorquer de façon lapidaire qu’il ne fallait pas croire « tout ce qui se dit sur internet », et qu'il était jusqu'à preuve du contraire « toujours à Madrid ».

Mais après cette séance de langue de bois, si coutumière des joueurs en instance de départ, "KB9" n'a pas tardé à faire connaître sa décision à ses dirigeants, qui espéraient encore le convaincre de rempiler pour une année supplémentaire. 


« Une nouvelle séquence s'est ouverte sur le golfe »

C'est donc dans un communiqué officiel, publié ce vendredi, que le Real Madrid a annoncé le départ de sa « légende », après quatorze années de bons et loyaux services durant lesquelles Benzema aura soulevé pas moins de vingt-cinq trophées, dont cinq Ligues des Champions. Le tout en s'étant hissé jusqu'au rang de deuxième meilleur buteur de l'histoire du club, en inscrivant la bagatelle de 354 buts en 648 matchs.


Karim Benzema, porté en triomphe par ses coéquipiers du Real Madrid au terme de son dernier match sous les couleurs madrilènes disputé ce dimanche, contre Bilbao (1-1), au stade Santiago Bernabeu de Madrid. Juan Medina / REUTERS

Le dernier d'entre eux a d'ailleurs été ajouté à l'occasion de son jubilé sous la tunique merengue, ce dimanche contre l'Athletic Bilbao (1-1). Pour clore ce glorieux chapitre de la meilleure des manières, il s'est même offert un ultime instant de communion avec le public de Santiago-Bernabeu, qui l'a longuement ovationné dans la foulée de son penalty transformé à la 72e minute.

S'il est clair que, malgré ses 35 ans, l'ancien Lyonnais avait encore une, voire deux saisons dans les jambes au plus haut niveau européen, sa décision de quitter le vieux-continent s'inscrit dans une tendance qui s'avère de plus en plus lourde. Encore incongru il y a quelques années, un tel transfert apparait désormais comme étant dans "l'ère du temps", ou du moins fidèle à un mouvement enclenché six mois auparavant par son ancien coéquipier au Real Madrid, Cristiano Ronaldo.

En rejoignant les rangs d'al-Nasr, le Portugais provoquait un premier tremblement de terre sur la planète football, avalisant de fait le déplacement progressif de son centre de gravité vers la péninsule. Longtemps relégués au second plan sur la scène sportive internationale, et surtout dans l'ombre de son voisin qatari, les Saoudiens opèrent depuis plusieurs années une percée sur de nombreux fronts (Dakar, Grand Prix de Formule 1, Circuit international de golf LIV), devenue encore plus spectaculaire depuis la fin de la Coupe du Monde au Qatar. 

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Comment le football a atterri dans le Golfe

« La fin du Mondial a ouvert une nouvelle séquence dans le golfe », résume Raphaël Le Magoariec, géopolitologue spécialiste des pays du golfe. « Les Saoudiens sont prêts à tout mettre sur la table, car ils sont en pleine entreprise de séduction des acteurs du sport mondial. Chaque émirat, ou royaume, suit sa propre logique dans le cadre de leurs géopolitiques respectives, et Riyad veut être le principal acteur de cette nouvelle page qui est en train de s'ouvrir en s'imposant comme le principal promoteur d'événements sportifs dans la région », développe-t-il.


D'autres stars en approche

La marche que suivent actuellement les dirigeants saoudiens rappelle celle de leurs homologues qataris dans les années 2000, qui avaient également attiré de grands noms du football de l'époque comme Romário, Batistuta, Desailly, Hierro, Raúl, ou plus récemment Xavi. De quoi préparer leur future candidature à l'organisation du Mondial 2022. Un Graal qu'espère par ailleurs décrocher le royaume dès 2024, date de la désignation de l'hôte de l'édition 2030 de la grande compétition.

Pour parfaire sa vitrine, l'Arabie Saoudite mise donc sur le développement de son championnat national, la Saudi Pro League. En plus de l'enveloppe de 20 milliards de dollars attribuée par le pouvoir saoudien aux différents clubs, le quota d'étrangers autorisés par équipe a été rehaussé de sept à huit joueurs.

