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Culture - Disparition

Michel Peyramaure : l’histoire et le terroir

L’écrivain français, figure du roman historique et auteur de plus d’une centaine de livres, est décédé à l’âge de 101 ans.

Michel Peyramaure : l’histoire et le terroir

L’auteur Michel Peyramaure. Photo éditions Calmann-Lévy

Provincial revendiqué, amoureux de Brive et de la Corrèze, l’écrivain Michel Peyramaure, décédé à 101 ans, était un auteur prolifique, considéré comme un maître du roman historique.

Récompensé pour l’ensemble de son œuvre par le Grand Prix de littérature de la Société des gens de lettres, le centenaire figurait, avec René de Obaldia (disparu en 2022) et Edgar Morin, dans ce club restreint des écrivains ayant dépassé le siècle.

Avec ses amis corréziens Claude Michelet et Denis Tillinac, il fonde, dans les années 1980, l’École de Brive, mouvement s’inscrivant dans la tradition du roman populaire du XIXe siècle.

Il est aussi à l’origine, avec d’autres, de la Foire du livre de Brive, devenue un événement littéraire incontournable.

Corrézien pure châtaigne

Ce passionné d’écriture et d’histoire depuis l’enfance compte à son actif une bonne centaine d’ouvrages. Publiant au rythme effréné de deux à trois fois certaines années, il a été traduit en une quinzaine de langues.

Ses romans sont historiques pour la plupart (L’Orange de Noël, La Passion cathare, Les Prisonniers de Cabrera, Le Roman des Croisades...), à côté de biographies de personnages illustres, souvent romancées, notamment Jeanne d’Arc, Henri IV, Napoléon et Sarah Bernhardt.

Il aussi signé des livres pour la jeunesse et des guides sur le terroir que ce « Corrézien pure châtaigne », selon l’expression de Bernard Pivot, affectionnait tant.

À l’aube de ses 100 ans, cet « athée de tradition familiale » peinait à marcher longtemps dans les rues de Brive. Mais il continuait à passer trois heures, chaque après-midi, la pipe au bec, devant l’écran d’ordinateur de sa thébaïde. Son « indispensable dose quotidienne d’écriture », disait-il, entre deux exercices de tai-chi et un doigt de whisky « pour dissiper les idées noires ».

« Je n’y peux rien, je n’ai qu’à m’asseoir et les mots me viennent. C’est ainsi que l’on tient le fil de la vie », racontait-il en 2021 au Point, en faisant sienne la maxime de Pline « Nulla dies sine linea » (« Pas de jour sans une ligne »).

Né le 30 janvier 1922 à Brive-la-Gaillarde, Michel Peyramaure n’aime pas particulièrement l’école, mais il adore l’écriture.

Très jeune, il compose des poèmes que son professeur de français lit en classe et ponctue d’un « Peyramaure est un cancre, mais un cancre de génie ».

À 12 ans, il écrit son premier « roman » historique sur la Grèce antique.

Jeune adulte, il refuse de reprendre l’imprimerie familiale où il a travaillé. Au grand dam de son père, qui tente de se trancher la gorge. Mais il tient bon et suit sa vocation : écrire ses textes plutôt que de transformer en plomb ceux des autres.

Il devient journaliste à Centre Presse, au Populaire du Centre et à La Montagne. Puis publie en 1954 son premier livre, Paradis entre quatre murs, avant, un an plus tard, son premier ouvrage historique, Le Bal des ribauds, régulièrement réédité.

Écoles Peyramaure

Des « romans historiques », insiste-t-il. « Je raconte ma version des faits. En histoire, il y a toujours plusieurs manières de les raconter. »

Passionné de sa ville – « Si Brive avait été une femme, je l’aurais épousée » –, il refusera toujours les appels du pied parisiens pour rester fidèle à la Corrèze dont il est devenu une figure.

Fait rare, plusieurs écoles sont rebaptisées « Michel Peyramaure » de son vivant, notamment un établissement élémentaire de Brive situé non loin de celui qu’il a fréquenté enfant... dans les années 1920.

En soufflant ses 97 bougies, il assurait avoir pour « ambition d’arriver jusqu’à 100 ans » pour ensuite « jeter (sa) plume au ruisseau ».

Le cap du siècle passé, il s’est ravisé, promettant de nouveaux livres. « Le plus important, disait-il en contemplant les rayonnages de ses œuvres, c’est le prochain, celui qui est là, dans l’ordinateur. »

Frédéric DUMOULIN/AFP

Provincial revendiqué, amoureux de Brive et de la Corrèze, l’écrivain Michel Peyramaure, décédé à 101 ans, était un auteur prolifique, considéré comme un maître du roman historique.Récompensé pour l’ensemble de son œuvre par le Grand Prix de littérature de la Société des gens de lettres, le centenaire figurait, avec René de Obaldia (disparu en 2022) et Edgar Morin, dans ce club restreint des écrivains ayant dépassé le siècle.Avec ses amis corréziens Claude Michelet et Denis Tillinac, il fonde, dans les années 1980, l’École de Brive, mouvement s’inscrivant dans la tradition du roman populaire du XIXe siècle. Il est aussi à l’origine, avec d’autres, de la Foire du livre de Brive, devenue un événement littéraire incontournable.Corrézien pure châtaigneCe passionné d’écriture et d’histoire...
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