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Moyen-Orient - Conférence

Pluie de vœux et d’objectifs à Doha pour les pays les plus pauvres

Le Qatar accueille jusqu’au 9 mars le sommet onusien des pays les moins avancés pour lutter contre l’extrême pauvreté.

Pluie de vœux et d’objectifs à Doha pour les pays les plus pauvres

Les dirigeants des pays les moins avancés (PMA) posent pour une photo officielle lors du sommet onusien qui se tient à Doha, au Qatar, jusqu'au 9 marsp. pUnited Nations/Evan Schneider/Reuters

Les dirigeants des pays les plus pauvres du monde étaient réunis hier à Doha sous l’égide de l’ONU, promettant des « actions concrètes » contre l’extrême pauvreté, tout en étant parfois désabusés sur le modèle économique mondial. Classés dans la catégorie des pays les moins avancés (PMA), créée il y a cinquante ans et supposée leur apporter un soutien international particulier, 33 pays d’Afrique, et 12 pays d’Asie-Pacifique et Haïti étaient représentés à la conférence, reportée deux fois pour cause de pandémie de Covid-19.

« Plus d’excuses », a réclamé le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres aux pays les plus riches, dont aucun chef d’État ou de gouvernement n’était présent, à l’exception du pays hôte. « Il est grand temps que les pays développés respectent leur engagement pour fournir aux PMA entre 0,15 et 0,2 % de leur revenu national brut. » La situation dramatique des PMA renvoie d’abord à « un problème structurel lié à l’absence de justice dans la relation entre les centres industriels avancés et les périphéries de notre monde », a admis l’émir du Qatar, le cheikh Tamim ben Hamad al-Thani. « Il n’y a moyen de construire un monde nouveau plus sûr, plus juste et plus libre pour aujourd’hui et demain que par la solidarité humaine internationale », a-t-il ajouté.

Catégorisation inefficace ?

Mais si un plan d’action en faveur des PMA a été adopté lors de l’Assemblée générale de l’ONU l’année dernière, aucune promesse de contribution financière majeure n’était prévue lors du sommet qui s’est ouvert hier. En raison de leur désignation parmi les plus défavorisés, ces pays sont pourtant censés bénéficier de privilèges commerciaux et d’un accès plus facile aux aides et autres financements. Depuis 1971, leur nombre – 24 au départ – a cependant presque doublé. Le minuscule Bhoutan devrait « sortir » cette année de la catégorie. Le Bangladesh, le Laos, le Népal, l’Angola, Sao Tomé-et-Principe et les îles Salomon devraient suivre d’ici à 2026. Mais l’ensemble des pays pauvres ont plongé sous l’effet des grandes crises récentes : la pandémie de Covid-19, la guerre en Ukraine, et l’inflation des produits alimentaires et de l’énergie.

De quoi questionner l’efficacité du processus de catégorisation. « Nous avons besoin d’un flot de capitaux (...) et à un prix juste », a notamment affirmé le président zambien Hakainde Hichilema, réclamant un partenariat plus intense entre les PMA eux-mêmes. Cinquante ans après la création du statut de PMA, « le constat est sans équivoque. Les mesures mises en place (...) n’ont pas produit les résultats escomptés, a constaté de son côté le président djiboutien Ismaël Omar Guelleh. Nous sommes en deçà des objectifs poursuivis dans la plupart des domaines. »

Depuis samedi, les constats les plus accablants les uns que les autres se sont succédé. Services de base exsangues, dette souveraine abyssale, taux d’intérêt de « rapaces », logiques financières de prédation, pays riches incapables de transformer les promesses en actions, pour cause notamment de divisions géopolitiques, voire de manque de volonté politique. « Il nous faut évaluer de manière critique l’efficacité de nos différents plans et prendre des mesures correctives » pour la suite, a insisté le président djiboutien. La « vision limitée, étroite, débilitante » réduisant les PMA à des pays en attente d’aide internationale doit être abandonnée, a-t-il ajouté, réclamant notamment des « investissements à fort rendement ».

Dans les immenses couloirs du Centre national de conférences du Qatar, les commentaires alternaient entre volontarisme et militantisme, notamment de la part de représentants de la société civile. Affirmer que les PMA ont besoin d’argent « est la meilleure façon d’éviter la réforme des structures qui les enferment dans la pauvreté », affirmait Dereje Alemayehu, coordinateur de l’ONG Global Alliance for Tax Justice. « Il y a beaucoup d’ironie dans ce spectacle », déplorait pour sa part Marina Durano, une Philippine du syndicat international UNI. Mais « nous devons dialoguer, faire partie du discours. Rester à l’écart, c’est laisser le statu quo demeurer ».

La conférence onusienne, officiellement ouverte hier après un sommet, la veille, des PMA, doit durer jusqu’au 9 mars.

Didier LAURAS/AFP

Les dirigeants des pays les plus pauvres du monde étaient réunis hier à Doha sous l’égide de l’ONU, promettant des « actions concrètes » contre l’extrême pauvreté, tout en étant parfois désabusés sur le modèle économique mondial. Classés dans la catégorie des pays les moins avancés (PMA), créée il y a cinquante ans et supposée leur apporter un soutien international particulier, 33 pays d’Afrique, et 12 pays d’Asie-Pacifique et Haïti étaient représentés à la conférence, reportée deux fois pour cause de pandémie de Covid-19.« Plus d’excuses », a réclamé le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres aux pays les plus riches, dont aucun chef d’État ou de gouvernement n’était présent, à l’exception du pays hôte. « Il est grand temps que les pays...
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