« Nous soutiendrons le reste de nos clubs pour qu’ils réalisent bientôt des transferts impliquant d’autres stars mondiales », avait écrit le ministre saoudien des Sports, Abdelaziz ben Turki al-Fayçal, sur son compte Twitter, le 30 décembre 2022, au lendemain de l’officialisation de l’arrivée de Ronaldo à al-Nasr.

Une déclaration qui entérine l'ambition démesurée des Saoudiens, loin d'être rassasiés par l'arrivée de la star portugaise. Outre Lionel Messi, ouvertement convoité depuis le début de ses mésaventures du côté du Paris Saint-Germain, avec qui le divorce a été consommé, d'autres stars des plus grands championnats européens seraient en passe de poursuivre leurs carrières sur les pelouses saoudiennes.

Au moins une dizaine de noms sont évoqués dans divers médias. Parmi eux, figurent ceux de l'ancien Ballon d'Or croate Luka Modric, ou encore l'ancien gardien et capitaine de l'équipe de France Hugo Lloris. Dans le sillage des deux finalistes de la Coupe du Monde 2018, le royaume a ciblé l'actuel milieu tricolore de Chelsea N'Golo Kanté, les Espagnols Sergio Ramos, Jordi Alba et Sergio Busquets, l'Argentin Angel Di Maria ainsi que le Brésilien Roberto Firmino, le plus jeune des courtisés du haut de ses 31 ans.

Déjà considérée comme l’une des ligues non européennes au niveau le plus relevé, la Saudi Pro League sera donc bientôt munie de multiples têtes de gondole, réparties du mieux possible entre ses différentes équipes phares. Et l'appel d'air n'est pas près de se tarir : comme annoncé ce lundi par le prince héritier Mohammed Ben Salmane, les clubs saoudiens, jusque-là propriété de membres de la famille royale ou de proches du pouvoir, sont désormais ouverts à la privatisation.

Autrement dit, ils pourront bientôt être détenus par des entreprises, notamment celles liées au fonds souverain saoudien, le Public Investment Found (PIF), qui vient de faire passer sous son pavillon les quatre plus grands clubs saoudiens : al-Hilal et al-Nasr basés à Riyad, et leurs homologues d’al-Ittihad et d’al-Ahly à Djeddah, de quoi leur procurer des moyens quasiment illimités. Une chose est sûre, Karim Benzema ne viendra pas seul.

Bien qu’ils en aient l’habitude, les Saoudiens s’apprêtent à vivre un été particulièrement bouillant. Dans sa quête de devenir le nouvel « eldorado » du football mondial, le royaume multiplie les discussions avec les stars des championnats européens pour les convaincre de rejoindre la Saudi Pro League. Et plus les jours passent, plus les grands noms associés à tel ou tel club...
commentaires (2)

Je suis un néophyte en foot voire en sport cependant, ce que je sais: Lorsqu’il y a plusieurs super stars réunies dans une seule équipe… sport ou pas sport… certes, les cachets mirobolants attirent mais au bout d’un moment, il va falloir gérer LA GUERRE DES STARS et l’EGO de chacun d’entre eux. Avec l’argent, on peut acheter des joueurs Stars , en revanche, dans les coulisses, ca sera une autre paire de manche… Wait and see…

LE FRANCOPHONE

06 h 46, le 06 juin 2023

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Commentaires (2)

  • Je suis un néophyte en foot voire en sport cependant, ce que je sais: Lorsqu’il y a plusieurs super stars réunies dans une seule équipe… sport ou pas sport… certes, les cachets mirobolants attirent mais au bout d’un moment, il va falloir gérer LA GUERRE DES STARS et l’EGO de chacun d’entre eux. Avec l’argent, on peut acheter des joueurs Stars , en revanche, dans les coulisses, ca sera une autre paire de manche… Wait and see…

    LE FRANCOPHONE

    06 h 46, le 06 juin 2023

  • Et tout à l’honneur, Mohamed Ben Salman rehausse encore plus le nom de l’Arabie Saoudite.

    Mohamed Melhem

    05 h 14, le 06 juin 2023

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