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Société - Santé

Après le Covid-19, une sévère épidémie de grippe frappe le Liban

Les virus H1N1 et H3N2 se propagent dans le pays, surtout chez les enfants. Face à une situation alarmante, il existe des moyens de se protéger. 

Après le Covid-19, une sévère épidémie de grippe frappe le Liban

Un patient admis dans une unité de soins intensifs pour le Covid-19 dans un hôpital au Liban. Photo d'illustration João Sousa/OLJ

À l’hôpital de la Quarantaine, le Dr Robert Sacy voit les cas de grippe A défiler toute la journée avec une majorité de souches H3N2 (75 %) ainsi que des cas de H1N1, un variant qui était majoritaire en 2009. La grippe saisonnière, qui peut être perçue comme banale, se manifeste cette année sous une forme grave, avec une toux sévère et une forte fièvre durant 5 jours, en plus d’écoulements nasaux, de maux de tête, de gorge ou de ventre, de ballonnements, de fatigue et de douleurs musculaires.

Les trois ans de pandémie de Covid-19 avaient quasiment stoppé la propagation de l’épidémie de grippe. Mais tandis que le coronavirus recule, la grippe refait son apparition avec un nombre élevé de cas graves, 1 sur 50 au Liban, selon le Dr Sacy.

Aucune mesure malgré une situation alarmante

« Le service est saturé, assure le médecin, chef du département de pédiatrie à l’hôpital de la Quarantaine, lors d’un entretien avec L’Orient-Le Jour. Aujourd’hui, j’ai refusé deux bronchiolites car il n’y a pas assez de lits en soins intensifs. Deux autres enfants ont dû être opérés à cause d’une pneumonie postinfluenza. »

Si le virus touche tout le monde sans distinction, il concerne plus particulièrement les enfants entre 2 et 4 ans car ils ne sont pas immunisés, selon le médecin. Comme ils ont déjà les anticorps, les adultes développeraient pour leur part des formes moins graves.

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« Malgré la propagation alarmante des virus H3N2 et H1N1, l’État limite ses efforts au choléra », déplore le Dr Sacy, qui est également président d’Assameh – Birth & Beyond, une association d’aide à l’enfant et à la mère à l’hôpital.

Contactée par L’OLJ, une source du ministère de la Santé fait remarquer que l’épidémie n’est pas nouvelle. « Il y a chaque année des cas de H1N1 et H3N2. Il est vrai que ces virus de grippe se répandent davantage cet automne, car les Libanais ont retiré le masque et sont ainsi plus exposés aux contaminations. » De plus, le ministère n’a émis aucun plan ni aucune recommandation spécifique, confirme cette source.

Les instructions médicales pour se prémunir

Comme le souligne le Dr Sacy, le port du masque est à nouveau préconisé en Europe, où l’épidémie de grippe sévit depuis plusieurs semaines après avoir commencé aux États-Unis. « Ce pays connaît un taux d’hospitalisation record depuis dix ans. En France, un grand nombre d’écoles ont fermé, et le port du masque a fait son grand retour dans les transports en commun et les établissements scolaires. » Au Liban, pas moins de 30 % des élèves sont absents des cours, selon lui.

Dans ce contexte, la présidente de la Société libanaise des maladies infectieuses Madonna Matar, jointe par la rédaction, incite à la prudence. « À partir du moment où ils toussent et ont le nez qui coule, les enfants ne doivent pas aller à l’école. Toute personne malade doit rester à la maison 5 à 7 jours, pour guérir complètement, et porter le masque pour ne pas contaminer les autres. »

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Les deux médecins Sacy et Matar appellent à se faire vacciner contre la grippe. « Le vaccin est le seul moyen de prévention. Même s’il protège seulement à 80 %, il empêche le développement de formes graves nécessitant une hospitalisation chez les adultes comme chez les enfants », indique Madonna Matar.

Les vaccins antigrippaux Vaxigrip Tetra et Influvac Tetra sont disponibles dans toutes les pharmacies au Liban. « Ils sont composés des 4 variants qui circulaient l’année dernière : deux de types A (H1N1 et H3N2) et deux de type B (Yamagata et Victoria), explique l’infectiologue. Il y a 20 à 50 % de risque que les précédentes souches mutent d’une année à l’autre, mais ce n’est pas une raison pour refuser le vaccin. Comme pour le Covid-19, l’important est que l’on conserve ainsi une certaine immunité. »

Le vaccin contre la grippe est recommandé par l’Organisation mondiale de la santé aux enfants de moins de 5 ans (à partir de 6 mois) et aux personnes âgées de plus de 65 ans, de même qu’aux femmes enceintes et au personnel hospitalier. Il est cependant obligatoire pour tous les individus cardiaques, hypertendus, cancéreux ou suivant un traitement corticoïde ou souffrant de comorbidités.


À l’hôpital de la Quarantaine, le Dr Robert Sacy voit les cas de grippe A défiler toute la journée avec une majorité de souches H3N2 (75 %) ainsi que des cas de H1N1, un variant qui était majoritaire en 2009. La grippe saisonnière, qui peut être perçue comme banale, se manifeste cette année sous une forme grave, avec une toux sévère et une forte fièvre durant 5 jours, en plus...

commentaires (4)

I wish OLJ that you could prevent readers from spreading misinformation about the COVID vaccines. The COVID vaccine protects against COVID and does not reduce immunity towards other vaccines. The state should distribute vaccines against influenza for free, similar to the distribution of COVID vaccines. It’s actually cheaper for the state to distribute free vaccines than let children, adults, and the elderly miss school and work because they’re sick.

Mireille Kang

02 h 24, le 28 novembre 2022

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Commentaires (4)

  • I wish OLJ that you could prevent readers from spreading misinformation about the COVID vaccines. The COVID vaccine protects against COVID and does not reduce immunity towards other vaccines. The state should distribute vaccines against influenza for free, similar to the distribution of COVID vaccines. It’s actually cheaper for the state to distribute free vaccines than let children, adults, and the elderly miss school and work because they’re sick.

    Mireille Kang

    02 h 24, le 28 novembre 2022

  • C est le masque pendant 3 ans c est normal C est vrai partout au monde

    Robert Moumdjian

    21 h 30, le 27 novembre 2022

  • Les vaccins contre la grippe coûtent cher pour une population appauvrie, autour de 400 ou 500 mille livres. Ceux qui d'habitude payaient le vaccin autour de 25000 livres, ont, pour certains, une difficulté de le payer, et prennent le risque de ne pas le recevoir cette année.

    Esber

    12 h 50, le 26 novembre 2022

  • La vaccination massive contre le Covid avec des ARNm n'est pas innocente. Elle a affaiblie le système immunitaire. La première publication sur la prochaine vaccination avec ARNm date de mai 2019- En l'espace de quelques mois ils ont été capables de l'homologuer et de l'utiliser à large échelle par une grande partie de l'humanité.

    Céleste

    17 h 51, le 25 novembre 2022

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