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Lifestyle - Mode

La veste en plastique recyclé de Rebecca Dahrouge se transforme selon l’humeur

Préserver l’artisanat libanais en créant des produits innovants, tel est le projet de la créatrice installée depuis la crise à Paris.

La veste en plastique recyclé de Rebecca Dahrouge se transforme selon l’humeur

Amélie dans la « veste à 4 temps », chez Sézane. Photo DR

Rebecca Dahrouge, architecte de formation, est une véritable touche-à-tout. La jeune femme, qui a choisi de quitter le Liban quelques semaines après la double explosion de Beyrouth, le 4 août 2020, a été sélectionnée à Paris pour créer sa propre marque de vêtements, baptisée Contretemps. Dans un an, grâce à une résidence et au soutien de la marque Sézane-Paris, elle pourra lancer ses produits sur le marché.

« J’ai reçu ma première machine à coudre à 22 ans. C’était il y a dix ans et c’était un cadeau de ma tante. Je ne savais pas coudre, mais j’aimais les vêtements. J’ai donc ouvert YouTube et j’ai trouvé des vidéos qui m’ont appris comment le faire. À l’époque, j’étais toujours étudiante en architecture à l’ALBA », raconte Rebecca Dahrouge. A l'époque, elle s'intéresse déjà au design et commence, avec l’arrivée de cette machine à coudre dans son quotidien, à créer et à confectionner des vêtements à partir de restes de tissus d’ameublement récupérés chez Skaff. La jeune fille n’en fait pourtant pas son métier.

Rebecca à la tissuthèque pour du sourcing responsable. Photo DR

Son diplôme en poche, elle travaille sur des projets d’architecture et passe beaucoup de temps dans des studios de ballet classique où elle apprend et enseigne la danse. Elle part à Milan pour une formation relative au textile et s’inscrit également à l’International Fashion Academy à Paris sans pour autant décider de s’installer définitivement en France. Mais les choses changent au cours de l’été 2020.

« Après la double explosion au port de Beyrouth, j’ai voulu partir, m’établir ailleurs. J’ai pensé que je pourrais me faire une autre vie, mais il est impossible de pouvoir se détacher du Liban », confie la jeune femme qui s’installe à Paris avec son mari Joey Abou Jaoudé, guitariste du groupe Adonis. « En France, j’ai essayé de trouver du travail, mais mon CV ne plaît pas, j’ai une expérience trop variée pour les employeurs qui préfèrent embaucher quelqu’un de plus spécialisé », explique-t-elle.

Rebecca Dahrouge continue de faire de la danse et accumule les formations pour pouvoir enseigner le ballet classique. Elle cherche également à se perfectionner dans le domaine de la mode en France. Dans ce cadre, elle postule pour faire partie d’un projet parrainé par la boutique Sézane-Paris. Le programme, destiné aux jeunes designers, est mis en place par The Wonders X Conscious Fashion, des initiatives qui encouragent les projets citoyens et le commerce – dans le domaine de la mode – équitable.

Rebecca Dahrouge, créatrice du label Contretemps. Photo DR

Marque engagée

Rebecca Dahrouge, qui rêve de créer une marque permettant de préserver le savoir-faire des artisans libanais, est sélectionnée. Elle bénéficie dès le mois de mai 2022 de douze semaines de formation entrepreneuriale pour lancer sa marque Contretemps. « J’ai créé Contretemps, une marque de smart-clothing haut de gamme, pour tisser des liens entre l’innovation et l’artisanat traditionnel. Contretemps a pour but de propager le patrimoine libanais en mettant à profit le dévouement et la passion de nos artisans qui voient leur savoir-faire s’estomper jour après jour. À partir de leurs connaissances, je veux essayer de développer des produits plus innovants et mieux adaptés à la vie quotidienne », explique-t-elle. Ainsi, elle invente une veste qui se transforme selon l’humeur, les saisons et le temps. « La Veste à 4 temps est un trench en tissu technique fait à base de bouteilles en plastique recyclées, et qui s’adapte et se transforme selon nos envies en démontant à l’aide d’un zip des parties de la pièce », explique-t-elle.

Rebecca Dahrouge et Amélie lors du défilé chez Sézane. Photo DR

Pour Rebecca Dahrouge, Contretemps est avant tout une marque engagée. « C’est vrai que je vis aujourd’hui en France, mais mon but est de rentrer un jour au Liban, d’avoir mon propre projet et surtout d’améliorer les choses. C’est dans cette optique que j’ai créé ce label. Tout sera confectionné au Liban avec des couturiers libanais. L’équipe est d’ailleurs prête. Je veux contribuer à préserver les métiers qui se perdent, et je veux un jour revenir et voir mes enfants grandir au pays », dit-elle.

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