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Moyen-Orient - Israël

Les nouveaux élus de la Knesset investis à l’ombre des violences et des tractations gouvernementales

Deux semaines après les élections législatives dans l’État hébreu, les nouveaux députés ont pris leurs fonctions hier, alors que Benjamin Netanyahu a été chargé dimanche de former un nouveau gouvernement sur fond de violences en Cisjordanie.

Les nouveaux élus de la Knesset investis à l’ombre des violences et des tractations gouvernementales

Le Premier ministre désigné israélien, Benjamin Netanyahu, et le chef d'extrême droite, Itamar Ben Gvir, lors de la cérémonie d'investiture des nouveaux élus de la Knesset, le 15 novembre 2022. Abir Sultan/Pool via Reuters

Quelques heures après une attaque menée par un Palestinien qui a tué trois Israéliens, les nouveaux élus de la Knesset ont prêté serment hier sur fond de difficiles tractations pour la formation d’un gouvernement mené par Benjamin Netanyahu.

Dans la foulée de cette attaque perpétrée en Cisjordanie, territoire palestinien occupé par Israël depuis 1967, l’extrême droite, forte d’un nombre record de sièges au Parlement israélien (14), a redit sa volonté d’instaurer la peine de mort pour les « terroristes ».

Avec 64 sièges sur les 120 du Parlement, le bloc de droite de Benjamin Netanyahu est arrivé en tête des législatives du 1er novembre, le cinquième scrutin en trois ans et demi. Premier ministre le plus pérenne de l’histoire d’Israël, au pouvoir de 1996 à 1999 puis de 2009 à 2021, M. Netanyahu a été mandaté dimanche pour former le gouvernement, malgré son inculpation pour corruption dans une série d’affaires.

Le camp de son rival centriste Yaïr Lapid, qui l’avait chassé du pouvoir en juin 2021, n’a, lui, obtenu que 51 sièges. Les députés ont prêté serment en présence du président Isaac Herzog et dans une Knesset aux rangs de gauche clairsemés. Le parti Meretz est pour la première fois absent de l’hémicycle et les travaillistes sont passés de sept à quatre sièges.

Tractations pour former πun cabinet

Benjamin Netanyahu a promis d’être « le Premier ministre de tous », mais son gouvernement pourrait être le plus à droite de l’histoire d’Israël, ce qui a suscité des inquiétudes localement et à l’étranger. L’attention se focalise sur la liste d’extrême droite « Sionisme religieux » de Bezalel Smotrich et Itamar Ben Gvir, qui réclament des portefeuilles ministériels importants. Connu pour ses diatribes antipalestiniennes, M. Ben Gvir cible le ministère de la Sécurité intérieure et M. Smotrich souhaite la Défense.

Mais, selon la presse, Benjamin Netanyahu est réticent à confier ce portefeuille très sensible, en première ligne du conflit israélo-palestinien, à M. Smotrich, qui serait prêt à accepter le ministère des Finances.

Problème : le chef du parti séfarade ultraorthodoxe Shass, Arieh Dery, reconnu coupable de fraude fiscale en 2021 et auparavant emprisonné pour corruption mais revigoré par ses 11 sièges, lorgne lui aussi les Finances ou l’Intérieur, d’après la même source.

Le futur chef de cabinet doit aussi contenter les membres de son parti, le Likoud (32 sièges). « Les partis commencent à parler d’une impasse dans les discussions », écrit Anna Barsky dans le journal Maariv. Benjamin Netanyahu a 28 jours pour former son équipe ministérielle, avec un supplément possible de 14 jours. Il revient aux affaires malgré son inculpation pour corruption et alors que son procès est en cours.

En Israël, le Premier ministre ne dispose d’aucune immunité judiciaire mais n’a pas à démissionner ni à se retirer pendant la durée de son procès.

Violences en Cisjordanie

L’investiture au Parlement est intervenue quelques heures après une nouvelle attaque en Cisjordanie. Un Palestinien a tué trois civils israéliens près d’une colonie dans le nord du territoire, avant d’être abattu. L’armée israélienne a fait état d’une « attaque au couteau » près de la zone industrielle d’Ariel. Selon les secours israéliens, un homme est décédé après des coups de couteau et un autre a péri dans l’accident de voiture. Un troisième israélien, grièvement blessé avec un couteau, a succombé. Trois autres personnes ont été blessées dans l’attaque.

« Nous ne pouvons capituler devant les menaces terroristes des Palestiniens qui tentent d’interférer dans le processus de formation du nouveau gouvernement », a affirmé l’une des têtes du « Sionisme religieux », M. Smotrich, après l’attaque. Le chef adjoint de la liste, M. Ben Gvir, a quant à lui tweeté : « Trois juifs ont été tués dans une attaque méprisable. Ceci est un signal pour le futur gouvernement : nous devons adopter la peine de mort pour les terroristes. »

Par ailleurs, le ministre israélien de la Défense Benny Gantz a qualifié d’« erreur » l’enquête menée aux États-Unis sur la mort de Shirine Abou Akleh, que sa famille a saluée mardi comme « une étape importante ». Selon le média américain Politico, la police fédérale (FBI) enquête sur la mort de la journaliste américano-palestinienne lors d’une opération de l’armée israélienne le 11 mai dans le camp de réfugiés palestiniens de Jenine, dans le nord de la Cisjordanie occupée. Une décision inhabituelle au vu des relations entre les deux pays, prise après que l’armée israélienne a refusé d’engager des poursuites contre le soldat accusé de l’avoir tuée.

Le FBI a refusé de confirmer ou démentir l’existence de cette enquête, mais Benny Gantz a indiqué que l’armée israélienne n’y coopérerait pas.

Claire GOUNON/AFP

Quelques heures après une attaque menée par un Palestinien qui a tué trois Israéliens, les nouveaux élus de la Knesset ont prêté serment hier sur fond de difficiles tractations pour la formation d’un gouvernement mené par Benjamin Netanyahu. Dans la foulée de cette attaque perpétrée en Cisjordanie, territoire palestinien occupé par Israël depuis 1967, l’extrême droite, forte d’un nombre record de sièges au Parlement israélien (14), a redit sa volonté d’instaurer la peine de mort pour les « terroristes ». Avec 64 sièges sur les 120 du Parlement, le bloc de droite de Benjamin Netanyahu est arrivé en tête des législatives du 1er novembre, le cinquième scrutin en trois ans et demi. Premier ministre le plus pérenne de l’histoire d’Israël, au pouvoir de 1996 à 1999 puis de 2009 à 2021, M....
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