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Économie - Conflit

La guerre en Ukraine a eu peu d’effet sur le commerce mondial, selon l’OMC

La guerre en Ukraine a eu peu d’effet sur le commerce mondial, selon l’OMC

Le logo de l’Organisation mondiale du commerce à son siège à Genève. Photo Fabrice Coffrini/AFP

Un an après le début de l’invasion russe en Ukraine, le pire des scénarios en matière de commerce international ne s’est pas produit, a indiqué l’Organisation mondiale du commerce, hier. Mais les effets de la guerre sur les exportations de la Russie et de l’Ukraine sont totalement différents, les exportations russes ayant progressé l’an dernier de 15,6 % tandis que les exportations ukrainiennes ont chuté de 30 %, selon un rapport de l’OMC. « La guerre a réduit la croissance du commerce mais dans une moindre mesure que ce que nous craignions initialement », a déclaré l’économiste en chef de l’OMC, Ralph Ossa, en conférence de presse.

Selon le rapport, la croissance du commerce en 2022 aura été supérieure à la prévision de 3 % publiée en avril dernier et nettement supérieure aux estimations les plus pessimistes. Des chiffres plus détaillés seront publiés en avril prochain. Au début de la guerre, l’OMC avait prédit que la croissance du volume du commerce des marchandises serait probablement comprise entre 2,4 et 3 %, mais avait averti que le taux pourrait descendre à 0,5 % dans le pire des scénarios. « Si les pires scénarios ne se sont pas réalisés, c’est parce que les pays ont fait preuve de retenue dans l’utilisation des restrictions aux exportations », contrairement à ce qui s’était produit lors de la crise alimentaire de 2007-2009, a expliqué M. Ossa.

Selon l’OMC, les pays ont trouvé des alternatives pour combler les lacunes de la plupart des produits touchés par le conflit, tels que le blé, le maïs, les produits liés au tournesol, les engrais, les carburants et le palladium, principalement utilisé par l’industrie automobile pour fabriquer des catalyseurs. Selon M. Ossa, les pénuries qui étaient tant craintes pour tous ces produits ont été « largement évitées ». Les prix des produits fortement touchés par la guerre ont de leur côté nettement augmenté moins que prévu, entre 4,4 % (palladium) et 24,2 % (maïs), selon l’OMC.

Hausse des exportations russes vers la Chine

Selon les estimations de l’organisation, la guerre a eu un effet nettement plus préjudiciable pour l’Ukraine que pour la Russie. Selon l’OMC, les exportations ukrainiennes se sont effondrées de 30 % en valeur (exprimée à prix courants, sans correction de l’effet de l’inflation) si l’on compare mars-novembre 2022 à la même période en 2021, tandis que les exportations russes ont augmenté de 15,6 % sur cette même période. La diminution de 30 % des exportations de l’Ukraine a été relativement uniforme parmi les partenaires commerciaux, bien que certains pays voisins, comme la Pologne et la Hongrie, ont augmenté leurs approvisionnements en provenance d’Ukraine.

Les exportations ukrainiennes de céréales, qui sont cruciales pour la sécurité alimentaire de nombreuses économies africaines, ont par exemple diminué de 14,9 %, obligeant ces pays à ajuster leurs modes d’approvisionnement. L’Éthiopie, par exemple, qui dépendait de l’Ukraine et de la Russie pour 45 % de ses importations de blé, a réagi en augmentant ses achats auprès d’autres producteurs, notamment les États-Unis et l’Argentine.

Selon l’OMC, les exportations russes ont augmenté en valeur en raison d’une hausse des prix, notamment des carburants, des engrais et des céréales.

Toutefois, l’organisation estime que le volume des exportations russes pourrait avoir légèrement diminué, en raison d’une forte baisse des exportations de biens industriels tels que les véhicules à moteur, les produits pharmaceutiques ou les avions, pour lesquels les sanctions imposées à la Russie par les pays occidentaux sont plus restrictives. En termes de pays, les exportations russes ont le plus fortement augmenté vers la Chine et l’Inde et le plus fortement diminué vers le Royaume-Uni et les États-Unis.

Les exportations russes ont surtout augmenté dans le secteur primaire, y compris au niveau de biens tels que les carburants, les engrais et les céréales, et elles ont surtout baissé dans le secteur secondaire, y compris pour les biens dits non complexes tels que les produits du bois et l’acier, a expliqué M. Ossa.

Agnès PEDRERO/AFP

Un an après le début de l’invasion russe en Ukraine, le pire des scénarios en matière de commerce international ne s’est pas produit, a indiqué l’Organisation mondiale du commerce, hier. Mais les effets de la guerre sur les exportations de la Russie et de l’Ukraine sont totalement différents, les exportations russes ayant progressé l’an dernier de 15,6 % tandis que les exportations ukrainiennes ont chuté de 30 %, selon un rapport de l’OMC. « La guerre a réduit la croissance du commerce mais dans une moindre mesure que ce que nous craignions initialement », a déclaré l’économiste en chef de l’OMC, Ralph Ossa, en conférence de presse.Selon le rapport, la croissance du commerce en 2022 aura été supérieure à la prévision de 3 % publiée en avril dernier et nettement supérieure aux...
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