La dépouille mortelle d’un combattant du Hamas tué par les forces israéliennes est portée par la foule lors de funérailles à Naplouse, en Cisjordanie occupée, le 4 mai 2023. Raneen Sawafta/Reuters
Trois combattants palestiniens du Hamas, accusés d’avoir tué par balles trois Israélo-Britanniques en avril, ont été abattus jeudi par les forces israéliennes lors d’une incursion militaire à Naplouse, dans le nord de la Cisjordanie occupée. Le ministère de la Santé palestinien les a identifiés comme étant Hassan Qatnani, 35 ans, Moaz Masri, 35 ans, et Ibrahim Jouri, 45 ans. Le Hamas a indiqué dans un communiqué qu’ils étaient membres de sa branche armée. Qatnani et Masri ont « assassiné Léa (Lucy), Maia et Rina Dee le 7 avril dans une attaque par balles près de Hamra », en Cisjordanie, a de son côté indiqué le Shin Beth, le service de sécurité intérieure israélien. Ils ont été tués « durant une opération conjointe du Shin Beth, de l’armée et de la police », a indiqué cette source dans un communiqué, en précisant qu’un complice avait également été tué dans les échanges de tirs.
« Pendant une heure et demie, j’ai entendu des explosions et des coups de feu », a raconté Reda Abou Dhair, 52 ans, un témoin ayant vu, après le raid, de la fumée sortir de la maison où se cachaient les trois hommes et dont le toit a été détruit, dans la vieille ville de Naplouse. Des échauffourées ont éclaté en marge de l’opération israélienne, des jeunes Palestiniens lançant des pierres sur des véhicules militaires. Abdelatif al-Qanou, un porte-parole du Hamas, organisation au pouvoir dans la bande de Gaza mais aussi active en Cisjordanie occupée, a assuré que « la résistance procédera(it) avec détermination » pour « venger le sang des martyrs ».
106 Palestiniens tués en 2023
Lucy Dee, 48 ans, et ses filles Rina et Maia, âgées respectivement de 16 et 20 ans, habitantes de la colonie israélienne d’Efrat, près de Bethléem, avaient été tuées par balles dans le nord de la Cisjordanie le 7 avril. L’opération israélienne « a été menée d’une façon qui n’a mis en danger ni les vies des soldats israéliens ni de civils palestiniens », a salué jeudi dans un communiqué Leo Dee, mari de Lucy et père de ses deux filles, se disant « réconforté ». Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a également réagi, évoquant dans un communiqué « un message à l’adresse de ceux qui nous attaquent et qui veulent nous attaquer ». « Qu’importe l’endroit où vous tentez de vous cacher, nous vous trouverons », a-t-il affirmé.
Bastion de groupes armés, le nord de la Cisjordanie, territoire palestinien occupé par Israël depuis 1967, est le théâtre de violences depuis plus d’un an. Le 22 février, 11 Palestiniens incluant des combattants avaient été tués et plus de 80 personnes ont été blessées par balles dans un raid israélien à Naplouse, le plus meurtrier depuis 2005. Dans un autre incident au sud de Naplouse, dans la ville de Huwara, une Palestinienne de 26 ans ayant poignardé un soldat israélien a été abattue hier. Le soldat, âgé de 20 ans, a été hospitalisé dans un état modéré, d’après le Magen David Adom, l’équivalent israélien de la Croix-Rouge. Le nombre de Palestiniens tués depuis le début de l’année s’élève désormais à 106, parmi lesquels des civils, dont des mineurs.Ces développements interviennent après une flambée de violences en début de semaine entre des groupes armés de la bande de Gaza et Israël, consécutive à la mort d’un responsable du Jihad islamique palestinien, mort des suites d’une grève de la faim dans une prison israélienne. Dans la nuit de mardi à mercredi, un Palestinien a été tué et cinq autres ont été blessés dans des frappes israéliennes sur Gaza, menées en représailles à des tirs de roquettes vers le sol israélien. Une trêve avait été annoncée mercredi matin par le mouvement armé Jihad islamique et l’Égypte, un médiateur traditionnel. Israël n’a pas commenté.
Source : AFP


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