Rechercher
Rechercher

Culture - Festival

Danse, théâtre, conférences : Zoukak Sidewalks, un retour en force après des années de crise

Danse, théâtre, conférences : Zoukak Sidewalks, un retour en force après des années de crise

Une scène de « Meaning Making Cocktail », de Jana Bou Matar, présentée au théâtre Zoukak. Photo publiée avec l’aimable autorisation de « Meaning Making Cocktail »

Il fait partie intégrante de la vie culturelle de Beyrouth, mais depuis 2018, le public amateur d’art a été privé du festival Zoukak Sidewalks. Pourquoi ? « L’inflation. La crise économique. Et le fait que notre théâtre a été soufflé le 4 août 2020 », explique Omar Abi Azar. Aujourd’hui, le festival est de retour, et il propose depuis le 24 novembre (jusqu’au 4 décembre) des spectacles de danse, du théâtre et des conférences.

Le théâtre Zoukak est situé à Mar Mikhaël. Toutefois, de nombreux autres lieux accueilleront les événements du festival, comme le théâtre al-Madina, Station Beirut, Beirut Art Center, Mkallès Warehouse, Concrete 1994, Mansion et le théâtre Tournesol.

Une scène de « The Rave Empire » par la troupe de Zoukak. Photo publiée avec l’aimable autorisation de « The Rave Empire »

Abi Azar, metteur en scène et membre fondateur de la troupe Zoukak, indique que les événements de ces trois dernières années ont laissé leur empreinte non seulement sur le bâtiment du Zoukak, mais aussi sur le programme. « Notre festival était auparavant un festival international. Mais cette année, nous avons décidé qu’il serait obscène d’inviter des artistes de l’extérieur. Parce que, aujourd’hui, les artistes du Liban ont beaucoup de mal à s’en sortir », explique-t-il.

Lire aussi

Quand la rue beyrouthine s’invite sur les planches de Zoukak

Cette année, les organisateurs du festival se sentent particulièrement investis d’une mission : celle d’offrir une scène aux artistes locaux et ainsi la possibilité de poursuivre leur mission artistique. « Ces dernières années, nous avons assisté à une véritable fuite des talents », explique le metteur en scène, faisant référence au grand nombre de départs enregistrés dans un contexte de crises multiformes. « Nous voulions donc créer une dynamique pour que les artistes restent, au lieu de dépenser de l’argent pour financer des artistes étrangers. »

« Incorrigibly Yours », de Melissa Ghazalé, jouée au théâtre Zoukak. Photo publiée avec l’aimable autorisation de « Incorrigibly Yours »

Les organisateurs souhaitent particulièrement réunir différentes générations d’artistes. « Nous essayons de créer une programmation d’artistes transgénérationnels : les artistes du passé et d’aujourd’hui, et ceux qui seront importants demain », explique Abi Azar. Parmi eux, Roger Assaf et Élias Khoury qui appartiennent à la génération d’avant-guerre et ont écrit une pièce sur les 20 000 victimes kidnappées de la guerre civile, Mouzakkarate Ayoub, jouée jeudi soir au théâtre Zoukak, tandis que Hiba Najem est une artiste plus jeune dont le spectacle Adas bi chomar part à la recherche de l’origine de la recette du plat éponyme de fenouil et de lentilles (28 novembre, à Station).

Mais les organisateurs veulent donner à leur festival une dimension autre que celle d’une simple vitrine artistique. « Nous essayons de réunir tout le monde dans divers coins de la ville. C’est une sorte de rassemblement pour voir qui reste ici. Qui n’est pas parti. Qui est revenu », explique Abi Azar.

Après avoir enduré les horreurs et plusieurs crises ces trois dernières années, il dit espérer que « c’est comme lorsque vous revenez à votre réunion de lycée après plusieurs années pour voir qui s’est marié, qui a trouvé un emploi, qui va moins bien ». C’est pourquoi il est également important, estime-t-il, que le festival comprenne des fêtes le soir après les événements et les performances pour célébrer le fait qu’ils sont toujours là.

« Full Moon », de Karim Dakroub, présentée au théâtre Zoukak. Photo publiée avec l’aimable autorisation de « Full Moon »

Mais qui sont exactement ces « ils » ? Abi Azar ne sait pas qui exactement assistera au festival. « Il serait intéressant de voir comment le public a changé », avance-t-il. « Des dizaines de milliers de personnes ont quitté le pays ces dernières années », ajoute-t-il. Cela aura un impact sur le public. Beaucoup de gens seront partis et ne viendront donc pas à cette édition du Sidewalks Festival. Mais, comme l’espère Omar Abi Azar, il y aura de nouveaux visages.


Il fait partie intégrante de la vie culturelle de Beyrouth, mais depuis 2018, le public amateur d’art a été privé du festival Zoukak Sidewalks. Pourquoi ? « L’inflation. La crise économique. Et le fait que notre théâtre a été soufflé le 4 août 2020 », explique Omar Abi Azar. Aujourd’hui, le festival est de retour, et il propose depuis le 24 novembre (jusqu’au 4...

commentaires (0)

Commentaires (0)

Retour en haut