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Nos Lecteurs ont la Parole

Un pays pour un trillion de dollars !

Au premier paragraphe d’une lettre adressée directement au peuple libanais en anglais, français et arabe, dans le cadre du préambule de son dernier rapport sur le Liban, publié le 2 août 2022, la Banque mondiale ne va pas par quatre chemins en précisant : « Il est important que le peuple libanais comprenne que des composantes-clés de l’économie de l’après-guerre civile – c’est-à-dire de l’économie de la Deuxième République – ont disparu pour toujours. Il est aussi important qu’il sache que leur disparition résulte d’actions délibérées… » Et de continuer un peu plus loin dans le même rapport : « La faillite macro-financière du Liban est d’une telle ampleur et d’une telle envergure (relatives) qu’elle a probablement compromis l’économie politique du Liban de l’après-guerre civile, c’est-à-dire, de la Deuxième République… »

Il y aurait en ce moment un croisement d’intérêts et de volontés entre différentes parties locales, régionales et internationales, de différentes natures et porteuses de différents projets, parfois même opposés, autour d’une cagnotte totale de plus de… 1 000 milliards de dollars.

Avorter définitivement toute possibilité pour le Liban de récupérer des centaines de milliards de dollars détournés par la corruption, les délits d’initiés et les malversations pendant plus de 30 ans, de sceller d’une manière ou d’une autre le détournement, de plus de 125 milliards de dollars de dépôts en devises étrangères confiés aux banques opératrices au Liban et de mettre la main sur les éventuelles centaines de milliards de dollars à venir de notre gaz et pétrole ainsi que les avoirs, les institutions et l’or de l’État libanais est équivalent à la mise de plus d’un trillion (1 000 milliards de dollars) dans la balance.

Ces différents desseins seraient réalisables à la fois par une même formule : la destruction économique et/ou politique, sociale et même physique du pays.

Or, 1 000 milliards de dollars est un butin pour lequel la population d’un minuscule pays et aussi fractionné que le Liban pourrait être aisément manœuvrée pour se détruire et s’anéantir et anéantir le pays.

Les enjeux étant devenus aujourd’hui gigantesques et les échéances très pressantes, le Liban serait dans une phase de haute tension et de haut danger. Des désordres d’ordre économique, social et même sécuritaire, avec leurs prémices et groupuscules qui champignonnent ici et là, surtout avec en background la présence de plus de deux millions de réfugiés, signifieraient le début du processus de désintégration de l’État du Liban.

À propos de la crise de la Banque Intra dans les années 60, cheikh Najib Alamuddin, ancien président emblématique du conseil d’administration de la Middle East Airlines (MEA) a écrit dans son autobiographie The Flying Sheikh, publiée en 1987 : « Je suis convaincu que l’affaire de la Banque Intra a été le début de la désintégration du Liban et de son ancien type de gouvernement libanais – un système corrompu dans le style et la morale qui a tourmenté le Liban depuis l’indépendance et a finalement plongé la nation dans une guerre civile qui a menacé sa survie même en tant qu’un État indépendant. »

À propos de la crise bancaire actuelle, et dans l’espoir que l’histoire ne se répétera pas, pour une fois, et qu’un autre cheikh Najib Alamuddin n’écrira dans son autobiographie publiée en 2035 : « Je suis convaincu que l’affaire des centaines de milliards de dollars de dépôts dans les banques libanaises a été le début de la désintégration du Liban et de son ancien type de gouvernement libanais – un système corrompu dans le style et la morale qui a tourmenté le Liban depuis le début de la Deuxième République et a finalement plongé la nation dans une guerre civile qui a menacé sa survie même en tant qu’un État indépendant. »


Les textes publiés dans le cadre de la rubrique Courrier n’engagent que leurs auteurs. Dans cet espace, « L’Orient-Le Jour » offre à ses lecteurs l’opportunité d’exprimer leurs idées, leurs commentaires et leurs réflexions sur divers sujets, à condition que les propos ne soient ni diffamatoires, ni injurieux, ni racistes.

Au premier paragraphe d’une lettre adressée directement au peuple libanais en anglais, français et arabe, dans le cadre du préambule de son dernier rapport sur le Liban, publié le 2 août 2022, la Banque mondiale ne va pas par quatre chemins en précisant : « Il est important que le peuple libanais comprenne que des composantes-clés de l’économie de l’après-guerre civile...
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