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Lifestyle - Exposition

« Ramsès II et l’or des pharaons », une exposition spectaculaire à la Grande Halle de la Villette

Illustrant la grandeur de la royauté pharaonique, une impressionnante collection de 181 artefacts dévoilée à Paris. 

Avec un casque 3D, le visiteur explore les temples d’Abou Simbel et la tombe de la belle Néfertari. Photo tirée du site officiel de l'exposition

« Ramsès II est considéré comme le plus grand roi ayant régné sur l’Égypte », souligne Zahi Hawass, ancien ministre égyptien des Antiquités, secrétaire général du Conseil suprême des Antiquités égyptiennes et co-commissaire de l’événement. « Les nombreux artefacts et structures que nous avons utilisés pour retracer l’histoire de l’Égypte datent de son règne. Cette exposition mettra en lumière les moments charnières qui ont permis au grand pharaon d’entrer dans l’histoire ». Célèbre bâtisseur de l’Égypte pharaonique, Ramsès II (1305-1213 av. J.C) dont le règne fut le plus long et le plus glorieux d’Egypte, a laissé à la postérité des monuments exceptionnels, notamment les temples de Karnak et d’Abou Simbel, sites culturels d’une valeur universelle qui font partie des plus grandes merveilles d’Egypte ; une ville à son nom, Pi-Ramsès, qui vole la vedette à Thèbes ; un colosse de plus de 10 mètres à Memphis; le Ramesseum, à Louxor, décrit par l’historien grec Diodore de Sicile comme « le plus majestueux de toute l’Egypte », et surnommé par Champollion le Temple de millions d’années, car le culte funéraire du roi y était assuré pour l’éternité ; et deux obélisques à Louxor, dont l'un trône sur la place de la Concorde à Paris. En résumé, Ramsès II était le roi des records : son règne a duré 66 ans, fait rarissime dans l'histoire égyptienne et il est mort à 90 ans, une longévité inhabituelle pour l'époque ; il a eu plus d’une dizaine de femmes dont la principale et « grande épouse royale » fut Nefertari, et 126 enfants.


Des pièces magnifiques exposées dans le cadre de "Ramses II et l'or des pharaons" à la Grande Halle de la Villette à Paris jusqu'au 6 septembre 2023. Photo Anne-Christine POUJOULAT/AFP

181 pièces, 181 histoires
Sur fond d’un immense cliché représentant le Temple de millions d’années, un trésor de 181 pièces inestimables livrent le récit d’une page de l’Egypte antique. Sont exposés statues, sphinx, stèles et sarcophages ayant appartenu au pharaon Ramsès II et à ses épouses royales Néfertari et Iset-Nofret, au grand prêtre Khâemouaset et au monarque Mérenptah. L’événement présente également une importante collection d’artefacts provenant des tombes royales de Tanis (Sân el-Hagar), capitale des pharaons des XXIe et XXIIe dynasties, ainsi que des momies d’animaux découverts en 2018 dans la nécropole de Saqqara (lionceaux, mangoustes, sarcophages de crocodiles). Des pièces exceptionnelles chargées d’histoire et de gloires dont certaines d'entre elles n’ont jamais quitté l’Égypte, comme la tête colossale de Ramsès II en granite rose portant une barbe droite et lisse, une longue coiffe qui symbolise la Haute-Égypte, et deux cartouches rappelant son nom : Ramsès aimé d'Amon et Puissante est la Maât de Rê, celui que Rê a choisi. Il y a également son colosse de quatre mètres et son sarcophage en bois de cèdre du Liban, dont la magnifique sobriété fait ressortir les coups de pinceau qui soulignent les yeux et le tour de son visage, colorent ses sceptres, sa barbe postiche et le cobra, emblème protecteur et symbole de pouvoir, qui se dresse sur son front. L’œuvre a été réalisée après un premier pillage de la tombe royale dans l’Antiquité et son dépouillement a permis au Grand Ramsès d’y reposer en paix pendant des millénaires, jusqu’à sa découverte, en 1881.


Ramsès II, grande star de l'exposition « Ramsès II et l'or des pharaons » à la Grande Halle de la Villette à Paris. Photo Jaqueline AYOUB

Autant de pièces ou artefacts autant d’histoires. Comme le masque funéraire du roi Amenemopet, de la XXIe dynastie de Tanis. Ou cet ostraca (fragment de pierre calcaire) sur lequel un des descendants de Ramsès II, Ramsès IV, dit Le conquérant, est représenté sur un char, agrippant par les cheveux ses ennemis vaincus. Ses montures qui se cabrent laissent apparaître un fauve attaquant un soldat hostile. Ou encore le collier d'or du pharaon Psousennès Ier, « absolument extraordinaire parce qu'il pèse 8,640 kg. C'est probablement un collier qui était mis à l'avant des barques sacrées », raconte Bénédicte Lhoyer, égyptologue, archéologue, conseillère scientifique de l’exposition, dans l’émission C à vous sur France 5. Signalons que la tombe de Psousennès Ier a été découverte à Tanis par l’archéologue français Pierre Montet en 1940. Selon le récit de l’archéologue « la momie, toute habillée d’or y reposait sur une planche d’argent, avec ses six colliers, vingt-deux bracelets de poignet, quatre de genou et de cheville, des pectoraux, des doigtiers et sandales d’or, plus de trente bagues, le tout d’un goût parfait ». D’autres joyaux proviennent de la tombe de Sithathoryunet, fille d'un souverain égyptien de la XIIe dynastie : lourds colliers, bracelets incrustés de lapis-lazuli, couronne et poignard d’or sertis de pierres semi-précieuses et d’autres bijoux considérés comme faisant partie de la plus haute qualité jamais trouvé.


