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Moyen-Orient - Nucléaire

L’Iran donne des gages aux inspecteurs de l’AIEA

Une déclaration commune entre l’agence atomique et la République islamique samedi a permis d’espérer une meilleure collaboration concernant le programme nucléaire iranien.

L’Iran donne des gages aux inspecteurs de l’AIEA

Le ministre iranien des Affaires étrangères Hossein Amir-Abdollahian a accueilli, le 4 mars à Téhéran, le chef de l’AIEA Rafael Grossi. Atta Kenare/AFP

Après une visite à Téhéran, le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a salué samedi « un pas dans la bonne direction », l’Iran ayant accepté de rebrancher les caméras de surveillance sur plusieurs sites nucléaires et d’augmenter le rythme des inspections. « Nous avons trouvé un accord pour que les caméras et les systèmes de surveillance opèrent de nouveau », a déclaré le chef de l’agence onusienne Rafael Grossi devant les journalistes à l’aéroport de Vienne. De retour en Autriche, où siège l’AIEA, après deux jours de réunions en Iran et un entretien notamment avec le président Ebrahim Raïssi, M. Grossi a insisté sur l’importance de ces avancées « très concrètes ». Le nombre de visites à l’usine souterraine de Fordo, où ont été récemment détectées des particules d’uranium enrichies à près de 84 %, un niveau proche du seuil de la bombe atomique, va ainsi être relevé de 50 %. Car la République islamique avait fortement limité les inspections et débranché des caméras de surveillance l’an dernier, plongeant l’agence atomique dans le flou, dans un contexte de détérioration des relations entre l’Iran et les puissances occidentales.

« Nous avons stoppé l’hémorragie d’informations » dont dispose l’AIEA, a estimé M. Grossi. Ces derniers mois, faute de surveillance suffisante, l’agence, basée à Vienne, avait dit ne plus être en mesure de garantir le caractère pacifique du programme nucléaire iranien.

« C’est très, très important », « en particulier dans la perspective de ranimer l’accord » de 2015 qui limitait les activités atomiques de l’Iran en échange d’une levée des sanctions internationales. Les négociations entre Téhéran et les États parties (Chine, Russie, Royaume-Uni, France et Allemagne), avec la participation indirecte des États-Unis, sont au point mort depuis août 2022. Ce pacte, connu sous l’acronyme de JCPOA, est moribond depuis le retrait des États-Unis décidé en 2018 par le président Donald Trump, et l’Iran s’est dans la foulée progressivement affranchi de ses engagements.

Retour à la table des négociations ?

À Téhéran, le chef de l’Organisation iranienne de l’énergie atomique (OIEA) Mohammad Eslami avait appelé les protagonistes des discussions à faire aussi un geste. « Les trois pays européens et d’autres pays ne se concentrent que sur les obligations iraniennes dans le cadre du JCPOA. Ils ont aussi des obligations qu’ils doivent assumer », a-t-il dit. « L’Iran ne sacrifiera jamais ses intérêts nationaux », a souligné M. Eslami, tandis que le président Raïssi a également insisté auprès de M. Grossi sur la défense des « droits de la nation iranienne ». « Nous espérons que l’AIEA adoptera une approche totalement professionnelle (envers le dossier nucléaire iranien) et que les pouvoirs politiques (...) n’affecteront pas les activités de l’agence », a ajouté M. Raïssi, selon le site de la présidence.

Le chef de l’agence onusienne doit désormais présenter les résultats de sa visite lors d’un Conseil des gouverneurs de l’AIEA prévu dès aujourd’hui à Vienne. Malgré les avancées obtenues, « l’annonce d’aujourd’hui n’est pas suffisante pour réduire le risque grandissant de prolifération posé par l’Iran », a réagi Kelsey Davenport, experte de l’Arms Control Association. Les États-Unis et les Européens « devraient chercher à capitaliser sur cet élan en donnant une impulsion diplomatique qui réengagerait l’Iran dans les négociations », a-t-elle dit, en référence à une possible résolution, en réaction à la récente découverte de traces d’uranium fortement enrichi sur le site de Fordo. Point sur lequel Rafael Grossi n’a pas voulu être alarmiste. « On a détecté un certain niveau ; ensuite, nous avons demandé des éclaircissements. Mais en observant continuellement l’installation, nous avons constaté qu’il n’y a pas eu de production ou d’accumulation d’uranium » à ce niveau proche des 90 % nécessaires à la fabrication d’une bombe, a-t-il précisé.

Des diplomates estiment que l’engagement de l’Iran à collaborer avec l’AIEA pourrait écarter la demande occidentale d’une nouvelle résolution forçant l’Iran à coopérer. Cependant, la pays a déjà fait des promesses similaires qui n’ont pas ou très peu abouti. Selon un document confidentiel transmis par l’AIEA aux États membres, consulté par Reuters, Rafael Grossi « attend avec impatience (...) une mise en œuvre rapide et complète de la déclaration commune ».

Concernant la découverte l’an dernier de traces d’uranium enrichi sur trois sites non déclarés, l’Iran avait fait l’objet d’un rappel à l’ordre lors de la dernière réunion de l’AIEA, en novembre 2022, pour son manque de coopération. Samedi, suite à la visite de M. Grossi, Téhéran s’est engagé à collaborer dans cette enquête qui avait constitué un blocage dans les discussions visant à relancer l’accord nucléaire de 2015, l’Iran cherchant à y mettre un terme afin de parvenir à un accord.

Sources : agences

Après une visite à Téhéran, le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a salué samedi « un pas dans la bonne direction », l’Iran ayant accepté de rebrancher les caméras de surveillance sur plusieurs sites nucléaires et d’augmenter le rythme des inspections. « Nous avons trouvé un accord pour que les caméras et les systèmes de surveillance opèrent de nouveau », a déclaré le chef de l’agence onusienne Rafael Grossi devant les journalistes à l’aéroport de Vienne. De retour en Autriche, où siège l’AIEA, après deux jours de réunions en Iran et un entretien notamment avec le président Ebrahim Raïssi, M. Grossi a insisté sur l’importance de ces avancées « très concrètes ». Le nombre de visites à l’usine souterraine de Fordo, où...
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