Le siège de la Banque centrale européenne à Francfort, en Allemagne. Daniel Roland/AFP
Les grandes banques européennes affichent des résultats éclatants au début d’année 2023 grâce à la remontée des taux directeurs des banques centrales, dont profitent toutefois un peu moins les établissements français. En Italie, UniCredit et Intesa Sanpaolo ont, chacune, engrangé près de 2 milliards d’euros de bénéfice net entre janvier et mars, respectivement près de deux et sept fois plus que lors du premier trimestre 2022. En Espagne aussi, le géant Banco Santander a réussi à maintenir sur les trois premiers mois de l’année un niveau de bénéfice net comparable à l’an dernier sur la période, à 2,57 milliards d’euros, son dauphin BBVA engrangeant de son côté 1,84 milliard d’euros de bénéfice net, en hausse de 39,4 % sur un an.
Des résultats « stratosphériques » pour l’analyste de l’agence de notation Fitch Rafael Quina, interrogé par l’AFP. Ces banques « prennent beaucoup mieux le vent de la hausse des taux » que les banques françaises, expliquet-t-il, du fait d’une plus grande part de leur portefeuille de crédit immobilier à taux variable. La hausse des taux d’intérêt se répercute donc plus directement sur leur stock de crédits, immobiliers notamment, et non sur les seuls nouveaux, comme en France, marché où la grande majorité des prêts immobiliers sont à taux fixe. D’autres banques en Europe ont aussi profité de cet effet : Barclays au Royaume-Uni a vu son bénéfice net croître de 27 % sur un an entre janvier et mars, NatWest de 52 % et la néerlandaise ING a presque quadruplé le sien.
Réseaux France à la traîne
Comme souvent, la palme du meilleur bénéfice net est revenue au géant français BNP Paribas, avec 4,4 milliards d’euros engrangés sur les trois premiers mois de l’année, soit près de 2,5 fois plus que l’an dernier à la même époque. Ce tour de force a cependant été bien aidé par une plus-value générée par la cession de sa filiale américaine Bank of the West, vendue 16,3 milliards de dollars début février. M. Quina identifie par ailleurs deux principaux dénominateurs communs dans les résultats des établissements bancaires français.
Côté pile, des banques de financement et d’investissement (BFI) qui « ont continué à fonctionner sur des niveaux assez élevés, notamment tirés par les métiers de couverture, de change, mais aussi conservation de titres ». Côté face, des banques de détail « qui traversent une période assez compliquée ».
Société Générale en est un bon exemple : le bénéfice net de sa BFI a été presque multiplié par deux entre janvier et mars sur un an, quand celui de la banque de détail a été divisé par plus de 2. La fin des prêts géants de la Banque centrale européenne (BCE), des nouveaux crédits immobiliers non rentables ou encore la nouvelle hausse du taux du livret A, à 3 % depuis le 1er février, compriment fortement les marges des banques de détail.
Marasme suisse
Le premier trimestre a également été marqué par un vent de panique dans l’industrie bancaire venu des États-Unis après la faillite éclair de la Silicon Valley Bank (SVB). Les résultats des banques helvètes UBS et Credit Suisse, dont le mariage est en cours, ont été regardés à la loupe. Le premier a indiqué le 25 avril avoir engrangé un bénéfice net de 1 milliard de dollars au premier trimestre, bien en deçà des attentes. « C’est un peu une phase de transition pour UBS qui se met en ordre de bataille pour intégrer très vite Credit Suisse », a commenté auprès de l’AFP Simon Outin, analyste chez Allianz Global Investors.
Benoît PELEGRIN/AFP


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