Une vue de l’installation de l’exposition à la Villette. Photo tirée du site officiel de l'exposition

Les découvertes se succèdent avec les deux cercueils exceptionnels à tête de faucon issus de la tombe de Sheshonq II, pharaon de la XXIIe dynastie. L’un est en bois peint et doré, l’autre en argent massif. La beauté des artefacts exposés témoigne de l’impressionnante pérennité de la civilisation égyptienne.

Estimée à un milliard de dollars
L’exposition est ponctuée de cartes, d’hologrammes, de panneaux explicatifs bilingues (anglais et espagnol) et de documentaires sur les constructions gigantesques du grand roi et les villes emblématiques égyptiennes. Ainsi, avec un casque 3D, le visiteur explore les temples d’Abou Simbel et la tombe de la belle Néfertari, épouse préférée du pharaon-soleil. De même, un film raconte la célèbre redécouverte en 1881 de la cachette de Ramsès II dans la nécropole thébaine, où il se trouvait en compagnie d’autres momies royales. En effet, sa dernière demeure pillée au début du premier millénaire av. J.-C. fut vidée par les prêtres d’Amon et sa momie déposée dans une tombe de la montagne thébaine, auprès d’autres rois.

L’événement, qui se déroule à la Grande Halle de la Villette jusqu’au 6 septembre, a été organisé en partenariat avec le Conseil suprême des Antiquités de la République arabe d’Égypte et produite conjointement par Cityneon Holdings et World Heritage Exhibitions (WHE), société basée en Floride et spécialisée dans la production d'expositions blockbusters qui tournent d'abord aux États-Unis, puis un peu partout dans le monde. Selon certains médias, pour assurer la valeur globale des artefacts, estimée à 1 milliard de dollars, la Lloyd's a mobilisé 25 compagnies d'assurance différentes. 

Ramsès et l'or des pharaons pour 5 mois à la Grande Halle de la Villette à Paris.

« Ramsès II est considéré comme le plus grand roi ayant régné sur l’Égypte », souligne Zahi Hawass, ancien ministre égyptien des Antiquités, secrétaire général du Conseil suprême des Antiquités égyptiennes et co-commissaire de l’événement. « Les nombreux artefacts et structures que nous avons utilisés pour retracer l’histoire de l’Égypte datent de son règne. Cette...

commentaires (2)

Désolé d'être rabat-joie, mais cette exposition relève plus de la Fashion Week que d'une expo temporaire. Ce n'est qu'un spectacle de foire autour d'oeuvres sublimes. Tout, absolument tout, hormis les oeuvres, relève du cirque : visiteurs parqués dans des bétaillères à l'entrée, réservation exclusivement par internet, moquette de salons professionnels, ambiance palais des glaces et j'en passe. L'Égyte à court de devises fait feu de tout bois pour "valoriser" ses trésors à l'étranger - ce que les circuits de prêts traditionnels inter-institutions ne permettent pas. Est-ce sous une Halle, anciens abattoirs, que l'on peut exposer le vénérable Ramsès ? Je ne le pense pas.

Ca va mieux en le disant

11 h 39, le 18 avril 2023

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Commentaires (2)

  • Désolé d'être rabat-joie, mais cette exposition relève plus de la Fashion Week que d'une expo temporaire. Ce n'est qu'un spectacle de foire autour d'oeuvres sublimes. Tout, absolument tout, hormis les oeuvres, relève du cirque : visiteurs parqués dans des bétaillères à l'entrée, réservation exclusivement par internet, moquette de salons professionnels, ambiance palais des glaces et j'en passe. L'Égyte à court de devises fait feu de tout bois pour "valoriser" ses trésors à l'étranger - ce que les circuits de prêts traditionnels inter-institutions ne permettent pas. Est-ce sous une Halle, anciens abattoirs, que l'on peut exposer le vénérable Ramsès ? Je ne le pense pas.

    Ca va mieux en le disant

    11 h 39, le 18 avril 2023

  • Le Liban aurait pu faire pareil avec une exposition sur les phéniciens mais bien entendu la clique au pouvoir n' a ni les idées ni les compétences pour un tel projet qui ferait rentrer des devises fraîches au Liban C'est effectivement plus facile de faire passer de grè á gré la construction d'un nouveau terminal á l'aéroport avec toutes les irrégularités qui vont avec

    Moi

    13 h 01, le 17 avril 2023

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