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Économie - Consommation

Ces marques qui boycottent le Black Friday

Depuis 2018, les 500 structures qui composent le collectif du Green Friday participent à une vaste opération de boycott de l’événement.

Ces marques qui boycottent le Black Friday

Des clients faisant la queue devant un magasin d’un centre commercial aux États-Unis. Seth Herald/AFP

Accusé de pousser à la surconsommation, le Black Friday est de nouveau boudé cette année par plusieurs marques et plateformes, qui se privent de l’une des journées les plus lucratives de l’année. Ce vendredi, pour la première fois, eBay France ne proposera aucune remise sur les produits neufs pour le Black Friday, et ce malgré des prévisions qui promettent encore un beau succès à cet événement commercial mondial.

Plus de la moitié des Français envisagent d’acheter lors du Black Friday, 30 % s’y refusent et 15 % sont encore indécis, a dévoilé en début de semaine l’institut Harris Interactive, dans le cadre d’une étude cofinancée par la MAIF et le collectif Green Friday.

Le site eBay France a bien jaugé le sacrifice financier de son initiative mais, « à long terme, mise sur la croissance » des produits de seconde main, explique Sarah Tayeb, sa directrice générale adjointe.

Dans le secteur de la mode émergent des initiatives similaires comme celle de Vestiaire Collective, plateforme de vente de produits de seconde main, qui a banni 27 marques d’« ultra fast fashion » (SheIn, Topshop, etc.) « à l’aube du Black Friday », laissant filer 5 % de son catalogue.

Un engagement salué par les associations, et notamment Extinction Rébellion (XR), qui se « réjouit » de cette « étape franchie dans le regard que porte la société sur le Black Friday », a déclaré Isabelle, alias MegaPinthea, de XR.

Pour mémoire

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« Le fait de communiquer sur ce boycott est aussi un argument de vente pour les enseignes, il est donc loin de favoriser la sobriété, mais il participe d’une prise de conscience », a nuancé la militante.

Des actions de contestation ont émaillé la journée d’hier, visant souvent nommément Amazon, « emblème de la surconsommation », qualifie un porte-parole de l’ONG Attac qui a souhaité garder l’anonymat. En France, plusieurs dizaines de ses consignes ont été condamnées par des affiches collées par des militants d’Attac et de XR, a-t-il détaillé. En parallèle, Extinction Rébellion a relayé via Twitter des informations incriminant le géant américain.

Sollicité, Amazon a déclaré avoir recensé en France six sites touchés par des manifestations et 80 grévistes sur 15 500 salariés (hors intérimaires). « Certains groupes se servent d’Amazon pour défendre des points de vue idéologiques qui leur appartiennent », s’est défendue l’entreprise.

Jeu dangereux

Depuis 2018, les 500 structures qui composent le collectif du Green Friday participent à une vaste opération de boycott de l’événement, bannissant les remises de leurs boutiques et reversant 10 % de leur chiffre d’affaires de ce jour-là à des associations. Un choix qui va « peut-être parfois à l’encontre de l’économie » mais qui rend « fier », estime Thibaut Ringo, directeur général d’Altermundi et cofondateur du Green Friday. Le responsable du réseau de boutiques de commerce responsable souligne que le fait de ne pas avoir d’actionnaires à rémunérer est un modèle qui permet « d’investir dans de nouveaux projets ».

Et du côté des consommateurs, peut-on se permettre de ne pas acheter moins cher ? « Achetez moins, mais achetez mieux », répondent en chœur les entreprises interrogées.

Une injonction à laquelle répondent déjà positivement une partie des consommateurs, comme Mickaël Adioko, 27 ans, analyste de données, qui dit « acheter quand il en a besoin ». Devant une Fnac de l’Ouest parisien au moment de la « Black Friday Week », Alexis Garin, qui travaille dans le marketing, refuse l’événement pour des raisons « éthiques ».

Cependant, subissant une conjoncture économique difficile, les marques semblent davantage réticentes à jouer au « jeu dangereux » du boycott cette année, analyse Édouard Nattée, fondateur et président de Fox Intelligence par NielsenIQ, panel de consommateurs sur le commerce en ligne. Pour recueillir ses données, ce panel se base sur les reçus électroniques anonymisés de millions de consommateurs dans le monde. « En 2020 et 2021, on était dans un contexte d’e-commerce absolument dingue, avec des chiffres anormaux (...) et des limites sur les stocks», alors qu’en 2022, c’est le contraire, explique M. Nattée. Et de conclure : « Cette année, c’est plus dur pour tout le monde, (...) plus dur de prendre de (telles) décisions. »


Accusé de pousser à la surconsommation, le Black Friday est de nouveau boudé cette année par plusieurs marques et plateformes, qui se privent de l’une des journées les plus lucratives de l’année. Ce vendredi, pour la première fois, eBay France ne proposera aucune remise sur les produits neufs pour le Black Friday, et ce malgré des prévisions qui promettent encore un beau succès à...

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