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Moyen-Orient - Séisme

L’ONU lance un appel aux dons de près de 400 millions de dollars à la Syrie

Le bilan de la catastrophe grimpe à 40 000 morts ; visite de « solidarité » du chef de la diplomatie arménienne en Turquie.

L’ONU lance un appel aux dons de près de 400 millions de dollars à la Syrie

Une vue aérienne d’un quartier détruit dans la ville syrienne de Jindayris, prise le 15 février 2023. Omar Haj Kadour/AFP

Les Nations unies ont lancé un appel aux dons pour faire face aux « besoins immenses » des millions de personnes privées d’abris, de nourriture et de soins après le séisme, dont le bilan en Turquie et en Syrie frôlait mercredi les 40 000 morts.

Le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres a exhorté tous les États membres à fournir « sans délai » près de 400 millions de dollars pour garantir « une aide humanitaire dont près de cinq millions de Syriens ont désespérément besoin », à commencer par « des abris, des soins médicaux, de la nourriture » pour trois mois.

Il a précisé qu’il devrait bientôt y avoir un appel similaire en faveur de la Turquie.

« Les besoins sont immenses » et « nous savons tous que l’aide qui sauve des vies n’entre pas à la vitesse et à l’échelle nécessaires », a insisté le secrétaire général. « Une semaine après les séismes dévastateurs, des millions de personnes à travers la région luttent pour survivre, sans abri et confrontés à des températures glaciales », a-t-il ajouté.

Mardi soir, le bilan du séisme s’élevait à 39 106 morts, 35 418 officiellement dans le sud de la Turquie, tandis que les autorités en ont dénombré 3 688 en Syrie. Dimanche, l’ONU avait dit s’attendre à ce que ces chiffres augmentent encore considérablement.

« Nous sommes les témoins de la pire catastrophe naturelle dans la région de l’OMS Europe en un siècle et nous sommes toujours en train d’en mesurer l’ampleur », a constaté un responsable de l’Organisation mondiale de la santé.

Rare motif de consolation pour les sauveteurs, quatre personnes ont encore pu être extraites vivantes des décombres mardi en Turquie.

Comme ce couple de Syriens à Antakya, l’Antioche de l’Antiquité, l’une des villes turques ayant le plus souffert du tremblement de terre, qui s’est exclamé « Allah Akbar ! » une fois sauvé, environ 210 heures après le tremblement de terre de magnitude 7,8 du 6 février. Un peu plus tôt, deux jeunes frères avaient également pu sortir à l’air libre après avoir passé 198 heures coincés sous les gravats. Âgés respectivement de 17 et de 21 ans, ils ont dit avoir survécu en consommant de la poudre protéinée.

Mais, malgré ces véritables petits miracles, les chances d’encore retrouver des survivants dans les bâtiments effondrés deviennent quasiment nulles.

Résignation

« Les équipes qui sont venues fouiller ici ont clairement expliqué qu’elles recherchaient des vivants. Elles ont travaillé pendant deux jours sans en trouver aucun », se désolait pour sa part à Antakya un soldat bientôt quinquagénaire, Cengiz, dont cinq proches sont enfouis dans les décombres. « Nous comprenons qu’on privilégie les personnes en vie, mais nous avons le droit de réclamer les dépouilles de nos proches », renchérissait, résigné, Hussein, qui espérait retrouver la femme de son frère et leurs quatre enfants.

Dans ces circonstances, la priorité est désormais de s’occuper des centaines de milliers, voire des millions, de personnes dont les logements ont été détruits par la secousse tellurique. « Nous avons répondu aux besoins d’hébergement d’1,6 million de personnes. Près de 2,2 millions ont été évacuées ou ont quitté les provinces (touchées) de leur plein gré », avait affirmé mardi le président turc Recep Tayyip Erdogan après une réunion du gouvernement.

Par ailleurs, le chef de la diplomatie arménienne s’est rendu mercredi en Turquie pour une rare visite dans ce pays endeuillé par un séisme qui y a fait plus de 35 000 morts, Ankara saluant la « solidarité » d’Erevan « en ces jours difficiles ». « L’Arménie a tendu une main amicale à notre peuple en ces jours difficiles », a salué le chef de la diplomatie turque Mevlüt Cavusoglu lors d’une conférence de presse conjointe à Ankara avec son homologue arménien Ararat Mirzoïan. Après le séisme qui a ravagé le sud de la Turquie et le nord de la Syrie voisine le 6 février, l’Arménie a envoyé des secouristes et de l’aide humanitaire à Ankara, notamment via un point de passage frontalier fermé depuis 35 ans. L’ouverture de ce point de passage est « historique », a déclaré M. Mirzoïan, dont la précédente visite en Turquie remontait à mars 2022.

Direction les zones rebelles

Côté syrien, pour la première fois depuis 2020, un convoi transportant de l’aide s’est dirigé mardi vers les zones rebelles du nord par le poste-frontière de Bab al-Salama avec la Turquie. Il était constitué de 11 camions de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) chargés, entre autres, de tentes, de matelas, de couvertures et de tapis. Le poste-frontière de Bab al-Salama relie le territoire turc au nord de la province d’Alep contrôlée par des factions syriennes fidèles à Ankara. Il avait été fermé à l’aide humanitaire de l’ONU sous la pression de la Russie, alliée du régime de Damas. Les zones échappant au contrôle de ce dernier dans le nord de la province d’Alep et dans celle d’Idleb (Nord-Ouest), où vivent près de trois millions de personnes, figurent parmi les plus dévastées par le tremblement de terre en Syrie. Ce pays avait auparavant annoncé l’ouverture, pour une durée initiale de trois mois, de deux nouveaux points de passage avec la Turquie afin d’accélérer l’arrivée de l’aide humanitaire.

Source : AFP

Les Nations unies ont lancé un appel aux dons pour faire face aux « besoins immenses » des millions de personnes privées d’abris, de nourriture et de soins après le séisme, dont le bilan en Turquie et en Syrie frôlait mercredi les 40 000 morts.Le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres a exhorté tous les États membres à fournir « sans délai » près de 400 millions de dollars pour garantir « une aide humanitaire dont près de cinq millions de Syriens ont désespérément besoin », à commencer par « des abris, des soins médicaux, de la nourriture » pour trois mois.Il a précisé qu’il devrait bientôt y avoir un appel similaire en faveur de la Turquie.« Les besoins sont immenses » et « nous savons tous que l’aide qui sauve des vies n’entre...
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