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Nos Lecteurs ont la Parole

Le projet du président de la République : une feuille de route pour un nouveau Liban

L’échec du système confessionnel qui régit les institutions est devenu une évidence. Ce système, bien que se référant à ce qui est qualifié à tort de Constitution de Taëf, n’en respecte guère la substance, en l’occurrence par :

• La négligence de l’abolition du confessionnalisme politique dans le but d’établir un système public laïc ;

• La non-création d’un Sénat sur une base confessionnelle qui préserve et garantisse la spécificité confessionnelle avec tout ce que celle-ci signifie et comprend.

Cet échec s’est manifesté par le vide constitutionnel et le blocage du travail des institutions étatiques. Le recours à la vacance répétitive de la présidence de la République ainsi que l’incapacité récurrente à former des gouvernements ont entraîné de fait la paralysie de l’action étatique sous prétexte du respect du pacte national et/ou du consensus national ou autres…

L’intensification transconfessionnelle et communautaire de la corruption, du gaspillage et du vol organisé a, par ailleurs, tout ravagé.

De plus, l’effondrement sans précédent depuis plus de trois ans tant sur les plans économique, monétaire, financier, judiciaire, éducatif et hospitalier persiste et s’aggrave à cause du défaut d’adoption d’un projet sérieux de réformes et sa mise en œuvre afin de sortir le pays de la crise.

Dans un tel contexte, la question du rôle du futur président de la République et de son projet pour un nouveau Liban se pose avec acuité.

Le futur président de la République, non issu de l’alignement politique interne et externe, devrait se libérer des fardeaux et obstacles liés à un système devenu obsolète, anticiper l’avenir imminent avec ses transformations majeures, parrainer la naissance du projet du nouveau Liban arabe pionnier dans sa neutralité positive et renouvelé dans sa mission et son rôle.

Ce dessein impliquerait deux voies transitoires parallèles.

La première voie : initier et mener un dialogue global et approfondi qui inclue les représentants des confessions et des partis ainsi que des citoyens qui ne sont pas actuellement représentés au sein du pouvoir et de ses institutions constitutionnelles. L’objectif étant d’assurer le consensus le plus large autour d’un nouveau système politique pour un Liban arabe entreprenant dans sa neutralité positive, en phase avec son temps. Ce nouveau Liban bénéficierait alors du soutien des pays frères et amis de la région et de la communauté internationale en tant que partenaire fiable pouvant jouer son rôle de « message » dans un monde en profonde mutation. La finalité étant d’assurer et de garantir la stabilité du Liban, l’unité de son territoire et de son peuple, et de préserver le présent et l’avenir de ses citoyens.

Les options réalistes sont au nombre de trois :

• Adopter un système politique purement laïc sans aucune restriction religieuse ou confessionnelle ;

• L’adoption et la mise en œuvre effective de la Constitution de Taëf après l’avoir modifiée et/ou développée pour assurer sa bonne mise en œuvre dans la lettre et dans l’esprit ;

• Institutionnaliser le système confessionnel actuellement pratiqué et appliqué (ce système bâtard qui produit le vide, la perturbation, la paralysie et la tension permanente dans un État centralisé) en adoptant un fédéralisme confessionnel géographiquement disjoint (chrétien, sunnite, chiite et druze) au sein d’un Liban unique dans un État décentralisé.

La seconde voie : en attendant l’achèvement de la première voie par la refondation de l’autorité, veiller à la formation d’un gouvernement de transition, avec une large représentation nationale, d’hommes et de femmes qualifiés et non partisans, spécialisés et reconnus pour leur intégrité et leur honorabilité. La mission de ce gouvernement se limiterait à la gestion économique, monétaire et financière et ce qui en découle. L’élaboration d’un programme de réformes et de sauvetage et sa mise en œuvre immédiate endigueront l’effondrement et enclencheront le processus de reprise.

Une lecture sereine et objective du passé et de la réalité actuelle assure la construction du futur proche et lointain. Ayons un nouveau président qui parraine la naissance d’un nouveau Liban.

Avocat

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L’échec du système confessionnel qui régit les institutions est devenu une évidence. Ce système, bien que se référant à ce qui est qualifié à tort de Constitution de Taëf, n’en respecte guère la substance, en l’occurrence par :• La négligence de l’abolition du confessionnalisme politique dans le but d’établir un système public laïc ;• La non-création d’un...

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