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Moyen-Orient - Conflit

Au Soudan en plein chaos, des suspects de crimes contre l’humanité en fuite

Le cessez-le-feu conclu sous l’égide des États-Unis reste fragile.

Au Soudan en plein chaos, des suspects de crimes contre l’humanité en fuite

Capture d’écran d’une vidéo montrant des paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR) du général Mohammad Hamdane Daglo dans le Grand Khartoum, le 23 avril 2023. Photo AFP

Un ancien responsable de la dictature au Soudan recherché pour crimes contre l’humanité a annoncé s’être évadé de prison en compagnie d’autres ex-collaborateurs dans ce pays en plein chaos, faisant craindre un nouvel embrasement au moment où un cessez-le-feu conclu sous l’égide des États-Unis reste fragile.

Mercredi, les affrontements ont continué à Khartoum où des avions de chasse de l’armée ont survolé la banlieue nord de la capitale, essuyant les tirs à l’artillerie lourde des paramilitaires.

Les combats meurtriers opposent depuis 12 jours les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR) du général Mohammad Hamdane Daglo à l’armée régulière du général Abdel Fattah el-Burhane. Auteurs du coup d’État fin 2021, les deux généraux se livrent désormais une guerre sans merci pour le pouvoir.

Profitant d’une situation chaotique, un personnage important du régime de l’ex-dictateur Omar el-Bachir, Ahmad Haroun, s’est évadé de la prison de Kober, dans la capitale Khartoum, avec d’autres hauts responsables de la dictature.

Attaques de civils

« Nous sommes restés en détention à Kober pendant neuf jours (...) et nous avons désormais la responsabilité de notre protection » dans un autre lieu, a affirmé M. Haroun dans une allocution enregistrée à la télévision soudanaise mardi soir.

L’armée soudanaise a affirmé mercredi que Bachir, au pouvoir pendant 30 ans, était « toujours dans un hôpital sous la garde de la police judiciaire ». Il est recherché par la Cour pénale internationale (CPI) pour « crimes de guerre » et « crimes contre l’humanité » au Darfour, dans l’ouest du Soudan, comme M. Haroun.

De son côté, le bureau du procureur de la CPI a indiqué qu’il suivait de près les événements, observant que les informations sur les personnes incarcérées à Kober n’avaient pas été « confirmées de manière indépendante ».

Un conflit avait éclaté au Darfour en 2003 entre Khartoum et des membres de minorités ethniques non arabes. Il a fait quelque 300 000 morts et 2,5 millions de déplacés, selon l’ONU. Les forces des FSR regroupent des milliers d’anciens miliciens arabes recrutés par Bachir et soupçonnés d’exactions au Darfour.

Depuis le début des combats au Soudan le 15 avril entre paramilitaires et armée régulière, plus de 459 personnes ont été tuées et plus de 4 000 blessées, selon l’ONU.

Le chef de la mission de l’ONU au Soudan, Volker Perthes, resté dans le pays, a déclaré que les belligérants « attaquaient des zones densément peuplées sans se soucier des civils, des hôpitaux ni même des véhicules transportant les blessés et les malades ».

Quelque « 6 000 personnes de différentes nationalités ont traversé » la frontière avec l’Éthiopie, a déclaré pour sa part un responsable soudanais du poste-frontière de Gallabat (Est). Selon l’ONU, plusieurs dizaines de milliers de personnes sont déjà arrivées dans l’ensemble des pays frontaliers du Soudan. Au total, 270 000 personnes pourraient fuir au Tchad et au Soudan du Sud voisins, préviennent les Nations unies.

« Le plus difficile, c’est le bruit des bombardements et des avions de chasse qui survolent notre maison. Cela a terrifié les enfants », a déclaré Safa Abou Taher, rapatrié avec sa famille en Jordanie.

Ramener l’ancien régime

Un bateau transportant 1 687 civils qui ont fui le Soudan et originaires de plus d’une cinquantaine de pays est arrivé mercredi en Arabie saoudite, 245 ressortissants français et étrangers évacués par avion par les autorités françaises ont atterri près de Paris, et le gouvernement du Royaume-Uni a annoncé avoir évacué du Soudan plus de 301 personnes, en majorité britanniques.

Ceux qui ne peuvent pas quitter Khartoum, ville de plus de cinq millions d’habitants, tentent de survivre privés d’eau et d’électricité, soumis aux pénuries de nourriture et aux coupures téléphoniques et d’internet.

Selon le syndicat des médecins, près des trois quarts des hôpitaux sont hors service au Soudan. À Khartoum, plus de 60 % des centres médicaux sont fermés, a indiqué mercredi l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Elle a ajouté qu’une « évaluation approfondie des risques » sanitaires était en cours après la prise par l’un des deux camps d’un « laboratoire public » de Khartoum, qui renferme des agents pathogènes de la rougeole, du choléra et de la poliomyélite.

Aux yeux de dame Rosalind Marsden, ancienne ambassadrice britannique et ex-représentante spéciale de l’Union européenne pour le Soudan, « ce à quoi nous assistons est une lutte de pouvoir entre deux généraux, mais il s’agit également d’une tentative de faire dérailler la transition démocratique du Soudan et de ramener le pays sous le contrôle de l’ancien régime ».

Source : AFP

Un ancien responsable de la dictature au Soudan recherché pour crimes contre l’humanité a annoncé s’être évadé de prison en compagnie d’autres ex-collaborateurs dans ce pays en plein chaos, faisant craindre un nouvel embrasement au moment où un cessez-le-feu conclu sous l’égide des États-Unis reste fragile.Mercredi, les affrontements ont continué à Khartoum où des avions de chasse de l’armée ont survolé la banlieue nord de la capitale, essuyant les tirs à l’artillerie lourde des paramilitaires.Les combats meurtriers opposent depuis 12 jours les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR) du général Mohammad Hamdane Daglo à l’armée régulière du général Abdel Fattah el-Burhane. Auteurs du coup d’État fin 2021, les deux généraux se livrent désormais une guerre sans merci pour le...
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