Sur les pistes de ski du Domaine de Mzaar (Mont-Liban). Photo O.B.
Dans un communiqué publié hier, le président de la Fédération des syndicats touristiques et du syndicat des hôteliers au Liban Pierre Achkar a dressé son bilan de la saison de ski 2023, la qualifiant de « pas à la hauteur » en raison d’un manque généralisé de neige sur les hauteurs du pays. En effet, en cette saison hivernale, les stations de ski au Liban n’ont pu ouvrir qu’à partir de début février, soit avec près d’un mois et demi de retard par rapport aux années précédentes, impactant ainsi toute l’économie des différents domaines skiables, dont le secteur de l’hôtellerie et de la restauration. Cela dit, Pierre Achkar espère encore « quelques chutes (de neige) supplémentaires » qui pourraient prolonger la saison.
En revanche, malgré cette courte saison, les hôtels et les restaurants ont pu profiter de quelque « 700 000 touristes et expatriés libanais lors des deux premiers mois de 2023, qui ont généré près de 1,5 milliard de dollars », selon le ministre sortant du Tourisme Walid Nassar, interrogé la semaine dernière par L’Orient-Le Jour. Pierre Achkar valide ces chiffres en affirmant que « le taux d’occupation dans les hôtels des zones montagneuses est de 100 % pendant le week-end et (que) la fréquentation des restaurants dans ces zones est bonne ».
Cependant, cette fréquentation ne permet pas de couvrir les frais liés au fonctionnement des hôtels et des restaurants, notamment suite à l’annulation des subventions de l’État sur les importations de carburants depuis la fin de l’été 2022, qui ont donc fait flamber leurs prix. « Les revenus des établissements touristiques qui reçoivent des amateurs de neige restent faibles par rapport au coût d’exploitation, avec le grand besoin de réchauffer ces établissements 24 heures sur 24 avant de recevoir leurs hôtes », ajoute le syndicaliste.
Malgré cette saison où la neige s’est faite rare, les domaines skiables misent désormais sur le reste de l’année, surtout lors de la période estivale. Selon Pierre Achkar, « il ne fait aucun doute que ces institutions touristiques devront attendre l’été pour compenser leurs pertes ». C’est notamment le cas du Domaine de Zaarour, qui a fait l’objet d’un plan d’investissement lui permettant de se doter d’un grand hôtel avec piscine extérieure et d’un lac artificiel.
Mais si ces nouvelles infrastructures estivales permettent à ce domaine de contrebalancer les pertes engendrées durant des saisons de ski plutôt courtes, tous n’en sont pas dotés, comme le Domaine des Cèdres qui se situe dans la Qadicha, un parc naturel protégé où la beauté des paysages est au cœur de la mission de préservation de la région.


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